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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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    Enfants de la cupidité, héritiers du pillage,
    ils touchent à la fin de leur voyage .
    c’est surprenant qu’ils y touchent sans s’étonner,
    comme s’ils étaient eux-mêmes devenus
    cette terre brûlée et profanée,
    le buffle abattu, les tribus massacrées,
    à l’infini la plaine vierge gorgée de sang,
    la famine, le silence, le regard des enfants,
    le meurtre maquillé en délivrance, aguichant
    l’oeil démocratique,
    et bouches de la vérité et de l’angoisse bâillonnée
    l’ivresse du viol dans le parfum du magnolia,
    le fruit de leurs entrailles haché menu,
    hé ! fils et neveux noirauds, nièces cuivrées,
    et la noire queue de Tom tranchée
    pour froufrouter sous la crinoline,
    pour pendre, le plus lourd des bijoux de famille,
    entre les seins crayeux et rosés
    de la femme du Grand Homme,
    ou pour être cousue à la ceinture
    de la chienne créole ou de la nièce tel
    un bout de satin noir et brillant,
    lorgnant, lorgnant comme l’unique oeil de Dieu .
    l’espèce brûle de recréer un temps
    où nous étions capables de reconnaître un crime.

     

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    JAMES BALDWIN

     

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    CHRISTAN CAROLINA

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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  • 06/01/16--11:54: C'EST UN AMOUR
  • Ce n'est pas un amour qui se dit,

    c'est un amour qui se contente d'être,

    à l'abri des regards,

    des espoirs,

    c'est un amour qui a la force de la pierre

    et qui est gracile comme les ailes d'un rêve,

    c'est un amour que jamais mes lèvres n'énonceront,

    qui restera scellé en moi,

    qui vivra en moi en dépit de moi,

    je n'y peux rien,

    c'est un amour qui me fait croire que Dieu existe

    et que je suis ta créature,

    c'est un amour qui est bleu comme les jeux de mes enfants

    ou comme les vagabondages du crépuscule,

    c'est un amour qui m'avoue que tu me dictes chaque page,

    chaque lettre d'une vie dont je crois être l'auteur,

    c'est un amour qui ne se découvrira jamais au grand jour,

    qui préfère le plein soleil de l'absence,

    c'est un amour dont j'ignore tout

    car il s'est caché dans les anfractuosités de ma mémoire maladive,

    c'est un amour qui me sermonne les mots les plus intrépides

    quand je suis las d'écrire,

    c'est un amour dont je sais tout

    car il est le compagnon des exils de mon souffle,

    c'est un amour qui m'apprend à m'aimer

    alors que j'ai peine à me tolérer,

    c'est un amour qui survivra à ta mort

    car il ne requiert guère que tu existes pour subsister,

    c'est un amour qui se moque des palabres du désir,

    c'est un amour qui ne te demande rien,

    moins que rien,

    seulement d'induire la musique de mes poèmes,

    c'est un amour qui se déploie en un nombre infini de miroirs

    qui s'altèrent selon tes métamorphoses et mes déchirures,

    c'est un amour qui est toi alors que je ne suis rien.

     

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    UMAR TIMOL



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    CHRISTAN CAROLINA


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  • 06/01/16--12:10: JULES SUPERVIELLE...Extrait
  • Saisir quand tout me quitte,
    Et avec quelles mains
    Saisir cette pensée,
    Et avec quelles mains
    Saisir enfin le jour
    Par la peau de son cou,
    Le tenir remuant
    Comme un lièvre vivant ?
    Viens, sommeil, aide-moi,
    Tu saisiras pour moi
    Ce que je n’ai pu prendre
    Sommeil aux mains plus grandes.

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    JULES SUPERVIELLE

     

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    TCHOBA C

    Oeuvre Tchoba

    http://www.tchoba.com

     


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  • 06/01/16--12:53: JE T'ATTENDS
  • je t'attends aux grilles des routes
    aux croisées du vent du sommeil
    je crie ton nom au fond des soutes
    des marécages sans oiseaux
    du fond de ce désert de fonte
    où je pose un à un mes pas

    j'attends la source de tes bras
    de tes cheveux de ton haleine
    tu es terrible tu m'enchaînes
    tu me dévastes tu me fais

    je t'attends comme la forêt
    inextricable enchevêtrée
    tissée de renards et de geais
    mais que le matin fait chanter.

     

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    LUC BERIMONT

     

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    agnes


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  • 06/01/16--14:41: EXIL
  • Les mains plus nues qu'à ma naissance et la lèvre plus libre, l'oreille à ces coraux où gît la plainte d'un autre âge,
    Me voici restituéà ma rive natale… Il n'est d'histoire que de l'âme, il n'est d'aisance que de l'âme.
    Avec l'achaine, l'anophèle, avec les chaumes et les sables, avec les choses les plus frêles, avec les choses les plus vaines, la simple chose, la simple chose d'être là, dans l'écoulement du jour…
    Sur des squelettes d'oiseaux nains s'en va l'enfance de ce jour, en vêtement des îles, et plus légère que l'enfance sur ses os creux de mouette, de guifette, la brise enchante les eaux filles en vêtement d'écailles pour les îles… "

     

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    SAINT-JOHN PERSE

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    Giuseppe Casciaro

    Oeuvre Giuseppe Casciaro


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  • 06/01/16--14:49: JOURNAL D'UN MARIN...Extrait
  • "Ce n'est pas encore l'aube dans la maison
    La nostalgie est couchée à mes côtés.
    Elle dort, elle reprend des forces,
    Ca fatigue beaucoup la compagnie
    D'un nègre rebelle et romantique.
    Elle a quinze ans, ou mille ans,
    Ou elle vient seulement de naître
    Et c'est son premier sommeil
    Sous le même toit que mon cœur.

    Depuis quinze ans ou depuis des siècles
    Je me lève sans pouvoir parler
    La langue de mon peuple,
    Sans le bonjour de ses dieux païens
    Sans le goût de son pain de manioc
    Sans l'odeur du café du petit matin.
    Je me réveille loin de mes racines,
    Loin de mon enfance,
    Loin de ma propre vie.

    Depuis quinze ans ou depuis que mon sang
    Traversa en pleurant la mer
    La première vie que je salue à mon réveil
    C'est cette inconnue au front très pur
    Qui deviendra un jour aveugle
    A force d'user ses yeux verts
    A compter les trésors que j'ai perdus."

     

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    RENE DEPESTRE

     

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    Edith_e_Rene_Depestre_com_Pablo_Neruda_e_Delia_del_Carril_-_copie

    Edith et Rene Depestre, Pablo Neruda et Delia del Carril

     


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  • 06/02/16--03:29: PLUS DE MOTS, PLUS DE VERBE
  • On a trop dit d'insignifiances
    trop infligé de faux poètes
    trop loué ce qui luit, caressé le paraître
    noué d'éloges trop de gorges
    trop chanté tous ceux qui enseignent
    trop enseigné ceux qui déchantent.

    Mais, bon Dieu, que remontent
    les rumeurs enfouies et les jurons
    du vent sur l'incendie,
    l'orage en fuite ou ce silence
    de la vague océane avant l'écrasement!

     

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    YVES HEURTE

     

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    Cristina-Torres-Oil

    Oeuvre Cristina Torres

     


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  • 06/02/16--03:47: YVES HEURTE...Extrait
  • Dans la nuit, que pense la feuille,
    toute dernière feuille morte
    en attendant qu'un vent la cueille
    le vent du nord qui tout emporte?

    Que pense l'exilé quand partent
    les soldats qui ont tout détruit,
    l'exilé qui ferme sa porte
    et jette ses clefs dans le puits?

    Que pense la feuille sur l'arbre
    quand passe cet homme, qui parle
    seul et marche seul, l'exilé
    dont le vent ronge les souliers?

    Mais l'homme a regardé la feuille
    comme lui, toute démunie,
    il monte à l'arbre et puis la cueille
    en souvenir de son pays.

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    YVES HEURTE

     

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    ismail shammout

    Oeuvre Ismail Shammout, peintre palestinien


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  • 06/02/16--04:21: YVES HEURTE...Extrait
  • De tous les pieux voyages,

    ceux du pays d'enfance me semblent seuls sérieux.

    L'ombre mystérieuse du prunier sur un champ

    vaut bien un glacier dans les Andes,

    le petit banc trop bleu dans l'école déserte,

    le trône d'Ayos Nicolaos sur le perchoir de sa falaise.

    Si je devais un jour perdre toute mémoire qui sait si je ne donnerais pas la neuvième symphonie

    pour le violon solo d’un grillon dans le soir ?

     

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    YVES HEURTE

     

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    chatscompiegne,Oeuvre ?

     

     

     

     


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  • 06/02/16--05:16: A YVES HEURTE
  • Le mot frère existe-t-il
        Sans qu'on l'habille d'un drapeau ?
        J'appelle camarade
        Le pain nu sur la table
        Où chacun prend sa croûte.
        Les étoiles sont mes sœurs.
        Les arbres sont mes oncles.
        La sève au bout des branches
        Nous parle des racines.
        Je lis les lignes de la main
        Tout au bout d'un moignon.

        Tout homme prend naissance
        D'une blessure d'enfance.
        Ceux qui se croient de pierre
        Ont peur des pétales.
        Ils ferment l'horizon
        Aux abeilles de l'aube.

        Je ne coupe plus un lys
        Sans entendre son cri.
        Je ne fais plus mon pain
        Sans remercier la terre.
        Je parle pour la pluie
        Quand les nuages ont soif.

     

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    JEAN-MARC LAFRENIERE

    13 novembre 2004

    http://www.francopolis.net/francosemailles/yvesheurte.htm

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    AGNES,


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  • 06/03/16--03:55: BOUTHAÏNA AZAMI
  • Monde de certitudes. Inconciliables. Où la censure prend d’insoupçonnables visages. Plus hideux les uns que les autres. Je n'en ai pas pour autant perdu mon âme d'enfant. J'irai en semer la rosée en terre autre, avant que ne m'use cette solitude que je braque, plus que jamais, vain bouclier contre une indécence grandiloquente qui, chaque jour, me saute au visage. L'innocence n'est jamais qu'un défi. Que je ne perdrai pas.

     

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    BOUTHAÏNA AZAMI

     

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    CLAIRE GOTHIE2

    Photographie Claire Gothié


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  • 06/05/16--12:02: DANS LES VOIX DU POEME
  • Dans les voix du poème, le silence des pauvres
    Voix des brumes
    Au pieds des feux
    Sur la mer
    L'âme des marins morts
    Aile de vague douce
    Chant lointain des eaux vives
    Lever de lune sous un ciel d'or
    Vaisseau fantôme
    Hommes de flammes
    Rire des enfants d'Alep
    Aux chars abandonnés
    Houles et vents
    Réinventent les gris
    Pour des nuages qui dansent
    Table de roses et de lumières
    Pétales embarqués
    Rêve d'un soir flouté
    Tremblant de deviner le chant du monde
    Voix des chimères
    Voix réfractaire voix solaire
    Voix blanche voix caverneuse
    Dire des maux simples
    Des mots pour tous
    Les damnés de la Terre
    Difficiles à trouver
    Les mots légers pour dire le lourd
    Des mots d'écume pour les abysses
    De petites fleurs de terril
    Pour la vie sacrifiée des mineurs
    Voix du secret
    Voix des Roms
    Cailloux jetés aux routes d'infamie
    Loin de la belle errance
    Cris de colère en torches violentes
    Pour que surgissent
    Les rencontres enflammées de la vie chatoyante.

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    SONIA BRANGLIDOR

     

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    FAMILLE GITANS3

    Famille roms

     

     

     

     


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  • 06/05/16--12:35: A FLEUR DE MOTS
  • L’insurrection poétique
    À fleur de mots
    À fleur de chants
    Un soulèvement du verbe
    À pas de colombe
    Des mots qui s’insurgent
    Se révoltent
    Des mots de résistance
    Des mots qui se dressent
    Des barricades d’adjectifs
    Des articles et des noms
    Des NON
    À l’oppression
    Des mots mutins
    Des mots rebelles
    Des poèmes qui se lèvent
    Des mots d’émeute
    Des mots en meute
    Pour défendre la liberté
    Des chants d’insoumis
    Des mots pour dire la paix
    Des mots pour faire TAIRE
    Les faux culs venimeux
    Ceux du « Travail rend libre »
    Au seuil d’un camp de mort
    Petits mots de poète
    Mots d’APPEL
    À la vie véritable
    Des mots comme des caresses
    Comme des éclats de rire
    À la gueule des fachos
    Des mots pour dynamiter
    La violence
    Des mots pour réenchanter l’hirondelle
    Pour sortir de la boue
    Et pour regarder l’AUTRE
    Ton frère
    Qui te regarde

    Insurrection CONTRE
    L’humiliation
    La servitude volontaire
    La lâcheté
    L’aveuglement
    L’égoïsme
    L’apathie
    L’opportunisme
    CONTRE
    La misère grandissante des peuples
    L’enrichissement indécent des puissants
    (L’argent a une odeur : celle du sang)
    De tous les profiteurs de guerre
    La fermeture des frontières
    Le tabassage des immigrés
    Et tout cela AVEC DES MOTS
    Pas des mots qui tuent
    Pas des mots qui mentent
    Pas les mots d’Auschwitz
    Mais des mots de tolérance
    Et
    De fraternité
    Avec vous, clandestins, déracinés, perdus
    Europe, France, terre de Saint-François d’Asile
    Pour rendre aux mendiants leur dignité
    La poésie est l’estuaire de tous les possibles
    Et l’océan de l’impossible
    Pour être libres de nos rêves
    Insurrection contre les égorgeurs
    Contre les mitrailleurs
    Contre les profiteurs
    Contre les prêcheurs
    Contre les dégoiseurs
    Contre les politicards menteurs

    Faire barrage à la haine
    Au meurtre
    À la guerre des religions
    Manipulées par les banques
    Contre les embrigadeurs
    Contre les empêcheurs d’aimer en rond
    Ronde fraternelle, bigarrée
    Celle où toutes les langues
    Toutes les couleurs
    Tous les sourires
    Chantent
    Et dansent
    Sur le fil de vie
    Si fragile
    Si fort
    Avec de la pensée aiguisée
    Avec un crayon bien taillé
    Avec un pinceau bien trempé
    Avec une mémoire bien acérée
    Avec un piano bien accordé
    Avec un stylo bien chargé

    Insurrection généreuse
    Avec des dessins
    De l’architecture
    Des tableaux
    Des photographies
    Des musiques
    De la philosophie
    Des poèmes
    Du théâtre
    Avec ces armes là
    Bâtir
    Un monde nouveau
    Un monde SOLIDAIRE

     

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    SONIA BRANGLIDOR
    Janvier 2015

     

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    Mots poetiques


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  • 06/05/16--12:51: LA MAIN PAYSAGE
  • La main paysage, paume de sables et de brumes
    Les blancs coteaux de solitude
    Une femme endormie au soleil du silence
    Une verdeur exquise enfantée dans l’ivresse
    Au rivage de la colline, une mouette, immobile
    Veille les blés, gourmands de rondeur clair de lune
    La danse parfumée du chèvrefeuille courbe le vent
    Les corolles enflammées au crépuscule exultent
    Un oeil ouvert au creux des pierres grises
    Pupille d’ocre
    Noir
    Les vertiges du matin, conteurs de promesses
    Un carnaval de nuages déguisés en pluies
    Derrière un mur, les souvenirs sauvages
    Des jambes tordues, noueuses, belles comme une forêt qui chante
    Une rumeur sans voix, sans cri, sans fêlure
    Une foule tranquille, les arpenteurs du soir
    La candeur d’un ruisseau dont les langues déliées abreuvent de rêves
    La robe tendre et mauve des toits
    -Nouveau jour
    Un arbre argenté dessine à l’infini
    Le visage paysage, miroir et reflet de nos pas
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    SONIA BRANGLIDOR 
    MARINE RIGUET
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    HENRI BOUTET2

    Oeuvre Henri Boutet


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    " Si pour un instant D-ieu oubliait que je suis une marionnette de chiffon et m’offrait un morceau de vie, je profiterais de ce temps du mieux que je pourrais.

    Sans doute je ne dirais pas tout ce que je pense, mais je penserais tout ce que je dirais.

    Je donnerais du prix aux choses, non pour ce qu’elles valent, mais pour ce qu’elles représentent.

    Je dormirais peu, je rêverais plus, sachant qu’en fermant les yeux, à chaque minute nous perdons 60 secondes de lumière.

    Je marcherais quand les autres s’arrêteraient, je me réveillerais quand les autres dormiraient.

    Si D-ieu me faisait cadeau d’un morceau de vie, je m’habillerai simplement, je me coucherais à plat ventre au soleil, laissant à découvert pas seulement mon corps, mais aussi mon âme.

    Aux hommes, je montrerais comment ils se trompent, quand ils pensent qu’ils cessent d’être amoureux parce qu’ils vieillissent, sans savoir qu’ils vieillissent quand ils cessent d’être amoureux !

    A l’enfant je donnerais des ailes mais je le laisserais apprendre à voler tout seul.

    Au vieillard je dirais que la mort ne vient pas avec la vieillesse mais seulement avec l’oubli.

    J’ai appris tant de choses de vous les hommes… J’ai appris que tout le monde veut vivre en haut de la montagne, sans savoir que le vrai bonheur se trouve dans la manière d’y arriver.

    J’ai appris que lorsqu’un nouveau-né serre pour la première fois, le doigt de son père, avec son petit poing, il le tient pour toujours.

    J’ai appris qu’un homme doit uniquement baisser le regard pour aider un de ses semblables à se relever.

    J’ai appris tant de choses de vous, mais à la vérité cela ne me servira pas à grand chose, si cela devait rester en moi, c’est que malheureusement je serais en train de mourir.

    Dis toujours ce que tu ressens et fais toujours ce que tu penses.

    Si je savais que c’est peut être aujourd’hui la dernière fois que je te vois dormir, je t’embrasserais très fort et je prierais pour pouvoir être le gardien de ton âme.

    Si je savais que ce sont les derniers moments où je te vois, je te dirais « je t’aime » sans stupidement penser que tu le sais déjà.

    Il y a toujours un lendemain et la vie nous donne souvent une autre possibilité pour faire les choses bien, mais au cas où elle se tromperait et c’est si c’est tout ce qui nous reste, je voudrais te dire combien je t’aime, que jamais je ne t’oublierais.
    Le lendemain n’est sûr pour personne, ni pour les jeunes ni pour les vieux.

    C’est peut être aujourd’hui que tu vois pour la dernière fois ceux que tu aimes. Pour cela, n’attends pas, ne perds pas de temps, fais le aujourd’hui, car peut être demain ne viendra jamais, tu regretteras toujours de n’avoir pas pris le temps pour un sourire, une embrassade, un baiser parce que tu étais trop occupé pour accéder à un de leur dernier désir.

    Garde ceux que tu aimes prés de toi, dis leur à l’oreille combien tu as besoin d’eux, aime les et traite les bien, prends le temps pour leur dire ‘je regrette’ ‘pardonne-moi’ ‘s’il te plait’ ‘merci’ et tous les mots d’amour que tu connais.

    Personne ne se souviendra de toi pour tes pensées secrètes.

    Demande la force et la sagesse pour les exprimer.

    Dis à tes amis et à ceux que tu aimes combien ils sont importants pour toi.
    Envoie cette lettre à tous ceux que tu aimes, si tu ne le fais pas, demain sera comme aujourd’hui. Et si tu ne le fais pas cela n’a pas d’importance. Le moment sera passé.

    Je vous dis au revoir avec beaucoup de tendresse. "

     

    .

     

    GABRIEL GARCIA-MARQUEZ

     

    .

     

    gabrielGarciaMarquez1981,

    Gabriel Garcia-Marquez


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  • 06/06/16--10:26: ELOGIO DE LA LEJANIA
  • En la fuente de tus ojos
    viven las redes de los pescadores
    del mar errante.
    En la fuente de tus ojos
    mantiene el mar su promesa.
    Aquí arrojo un corazón
    que vivió entre los hombres,
    mi ropa y el fulgor de un juramento:
    me encuentro más desnudo
    que lo oscuro en lo negro.
    Sólo al renegar soy fiel.
    Soy tú cuando soy yo.
    En la fuente de tus ojos
    robo y sueño.
    Una red capturó otra red:
    nos separamos enlazados.
    En la fuente de tus ojos
    un ahorcado estrangula la soga.

    .

     

    PAUL CELAN

     

    .

     

    YEUX

     

     


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  • 06/06/16--11:40: PRIERE D'UN DESOEUVRE
  • Père,
    descends des cieux, j'ai oublié
    les prières que la grand mère m'a enseigné,
    la pauvre, elle repose en paix à présent,
    elle n'a plus à laver, nettoyer, elle n'a
    plus à se tracasser toute la journée à propos de vêtements,
    elle n'a plus à veiller la nuit, de peine en peine,
    à prier, à t'implorer des choses, à regimber doucement.
    Descends des cieux; si tu y es, alors oui descends,
    car je me meurs de faim dans mon recoin,
    car je ne sais pas de quoi sert que je sois né,
    car je vois mes mains rejetées,
    je n'ai pas de travail, je n'ai rien,
    baisse toi un peu de là haut, et contemple
    ce que je suis, cette chaussure déchirée,
    cette angoisse, cet estomac vide,
    cette ville sans pain pour mes dents, la fièvre
    qui me vrille la chair,
    ce sommeil de fortune,
    là sous la pluie, châtié par le froid, persécuté,
    je te dis que je ne comprends pas, Père, penche-toi,
    touche moi l'âme, regarde moi
    le cœur,
    je n'ai pas volé, je n'ai pas assassiné, j'ai été enfant
    et en retour on m'a frappé et on m'a frappé,
    je te dis que je ne comprends pas, Père, penche-toi,
    si tu es là haut, car je cherche
    la résignation en moi et je n'ai rien et je vais
    me raccrocher à la rage et je vais l'aiguiser
    pour frapper et je vais
    hurler jusqu'à ce que le sang me vienne au cou
    parce que je n'en puis plus, j'ai des reins
    et je suis un homme,
    descends, Père,
    qu'est il advenu de ta créature ?
    Un animal enragé
    qui mastique le pavé de la rue ?

     

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    JUAN GELMAN
    traduit de l'espagnol (Argentine),

    par E. Dupas

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    JUAN2

     

     


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    La terre est fourbue de catastrophes, de famines, de guerres, de dominations très injustes, de mœurs sanguinaires, de répressions injustifiées, d’atrocités sans noms, et de quelques autres acraties belliqueuses.   

     

    Des moments de grandes lassitudes augmentent ma générositéà l’égard du vide. Des moments où je caresse l’idée affreuse de l’anonymat de mes propres souffles. Des tempos où tout n’est pas rose et où la joie a du souci à se faire.   

     

    Tout est surfait dans ce monde en panique. Des ivresses naviguent sur des champs de mines, des cafards survolent le désemparement de l’innocence et la nacre pure des défaites humaines s’enfonce dans la boue des océans de promesses. Affamé par je ne sais quel idéal, l’homme prisonnier de la satisfaction coûte-que-coûte écoute les battements d’ailes des anges qui passent. Avec mes congénères, je navigue sur des eaux oublieuses où nul sursaut n’enjambe l’ecchymose des heures blanchâtres. Sur la longue route de la soif, l’oasis étanche le désir à coups de ressacs volubiles. Les images composent le puits dans lequel je m’engouffre. Un calme noir réveille ma chair dans une dimension qui la désempare. De brefs échos me rappellent la verte prairie des hommes et des femmes solidaires dans l’effort. Je tiens de mémoire que je dois m’oublier dans ce désordre tremblant. Ma vie est une lèpre dévorante et je suis agenouillé face à la guérison.  

     

    La terre ressemble à une planète d’exil. Je me diffuse dans la motte que le progrès refuse de travailler. Les médias me télégraphient l’alphabet à ingurgiter et je vomis l’excès comme un nourrisson recrache une overdose de lait. Que fais-je ici hérissé d’antennes et de radars comme un avion survole un lieu de naufrage ? Il me semble être plus consistant dans la fatalité que dans l’illusion des vaisseaux fantômes qui lèvent l’ancre sans moi. Sur l’île du monde, je cherche les trèfles à quatre feuilles qui n’existent plus. L’odyssée de la vie rabat ses perles bleues pour les enfiler sur l’arc-en-ciel d’un destin moulu par les rames d’une pirogue écervelée. Des aigreurs torrides remontent le cours des marais où j’ai perdu l’étincelle qui me guidait.      

     

    La disposition dans laquelle je me trouve remet en cause le consentement au meilleur des mondes possibles. J’exclus toute pilule du bonheur si elle se résigne à l’exultation des sens soumis à un environnement socioculturel. La volonté surpasse la raison. L’immanence est transcendance. Mon existence ouvre un chemin sans interrogation préalable, les explications précèdent toute situation. Questions et réponses traquent l’énergie sous la canopée des résistances invisibles. La vie qui se déploie dans mon sang me cloue à la racine de l’humanité. Quel choix doit-on énoncer entre douleur et souffrance et amour et bonheur ? L’évidence nous résume. Je trouve parfois dans les ombres maudites un souffle régénérateur. Mon cœur est un mystère, mon cœur est une prière. Pour m’étirer jusqu’à demain, l’aube aura besoin de toute sa magnificence. L’avenir me crie des morceaux d’infini et je redeviens le vagabond de la distance insaturée.

     

        «La route qui monte et qui descend est une ; c'est la même.» - Héraclite d'Ephèse 

     

    Est-ce l’air qui nous porte ou la flexion de ses combinaisons ? J’étais armé de mon cercueil dès le premier jour où la route s’est rompue. J’habite l’oxygène vital et la haute forme sombre de la singularité. Singulier, je le suis par défaillance. Tous les miroirs élastiques où l’homme se reflète m’irradient. Dans les préludes de l’émotion, j’expie les brillances de la souffrance qui me rehaussent. J’ai appris la langue des épines avant celle de la rose. Je me succède dans un combat qui n’est pas le mien, des siècles de préparations gazeuses se retirent, dépourvus de tout. Je ne suis qu’un déserteur dans la fissure de mes entrailles. Des fractions de peur insérées à la poussière inhibent les tic-tacs de la pointe sèche qui tourne dans ma poitrine.  

     

    Longtemps, j’ai fait le tour des ombres à la recherche d’une respiration joyeuse. Tous les matins, au bout du sommeil, j’ai suivi les traits de lumière qui perçaient les volets. Dans la toux d’un silence charognard, la marche instable de la clarté rompt dans la vacuité existentielle. La nuit tout est monochrome et l’impatience pèse sur l’équilibre de la terre. Toutes les proportions se fondent dans la matrice du noir. Par ici, des monceaux de misères accrochées à la salissure des rues. Par-là, des regards infatigables escaladant les miradors du luxe. J’ai mangé aux empreintes des images que la terre habitée me renvoie. Dans l’indigeste arrogance de mes semblables, j’ai tourné de l’œil comme une mouche s’écroule dans un espace vaporisé d’aérosol. De ce lieu rêvé qui me tend les mains, une syntaxe volontairement forcée m’a ligoté l’esprit. 

     

    Je suis enfermé dedans, dans une mosaïque composée d’éclats disparates, du désespoir à une amertume teintée de dérision, de la jubilation à la tristesse. Mais, maintenant que j’ai lié amitié avec moi-même, ayant connaissance de mon groupe sanguin, je saisis ma vie dans son non-être et, par moment, je marche à ma rencontre dans une rigole asséchée.

     

     

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    BRUNO ODILE

    http://brunoodile.canalblog.com/

     

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    werner hornung

    Oeuvre Werner Hornung


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  • 06/07/16--00:59: OISEAUX AVEC RACINES
  • Mes mots sont des oiseaux
    avec des racines

    toujours plus profond
    toujours plus haut

    cordon ombilical.

    Le jour perd son bleu
    les mots sont allés dormir.

     

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    HILDE DOMIN

     

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    emmila

     


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