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Channel: EMMILA GITANA
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BALLADE DE LA LUMIERE

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Je serai l’eau qui coule sur tes mains
pour me teindre du souvenir de ta peau,
empreinte transparente, lumière jusqu’à tes os.

Par moi tu toucheras le voile sous les mots,
je serai le son que tu poursuis,

par moi tu diras l’enfance sur la rive,
la présence claire entrevue à jamais
sur le seuil de la porte, si proche des montagnes,

la note tenue qui passe par-delà tous les égarements,

ombre tressée de jour et de nuit
qui rend visible le matin du monde.

Mon souffle aujourd’hui traverse tes paumes,

depuis toujours,
je respire dans ton regard.

 

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LAURENCE BREYSSE CHANET

http://www.terreaciel.net/Laurence-Breysse-Chanet

 

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LAU

 

 

 

DU RENONCEMENT / DE LA RENUNCIA...Extrait

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Si avec le temps meurt cette chimère
de chercher une lumière qui n’est jamais nôtre,
si les rêves deviennent ombre noire
sous un ciel fermé d’orage,
si le lieu de l’amour est la menace
et sa nudité l’éclat d’une pièce de monnaie,
si le plaisir ne suffit plus, si l’habitude
est ce miroir brisé, que la vie alors
sans beauté se soumette et que la mémoire
vaine du silence soit ton héritage
inscrit dans la fin qui nous condamne.


Si con el tiempo muere la quimera
de buscar una luz que nunca es nuestra,
si los sueños se tornan negra sombra
bajo un cielo cerrado de tormenta,
si el lugar del amor es la amenaza
y su desnudo un brillo de monedas,
si el placer ya no basta y la costumbre
es ese espejo roto, sin belleza
dobléguese la vida y que la vana
memoria del silencio sea tu herencia
escrita en el final que nos condena.

 

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JOSE GUTIERREZ

 

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SEULE LA VOIX DEMEURE...Extrait

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(...)

Le but de toute force
Est de fusionner avec l’essence du soleil
De se couler dans l’intelligence de la lumière
Les moulins à vent se détraquent en toute logique
Pourquoi je devrais m’arrêter ?
Mes seins nourrissent les grappes vertes du blé
La voix, seule la voix demeure
La voix du désir limpide de l’eau à couler
La voix de l’étoile dans sa profusion lumineuse
Sur la paroi féminine de la terre
La voix concevant l’embryon du sens
Et l’expansion du partage de l’amour
La voix, la voix, seule la voix demeure

Au pays des nains
La mesure tourne toujours
Dans l’orbite du zéro
Pourquoi je devrais m’arrêter ?
J’obéis aux quatre éléments
Et le gouvernement local des aveugles
N’a pas à dicter le règlement de mon cœur

Que gémisse sans fin la sauvagerie
Dans le sexe de l’animal me laisse indifférente
Que remue sans valeur le ver
dans le vide de la chair me laisse indifférente
J’ai la lignée des fleurs dans le sang qui m’exhorte à vivre
La lignée des fleurs, vous comprenez ?

 

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FOROUGH FARROKHZÂD

 

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STELE POUR NELSON MANDELA

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Grandit ombre sacrée
Tu as vu la terre aux mille collines
Et nous avons franchi l’espace interdit
La moisson sera bonne à l’heure du refus
Timbre de la bonne nouvelle et partie de si loin
J’ai vu Soweto et sa révolte d’enfants
Sa case misérable où tu veilles
Gardien sombre et d’humaine bonté
Ile du dernier soleil
Que se lève la fête de l’aube
Sous les sabots de l’arc-en-ciel
Nous passerons par les rues du poème
Tels que nous sommes
Quel temps fait-il sous tes paupières
Si ce n’est un temps de lendemain
Temps des évangiles
Qui tourne autour de mon image
Et les sept ciels de la nation arc-en-ciel
Entre chez toi Mandela
Ta maison est ouverte
Ton peuple t’attend
Nous devons tenir prêtes les plus belles paroles
L’escorte est à ce prix
Au front des pharaons
Ceignant les forces élémentaires
Une nouvelle solitude nous épie
Nous ne serons plus jamais seuls
Le cri sera définitif
La mer en sa plus vaste houle laineuse
Semblera un chasseur ivre
Une énergie tranquille de peuple ayant la foi
Juste un mot Mandela
Un mot de township
Un mot de capitaine
Un mot de canne-à-sucre
De la maison des hommes
Se répand la douleur
Juste un mot pour fendre le brouillard
Et nous verrons dans la nuit
La splendeur de ta silhouette
Fructueuse navigation
Aujourd’hui un pays se livre au mythe de la mort
Et pour une fois nous avons vaincu les geôliers
Voici que la lumière docilement se lève
Le miracle est déjà accompli
Il fait jour sur le pardon des justes
Nous écouterons ce chant pris à la plus haute des étoiles

 

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ERNEST PEPIN
Lamentin
Le 26 juin 2013

 

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MANDELA

Nelson Mandela

 

PATRICK ASPE

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...
les rires sont des oiseaux de passage
la mémoire une éponge
la nuit une dissidente
tangue la vie des fuites lentes
mascarades sans limites
comme un filin d’acier au dessus du vide
je revois l’olivier des allées
la maison rose sous les cyprès
les grands peupliers jaunes d’octobre
précipice sans fond
sabordage des illusions
danse macabre aux sons des tamtams
le cri vient du ventre friable et déchiqueté
attirances des bleus voilés d’or sur la mer qui balance
la forêt d’endort aux silences des pins
chagrin parfumé d’oranges
imaginons cette vague sur le sable doré
lancinante passion des mains qui passent sur ton dos l’huile frémissante
la colline des horizons
sables mouvants de l’enfance
mon chevalier foudroyé d’ignorance
dragon frissonnant de flammes
la lune échappe aux brouillards
élève toi élève toi vers les neiges des cimes mon cœur brisé

l’azur pur tourmente l’épée qui s’agite ...

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PATRICK ASPE

 

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GGG

 

 

 

LETTRES A MOI-MÊME...Extrait

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Cher Ramon,

La moitié du monde veut attaquer l'autre moitié et la guerre qui prend aujourd'hui le nom de guerre froide est la sempiternelle guerre de toujours. L'ennui ce serait qu'on nous agresse et qu'on démantibule la table sur laquelle, noblement accoudés, nous écrivons, lisons et pensons. Dans cette agression des uns contre les autres même notre maison est sans dessus dessous et on la retrouve un jour à des milliers de kilomètres de là où elle était.

Les forces du monde ont augmenté et la loi veut que les unes soient toujours négatives et les autres positives, en une perpétuelle alternance, sans accord possible, sans qu'elles se confondent désastreusement. Stabiliser ces forces a été l'un des prodiges du passé, peut-être parce qu'elles n'avaient pas atteint le voltage d'aujourd'hui. Nous qui sommes nés avec assez d'humour, nous savons nous maintenir au milieu des deux courants, sans que l'inquiétude et la crainte soient trop pénibles. Nous gagnons des jours, des nuits, parfois des matins et grâce à nos blagues nous pouvons entretenir des correspondances superflues et constantes comme celle-ci.

Parce que nous pouvons dire ce que nous voulons nous damons le pion aux bornés et aux fanatiques. Au coeur de la violence il est beau de prononcer la phrase inouïe. Aujourd'hui, et sous l'enveloppe de cette lettre, nous passons au travers du feu criminel et je peux te dire qu'il y a des larmes qui sont des vers blancs et que le mouchoir est le linceul du nez.

Voler au faire le non-faire est l'un des charmes de la vie et les tasses qui ne servent pas sont plus heureuses que nous précisément parce qu'elles sont et ne servent pas. Tout est dans l'erreur et Dieu sourit à celui qui a l'habileté de ne pas se laisser prendre aux bobards et aux soucis, en profitant de ces moments neutres où il contemple les heures libres de devoir, sans ployer sous le fardeau d'aucune pensée solennelle. On veut nous enlever cette faculté d'enfants de Dieu d'affronter la tristesse et ce qui semble n'avoir aucun sens, comme les fleuves des draps qui vont se jeter dans la mer ou la tortue qui ne joue pas au violon. Pas de plus grand bonheur que de penser ce qu'on veut au lieu de penser ce que les autres veulent.

Nous profitons de l'absence de censure sur la correspondance pour dire l'indicible qui n'est pas ce qu'il est interdit de dire mais ce qui se satisfait de son inconscience, comme, par exemple, dire que les gilets avalent leurs boutons - ils ne les perdent pas - et que dans les couloirs on entend le bruit de l'obscurité qui fait craquer ses doigts.

Une lettre, tu le comprends très bien, ne rivalise avec rien et c'est pourquoi elle peut donner forme au rien, parler du rien, diriger l'escarmouche de la chiquenaude, embrouiller les ongles, mélanger les veinules du cerveau et les coiffer la raie au milieu, calomnier le couteau, soutenir que le compteur électrique est fou.

Ni fièvre, ni nominations, ni histoires d'enfants, mais tout simplement te dire que le papier hygiénique qui a ses propres télégrammes, même de l'étranger, annonce que la bourse invisible ruine le monde.

Je t'embrasse,

Ramon.

 

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RAMON GOMEZ DE LA CERNA

 

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MONT

 

 

 

 

ELLE ETAIT UN PEU GITANE...

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..Elle était un peu gitane, un peu sorcière et parlait à la Lune.  Dans ce coin choisi, fumant sa cigarette et caressant son chien, elle déroulait un passé dont le travail avait occupé une large place. Fille, femme, mère, grand mère, une vie menée tambour battant, souvent controversée, trouvant probablement son bonheur dans cette course à la réussite.

Féminine, élégante à sa manière, parfumée de qualité, elle se voulait sans défaut. Du " trés haut " de ses escarpins elle imposait sa personnalité, ses volontés et son audace.  Tout autant son côté gitane se manifestait, par un ourlet défait, une tache oubliée, ces petits détails qui baissaient la note, ou encore une étoffe plus colorée que d'ordinaire. Elle aimait les grands châles frangés, la couleur que donne le soleil,elle était résolument méditerranéenne. J'adorais ce côté désordre, cela la rendait plus accessible. J'adorais sa façon de balancer le linge par terre avant de l'étendre, quand elle envoyait valser ses chaussures aprés une journée de labeur. J'adorais le café servi dans la porcelaine et le sucre pris à l'aide d'une pince en argent , sur un plateau plutôt chic, sur la table en fer du jardin. J'ai adoré les derniers cafés pris sur la même table, dans la porcelaine mais sans pince, sans plateau et sans son chien, dans le même jardin devenu plus sauvage....Oui, j'adorais partager ces moments avec elle.

                                                                                                                              

Le temps a fait ses ravages et dans ce coin qu'elle aimait tant, elle a jusqu'à la fin communiqué avec les siens sans jamais baisser la garde et sans jamais abandonner sa longue et fine cigarette.

 

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JOSIANE

 

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L'ILLUSION PROTECTRICE

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L’image conservée par mes yeux apprivoise le temps. Elle s’éternise comme une brume recouvrant le jour. L’illusion d’être ce que j’ai été prolonge le refuge de tendresse que tu incarnes. L’intemporel s’accomplit d’un amour sublimé. Hier est à l’abandon dans les débris de notre histoire. Face à moi, l’orgie de lumière balaie la mémoire pure. J’ai les yeux qui piquent et le cœur décroché de toute tentation. Je m’abstiens du vide, il n’est pas plus profond que l’absence de sens. La blessure grondante n’est pas à l’abri du pire. Sans toi, l’air divague et les mots emportent les silences cachés.

L’impasse du désespoir laisse entrevoir quelques lucioles dans le silence des nuits solitaires. L’amour balance de la passion à l’évidence sans jamais toucher terre. J’ai appris la durée avec l’heure qui sonne avant de trébucher dans l’infini miroir du monde. J’ai vu l’oiseau cueillir le ciel dès l’aube naissante. J’entends l’arbre instruire ses racines du souffle nourrissant de la lumière. L'aurore n’a rien d’autre à dire que la faim qui la trésaille. Un instant, hier n’est plus qu’un infime soubresaut. La présence à la vie est entière et plénière. La connivence de l’absolu ne connaît que l’absolu. Mais en même temps sa souveraineté est une fin du monde. Je remarque que les cigales mettent jusqu’à sept ans pour sortir de terre et ne vivent que trois semaines. Choisir l’excès est une excellence, c’est une courte échelle à l’éphémère. L’existence au bonheur impossible ne manque pourtant pas de truculence. Il y a ce qui nourri et ce qui lacère. Entre les deux, le désir se confronte à la volonté. Je te vois comme je t’ai vu. Une amarre est restée sur le port, un parfum iodé colle encore le cordon ombilical. Tu dors et te réveilles dans l’abécédaire de ma chair.  

 

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BRUNO ODILE

http://lacollineauxciga.canalblog.com/

 

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ILLUSION

 

 

 

 

 

 

MARIA-DOLORES CANO

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JE M’EN VAIS

à présent

pour où ?

 vers où ?

 

                            comment ?

 

 

 je m’en vais pleurer

 les heures

 je m'en vais rire

 les pleurs

 

  l’abeille dans le cœur

 transparence des ans

 

               ténacité

amour

d’antan

 

  l’alouette traverse mon âme

 enfant je suis sur le chemin

 

               rouge ma lèvre

grain de sel couleur mangue

sur la langue

un parfum

 

  pliure de la page

 mes mots sont un adieu

un poème en fleur

 une offrande

à ceux

qui

 ont foulé ces pages

 

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MARIA-DOLORES CANO

 

 http://memoiredusilenceblogspotcom.bloot.fr/

 

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MARIA D

 

 

REVENIR AUX OISEAUX

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 Revenir aux oiseaux

à ce désir de secouer les pieds

 pour effacer l'empreinte

 

 cette constance des oiseaux

 à ouvrir les voies

 

 simulant la chute

 pour habiter le temps mobile

 sans vertige

 

 ce corps ailé de l'instant

 traversé du chant

 qui s'arrache sans cesse

 et se déprend

 

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ALBERTINE BENEDETTO

 

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oiseau

 

 

ELEGIES BALTIQUES...Extrait

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Qui pourra étaler la tempête, survivre à ses violences ?
Les plus vieux chênes jusqu’au cœur ont volé en éclats ;
les genévriers flexibles se courbent en arceaux où passe le vent.
Toute la balle s’est envolée de ces régions,
le temps est venu pour le grain durci
d’être semé entre les rochers et les dunes,
mais le blé ne germe pas dans ce sable entassé.
La forêt a donné abri à tes frères.
Tes sœurs se sont cachées dans le sein de la mer.
Toi-même tu tangues sur cette île-refuge
et plein d’angoisse observes l’autre rive :
d’énormes falaises ébranlées ont plongé dans la mer,
les archipels se multiplient, les bancs de sable se ramifient,
pourtant la mer jamais ne se fend vers la Terre Promise.
Quand tout semble brisé et soufflé par le vent,
la tempête ne peut refuser cet unique et dernier cadeau
de l’abîme : les soleils fracassés de l’ambre se lèvent
dispersés sur les baies battues par le vent,
talismans de calme et d’été
pour réchauffer ta paume
quand tu vas par le monde
vers ta maison dans le vent.
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IVAR  IVASK

 

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AJ

 

 

 

 

 

 

MATHIEU BENEZET

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Nourriture de la Nuit

Le lait de l’œil est une

chose qui commence

comme la parole humaine

elle douceurt je douceurs

dans l’ouverture d’amour

des mots

cette femme qui crie est

ma mère ensevelie

déchirure du style

le vent s’engouffre dans le vide

qui naît

va mon cœur puisque

le ventre est assassiné

 

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MATHIEU BENEZET

 

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MAT

 

 

 

 

BATAILLE...

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Je me bats le jour je me bats la nuit
batailles contre la mélancolie
cette vieille pieuvre toujours éveillée
qui me guette au coin des années
au coin des rues et des souvenirs
et lance son refrain mourir
alors que je veux vivre mille fois
que je veux aimer que je veux la joie
qu’il est temps enfin d’espérer
temps de croire temps de respirer

Je porte une flamme dans mon coeur
elle brûle c’est mon enfant ma soeur
c’est la vie qui sourit qui murmure
c’est le temps qui fuit pour que dure
le grand incendie toute la vie
sans remords sans mélancolie

dans l’univers qu’ont créé
les rêves et toute la vérité
seule vérité ma vérité lumière
pour aujourd’hui demain hier

 

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PHILIPPE SOUPAULT

 

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MOI

 

L'AMAZIGHITE, OTAGE DES LOIS ORGANIQUES AU MAROC

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 Pendant plus d’un demi -siècle, l’amazighité, dans toutes ses dimensions, a non seulement subi un déni de reconnaissance incompréhensible, mais aussi une marginalisation doublée d’un mépris et d’une mort programmés. Cette situation aparthéidiste a eu pour conséquence l’émergence du Mouvement Amazigh, mouvement social et politique s’inscrivant à la fois dans une continuité identitaire de l’Afrique du Nord, mais aussi dans la modernitéà travers les valeurs de démocratie, de citoyenneté et des Droits de l’homme.

 

Le combat de ce mouvement qui a connu une situation difficile voire impossible sous Hassan II, a trouvé pour la première fois un début de réponse dans le discours d’Ajdir du nouveau Roi en 2001. En effet, ce discours jugéà l’époque historique, suivi par la création de l’IRCAM (Institut Royal de la Culture Amazighe), avait soulevé d’immenses espoirs quant à la résolution définitive et équitable de la question amazighe au Maroc. C’était sans compter avec la résistance de ceux qui se sont fait des situations de privilégiés sur le dos et la résistance amazighe à la colonisation française : toutes les mesures prises par l’Etat au plus haut sommet mettront 10 ans pour aboutir à l’officialisation de la langue et de l’identité amazighes dans la constitution de 2011. Longtemps occultée par la pensée dominante arabo-islamique, l’amazighitéétait enfin reconnue sur son territoire historique.

 

Cependant, l’officialisation effective est soumise aux lois organiques qui doivent être préparées par le Gouvernement et validées par le Parlement. Sauf que le Gouvernement et le Parlement, sont non démocratiques et hostiles à l’amazighité, ce qui constitue en soi une prise d’otage de la langue amazighe et de tout ce qu’elle implique comme intégration dans les institutions d’un Etat qui se dit de droit, mais qui bafoue quotidiennement les Droits du peuple autochtone amazigh.

 

En effet, deux ans après que la constitution de 2011 « ait été approuvée » par le peuple marocain, les lois organiques en question ne sont pas toujours soumises au Parlement. Le 2 Juillet 2013, a été organisée une conférence nationale sur la question dans la capitale Rabat. Etaient présents et ont pris la parole tour à tour le Conseiller du Roi, le Premier ministre, le Président du Parlement, les Ministres de la communication et de la culture. Après avoir écouté les discours de tous les dignitaires du régime, tous les concernés par la question sont unanimes : le Gouvernement n’a même pas commencéà réfléchir à une approche pour la mise en œuvre du processus devant conduire ces lois organiques devant le Parlement. Autrement dit, et contrairement aux affirmations antérieures des uns et des autres responsables, la traduction de l’officialisation de la langue amazighe dans les faits n’est pas la priorité du gouvernement, et certains ont même parlé de l’intention du Gouvernement Benkirane de ne déposer les lois organiques au Parlement qu’à la dernière année de la législature, afin de gagner du temps.

 

D’autre part, ces différents hauts responsable ont tous répété les mêmes concepts que les militants amazigh considèrent comme des mines à retardement : « l’amazighité appartient à tous les marocains », donc à ceux-là même qui la combattent par tous les moyens ; « elle relève par conséquent de la responsabilité de tous », entendez donc de personne. « Elle ne doit pas être utilisée politiquement », entendez par le mouvement amazigh, alors qu’elle est utilisée par tous les partis et le pouvoir depuis toujours à des fins politiciennes, à leur profit, bien sûr.

 

Plus grave encore, ce constat s’ajoute à la suspension de facto des acquis du discours d’Ajdir et la création de l’IRCAM sous prétexte d’une attente nécessaire des lois organiques. Ainsi, 9 années d’enseignement de la langue amazighe, malgré les blocages qu’elles ont connus, sont renvoyées aux calendes grecques. Les cahiers de charge des chaînes de télévision n’accordent que 20 pour cent de programmes folkloriques à l’amazighité, en contrepartie de 80 pour cent de programmes variés et propagandistes à l’arabité. Ajoutez à cela que les noms amazigh sont toujours interdits par les responsables de l’Etat civile, que des militants amazigh croupissent toujours dans les prisons, que les activités des associations amazighes sont soumises à des limitations voire des interdictions, sans oublier qu’aucune subvention n’est accordées aux associations considérées comme indépendantes des partis et du pouvoir en place.

 

En fait les objectifs du pouvoir et de ses alliés sont clairs : gagner du temps, toujours gagner du temps, afin que le processus d’arabisation de la société amazighe, enclenché depuis ce qu’on appelle ici « l’indépendance », fasse son œuvre et arrive à terme, car déjà, plus de cinquante d’une politique criminelle d’arabisation a détruit une grande partie du patrimoine immatériel de l’amazighité. Quand personne ne saura parler la langue amazighe, l’on accordera tous les droits aux imazighen qui ne seront plus là pour en jouir. Déjà, les générations de l’arabisation ne comprennent plus ce que disent leurs parents en langue amazighe. La communication familiale dans les villes et même les campagnes est des plus incroyable : les parents parlent tamazight avec leurs enfants et ces derniers leur répondent en darija, le dialectal marocain.

 

De ce qui précède, on peut déjà tirer une conclusion : la gestion marocaine du dossier amazigh, gestion donnée en exemple pour toute l’Afrique du Nord par des médias bien intentionnés, est des plus machiavéliques : tout est beau au niveau du discours qui s’adresse plutôt à l’opinion étrangère, mais rien n’est lâché dans la pratique comme en témoigne les exemples précités. Devant les instances internationales qui interpellent régulièrement l’Etat marocain sur l’état des droits de l’homme, des droits culturels et linguistiques, sur les droits du peuple amazigh en tant que peuple autochtone, les responsables mettent en avant les avancées du royaume dans ces domaines, arguant la constitution, l’IRCAM, le pluralisme de façade, etc…

 

Il y a quelques mois, l’une des rares députés à avoir le courage de parler la langue amazigh au Parlement marocain a été vertement remise à sa place, et son audace a abouti à une interdiction officielle de l’utilisation de la langue amazighe « officielle »-même orale- au Parlement marocain sous prétexte que la représentation du peuple-sic- ne dispose pas de matériel de traduction, sachant que le Royaume, friand des colloques, rencontres, sommets et autres forums internationaux qu’il exploite comme tribunes, dispose bel et bien de traducteurs et du matériel nécessaire pour toutes les langues du monde. Mais pour la langue mère du pays, le matériel est introuvable sur le marché international. Pourtant, les responsables savent qu’il existe des centaines de cadres amazighs capables de traduire instantanément la langue amazighe dans toutes les langues présentes au Maroc, à savoir l’arabe, le français, l’espagnol et même l’anglais.

 

Le problème est donc clair : la volonté politique de revaloriser la langue et la culture amazighes, de l’intégrer réellement dans les institutions de l’Etat, fait toujours défaut aux décideurs du Royaume chérifien. Mais cette absence de volonté est camouflée dans un discours de velours qui a longtemps leurré les élites amazighes, toujours incrédules devant le machiavélisme d’un makhzen rôdé au maniement de la démagogie, de la récupération, de la corruption des élites, aussi bien politiques qu’intellectuelles, si bien que le peuple, analphabète et pauvre, n y voit que du feu dans une politique que même les plus grands politologue n’arrivent pas à cerner.

 

Devant ce machiavélisme hérité du temps de Hassan II et avec lequel beaucoup de haut responsables de son temps n’ont pas rompu, le Mouvement Amazigh se doit de revoir sa stratégie, ses tactiques ainsi que son organisation.

 

Il paraît clair qu’on se cache derrière la constitution pour faire traîner les choses encore pendant une vingtaine d’années. D’ici là, les vieux qui se souviennent auront disparu, et un patrimoine sans pareil aura vécu, ceux qui parlent tamazight également. Resteront alors des corbeaux qui ne parlent ni comprennent tamazight, autrement dit des darijophones prompts à se dire « arabes »même s’il y a juste une décennie, leurs parents ne parlaient que tamazight.

 

La politique culturelle génocidaire enclenchée il y a une cinquantaine d’années a déjà fait ses preuves et continue de plus belle. Mais ce constat ne fait que réconforter la thèse qui impute la réussite de cette politique aux imazighen eux-mêmes : beaucoup sont les instruments qui permettent aux différents pouvoirs en Afrique du Nord de mener à bien une politique suicidaire qui n’a pas encore trouvé sa place dans le domaine de la recherche psychanalytique en tant que cas de « suicide collectif » d’un peuple à l’histoire millénaire.

 

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ALI KHADAOUI

 

Maroc

 

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BERBERE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

WANTED FOR MURDER

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On recherche un homme nommé Philippe Soupault
bien trop grand pour son âge
1 mètre 98 ou même davantage
cruel comme un tigre aux yeux verts
insaisissable intouchable telle une flamme rouge
à peine une ombre
un reflet à la poursuite de la lumière
coiffé d’un petit nuage ou d’un oiseau de brouillard
ganté de fumée bleue
des ailes aux talons et des bras qui n’en finissent pas
outrageusement parfumé comme un serpent d’eau douce
un sourire de requin des bas-fonds
des étincelles dans les cheveux
et des cauchemars dans les mains
dangereux parce qu’il est toujours armé
dans ses rêves quotidiens
d’une mitrailleuse du dernier modèle
et qu’il n’hésite pas à tirer
et qu’il veut tuer tout le monde
avant d’en finir une bonne fois
dans la poche un petit miroir de poche
et sur les lèvres un sourire à double tranchant
à portée de la main une paire de lunettes
et un lorgnon pour aveugles de naissance
retenu par une ficelle de pendu
une lueur dans les yeux qui ne dit rien qui vaille
qu’on se méfie surtout de ses doigts
longs comme des caresses sans fin
des doigts qui se souviennent et qui aiment
Visez à la poitrine qui est imberbe
et qui bombe comme pour se moquer du monde
sa voix est dangereuse comme un refrain
cherche toujours à disparaître quand on ne l’attend pas
préfère le mot perpétuel au mot éternel
aime passionnément une femme qui est aussi une étoile
Il est armé d’indifférence jour et nuit
ou le prétend pour prétendre qu’il est dangereux
N’hésitez pas à tirer à feu continu
Ne jouez pas au plus fin
Tirez
Tirez de toutes vos forces
et fuyez
car son fantôme vous attend demain
après-demain ou les autres jours
il n’oublie jamais ceux qu’il a détestés
et celle qu’il a aimée et qu’il aime
il n’oublie jamais même pas lui
Prenez garde à celui qui n’a jamais oublié
Récompense pour celui qui le prendra mort ou vivant
un grain de poussière

 

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PHILIPPE SOUPAULT

 

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SOUPAULT2

Philippe Soupault

UN PETIT PORT...

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   ...

Dans ce petit port du Vallon des Auffes, au-delà de la magie du lieu, l'ambiance a la couleur de ses habitants. Tanés par le soleil,les pêcheurs ont amarré leurs barques  et  deviennent spectateurs à voix haute devant un verre ou deux ou trois.....on ne peut échapper aux quolibets lancés avec le sourire, ils sont là devant leur porte, assis sur n'importe quoi et regarde passer les "étrangers". Si c'est une jolie fille , elle sera encensée , avec des mots probablement inventés pour elle.  Après plusieurs  verres, il vaut mieux ne pas croiser leur regard et avoir beaucoup d'humour car les mots peuvent devenir gênants. Les femmes de pêcheurs ressemblent à de vieilles squaw, tant leur peau est cuivrée. Elles interviennent parfois, sans complaisance et sans succès, pour freiner la soif de leur homme. La lumière bleue du large passe sous les arches et éclaire cette scène en plein air. Les techniciens de la nature sont parfaits . Le bruit, les odeurs, les couleurs ,le cri des mouettes ,tout y est. Un dernier rayon et le soir donne un autre ton, on chavire dans une atmosphère plus feutrée mais tout autant vivante. On est, définitivement séduit.
 C'était hier soir, le feu d'artifice du Vieux-Port a raisonné et enchanté les environs . Dans la petite maison  des Auffes, impasse des Girelles, on a oublié un instant ,les misères du monde...


Et dire que jai failli refuser l'invitation...

 

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JOSIANE

 

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VALLONCC

 

 

 

 

 

 

CHARITE

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Tu ne sais plus ce que tu demandais ni pourquoi
tu mendiais Et voici que tu avances un pied
blessé sur l'embarcadère désert de l'île Peut-être
es-tu allé plus vite que le temps ( On nous
fait mentir en nous retirant l'enfance )
Même les piqûres de guêpes sont oubliées
Nos voix se sont noyées dans des bennes et
les conversations au point du jour ( Non
le bonheur n'existe pas et nous n'étions
si malheureux ) C'est la même chose quand
ton ombre brûle quand tu écris dans
la vitre brisée Regarder un bouquet
ou refermer la main sur l'ultime pièce
de monnaie On sait que l'on va quitter
la vie Oui C'est une même phrase être mendiant
ou avancer un pas, dis-tu "

 

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MATHIEU BENEZET

 

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VIE

 

 

 

HENRI GUERIN

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L'étoile n'a jamais donné de nom à la fourmi pas plus que l'oiseau n'a appelé« arbre » cette fontaine frémissante d'ombre où son vol s'apaise. Ils ne sont que présences, présence de lumière, de chant, de feuilles, d'infimes traces. Nous seuls, prononçons leurs noms. Quand nous disons plaine, l'étendue nous répond, vallée, la courbe se creuse en nous, rivière, une allée d’eau nous désaltère. En les nommant ils nous rejoignent et nous délivrent de sentiments indicibles qui demeureraient à jamais clos. Nous tissons ensemble leur image comme l'enfant les balbutie à la proue de sa mère, s'émerveillant de cette musique de syllabes si bien ajustées entre elles. Avec sa bouche, les mots ailés se posent doucement sur chaque chose, les épousent avec ferveur, rencontre après rencontre. Un pressentiment murmure en lui, comme il a murmuré en chaque être, au moins une fois, un bref instant. Il fut atteint par le désir de s'élancer à son tour, libre, à l'unisson vers tout ce qui chante obstinément la beauté du monde, dans le pressentiment de l'hymne voiléà l'amour.

 

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HENRI GUERIN

 

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BEA

 

 

 

HELENE OU LE REGNE VEGETAL...Extrait

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Je t’attendais ainsi qu’on attend les navires
Dans les années de sécheresse quand le blé
Ne monte pas plus haut qu’une oreille dans l’herbe
Qui écoute apeurée la grande voix du temps

 

Je t’attendais et tous les quais toutes les routes
Ont retenti du pas brûlant qui s’en allait
Vers toi que je portais déjà sur mes épaules
Comme une douce pluie qui ne sèche jamais

 

Tu ne remuais encor que par quelques paupières
Quelques pattes d’oiseaux dans les vitres gelées
Je ne voyais en toi que cette solitude
Qui posait ses deux mains de feuille sur mon cou

 

Et pourtant c’était toi dans le clair de ma vie
Ce grand tapage matinal qui m’éveillait
Tous mes oiseaux tous mes vaisseaux tous mes pays
Ces astres ces millions d’astres qui se levaient

 

Ah que tu parlais bien quand toutes les fenêtres
Pétillaient dans le soir ainsi qu’un vin nouveau
Quand les portes s’ouvraient sur des villes légères
Où nous allions tous deux enlacés par les rues

 

Tu venais de si loin derrière ton visage
Que je ne savais plus à chaque battement
Si mon cœur durerait jusqu’au temps de toi-même
Où tu serais en moi plus forte que mon sang.

 

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RENE-GUY CADOU

 

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La_nuque

 

 

POETE

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Toute poésie
vient à mourir avec sa fausse légèreté
d'époque
Qu'importe ce que tu dis
Tous
les enfants mourront un jour
Ils ne
t'auront ni lu ni connu ; ils ne
t'auront même pas aperçu murmure
la souffrance au creux d'une vie
Pourtant il écoutait leurs chants ; il
connaissait chaque regard enfant
devinait son massacre, tout le massacre
de l'époque,
ajoutant
la poésie sépare les hommes
dans le silence


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MATHIEU BENEZET

 

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