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Channel: EMMILA GITANA
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IBN AL ARABI

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"O toi qui cherches le chemin qui conduit au secret.
Reviens sur tes pas : car c’est en toi que se trouve le secret tout entier"

 

 

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IBN AL ARABI

 

 

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TROIS AMIS EN QUÊTE DE SAGESSE...Extrait

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Je crois en la contamination de l'amour, de la bienveillance, de la douceur et de l'intelligence... Chaque fois qu'on pose un acte de tendresse, d'affection, d'amour; chaque qu'on éclaire quelqu'un en lui donnant un conseil, on modifie un tout petit peu l'avenir de l'humanité dans le bon sens...Et à chaque fois qu'on dit une vacherie, on commet une méchanceté, et qu'on les répète, on fait perdre du temps au progrès humain...Que chacun cultive le plus grand nombre possible de ressentis et d'actes positifs est donc vital pour tout le monde...

 

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CHRISTOPHE  ANDRE

 

 

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C O

 

 

ALEXO XENIDIS ...Extrait

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Où sont-elles les voix qui me hantent
Les appels de brume lourde des bateaux bercés contre les quais
Résillés de filets jaunes qui agaçaient le bleu des portes et l’âme du pope
Où est le pélican qui arpente le port de son pas de notaire repu
Les parfums de bois et de poussières fauves de la terre brûlée de gris
Lorsque le soleil l’abandonne, cruel amant, horloge rouge,
Pour plonger vers le ventre mouvant de la mer offerte.
Où est mon pays
Où est mon pays
Les voix s’éloignent
Happées par les engrenages de la mémoire
Broyées par les dents qui
Fabriquent de la solitude
Parce que c’est le seul grain qu’elles ont à moudre
Celui là et pas un autre
Avec lequel on pétrit un pain plat
Sans levain sans vent sans visage sans vie
Une galette pour les pauvres
Qu’ils jettent aux oiseaux avant de partir.

 

 

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ALEXO XENIDIS

 

 

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ALEXO

EST-CE CELA QUE VOUS APPELEZ VIVRE ?

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Se lever à l’aube. Se rendre sans tarder au travail en utilisant un quelconque moyen de locomotion rapide. En d’autres mots, se laisser confiner dans un espace plus ou moins spacieux, la plupart du temps mal ventilé. Assis devant un ordinateur, taper sans cesse des lettres, des messages, des rapports qui n’auraient probablement jamais été produits s’il fallait les écrire à la main. Ou encore, faire fonctionner une machine pour produire des objets tous identiques les uns aux autres. Ne jamais s’éloigner davantage que de quelques pas de la machine pour assurer une surveillance constante et répondre à tous ses besoins. Quand ce n’est pas répéter continuellement les mêmes gestes, les mêmes mouvements, automatiquement, continuellement. Surtout, le faire des heures et des heures durant, au même endroit, dans la même atmosphère, jour après jour, après jour, après jour.
Est-ce cela que vous appelez «vivre» ?
Produire. Produire encore. Produire à nouveau. Comme hier, comme l’avant-veille, comme le jour avant. Comme demain, aussi, à moins que la maladie ou la mort ne frappent. Mais produire quoi, au juste? Des objets qui semblent inutiles, superflus, mais dont l’utilité ne peut être discutée. Des objets complexes dont on ne connaît qu’un seul des aspects. Des objets si complexes qu’on n’a qu’une vague idée de toutes les étapes nécessaires à leur production. Produire sans savoir la destination finale des objets qui sont produits, des métaux qui sont extraits du sol, des arbres qui sont abattus et ébranchés. Produire sans être capable de refuser de produire pour des gens qu’on n’aime pas ou pour des fins qui nous terrorisent, produire sans avoir un seul mot à dire, sans avoir le loisir d’exprimer la moindre initiative. Produire à toute vitesse. Devenir un simple outil de production, dirigé, manipulé, surmené jusqu’à l’épuisement, jusqu’à la cassure. Et recommencer le lendemain.
Est-ce cela que vous appelez «vivre» ?
Commencer la chasse au client dès les premières minutes du matin. En faire une quête, une obsession. Sauter du vélo au métro, du métro à la voiture, de la voiture à l’autobus. Arpenter la ville dans tous les sens. Faire tous les efforts pour surestimer la valeur de la marchandise, la vanter comme on écrit une ode à l’amour de sa vie. Cracher sur celle des autres, y mettre toute sa hargne et son ressentiment. Ou encore, rester debout derrière un comptoir et ne fréquenter que des inconnus avec qui on n’entretient que des relations transactionnelles. Devoir leur sourire, leur démontrer une affection quasi filiale, même s’ils sont imposés, même si on ne les a pas choisis, même si ce sont de sombres crétins, devoir les traiter mieux que l’on traite son amant et son amante mieux que l’on se traite soi-même. Retourner ensuite à la maison, très tard le soir, surexcité, écoeuré, insatisfait, tout en rendant involontairement les gens autour de soi, les gens qu’on aime, tristes, misérables, avec des attaches de plus en plus ténues avec la vie.
Est-ce cela que vous appelez «vivre» ?
Pourrir entre les quatre murs d’une cellule. Ressentir le futur inconnu qui nous sépare de nous-mêmes – ou de ce que nous considérons comme nous-mêmes. Recevoir sa sentence et se laisser envahir par la sensation que la vie se dérobe, qu’elle nous quitte pour toujours, qu’il n’y a plus rien qu’on puisse faire pour l’influencer. Être cloué dans un lit, dans une cellule capitonnée, dans un fauteuil roulant, sur un banc d’école. Se retrouver suspendu dans un vide climatisé de plomb et de béton pour des mois, pour des années. Ne plus être capable de se battre. Ne devenir rien d’autre qu’un numéro, un rebut, un chien de paille, une quantité négligeable qui doit être soumise, surveillée, contrôlée, espionnée, exploitée, selon la gravité du crime – ne serait-ce celui d’être jeune, vieux, pauvre ou malade.
Est-ce cela que vous appelez «vivre» ?
Porter un uniforme. Pour une, deux, trois années, souvent plus. Répéter sans cesse le geste de tuer d’autres individus. Dans l’exubérance de la jeunesse, être enfermé dans d’immenses édifices où l’on doit entrer et sortir seulement à des moments prédéterminés. Consommer, marcher, se lever, s’endormir, faire tout et rien à des moments fixes. Tout cela pour apprendre à se servir d’outils conçus pour enlever la vie de gens qu’on n’a jamais rencontrés et qu’on ne rencontrera qu’au moment d’appuyer sur la gâchette. Se préparer chaque jour à tomber, un jour ou l’autre, sous les balles de ces mêmes inconnus contre qui on n’a objectivement aucune querelle. S’entraîner à mourir et à tuer comme une machine de mort robotique, comme une arme entre les mains des privilégiés, des puissants, des vandales aux dents en or – alors que nous sommes dépossédés de tout, même du droit de respirer.
Est-ce cela que vous appelez «vivre» ?
Se retrouver du jour au lendemain sans emploi, sans moyen de survie, suite à un caprice du patron, suite au désir de restructuration du conseil d’administration, suite aux pressions des actionnaires insatisfaits du rendement de leur investissement, suite à la mécanique impersonnelle de la gestion du personnel, suite aux aléas ordinaires et naturels du marché. Dépendre de l’assistance publique, sous l’oeil vigilant et soupçonneux du fonctionnaire, devoir justifier ses maigres possessions, être convoquable et corvéable à souhait, devenir pupille de l’État. Se retrouver seule avec deux enfants à nourrir et éduquer, ne manger qu’un repas par jour pour s’assurer que la faim ne les tenaille pas trop, qu’ils puissent grandir sans carences et ne pas trop souffrir de l’instruction qu’on leur assène en classe. Voir ses propres forces, sa propre jeunesse et sa propre beauté s’étioler devant les miroirs du comptoir familial, dans la queue de la banque alimentaire ou devant le sourire trop satisfait du propriétaire du pawnshop. Devoir être reconnaissante et larmoyante lorsqu’on vient vous donner un panier de Noël composé de boîtes de thon et de pois chiches. Faire semblant de jouir lorsque le propriétaire nous met sa sale bite en échange d’un délai supplémentaire pour le loyer.
Est-ce cela que vous appelez «vivre» ?
Être incapable d’apprendre, d’aimer, de rester seule, de jouir à sa guise. Devoir rester sous les néons alors que le soleil luit et que les fleurs embaument l’air tiède et doux du matin. Ne pas pouvoir profiter du soleil de midi quand souffle le vent se lève et que la neige fouette sa fenêtre. Ne pas pouvoir marcher vers le nord quand la chaleur devient insupportable et brûle l’herbe dans les champs. Partout et toujours se heurter à des lois, à des frontières, à des interdits moraux, à des conventions sociales, à des règles, à des juges, à des usines, à des bureaux, à des magasins, à des prisons, à des écoles, à des hôpitaux, à des casernes, à des hommes et des femmes en uniforme qui protègent, entretiennent et défendent un ordre mortifère qui enchaîne les individus dans des enclos. Un ordre qui non seulement exige qu’on le respecte et qu’on travaille pour lui, mais qui a l’outrecuidance d’exiger aussi qu’on l’encense, qu’on le porte aux nues, qu’on meurt pour lui.
Est-ce cela que vous appelez «vivre» ?
Et vous? Vous, les amoureux de la vie, les chantres du progrès et de la démocratie, vous les amants de la nation, du marché et de l’ordre, vous les moralisateurs, les apôtres de la responsabilité et du travail, répondez-moi: est-ce tout ce que vous avez à offrir? Est-ce cela que vous appelez «vivre» ?
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Une réécriture d’un texte
d’E. ARMAND
par Anne Archet en 2012
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SOPHIE PETERS - FAITES CONFIANCE A L'INCERTITUDE POUR DECOUVRIR VOTRE SINGULARITE

BRUNO RUIZ...Extrait

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« Ce peu de temps qui reste

A ce corps qui s’enlise
Je le veux souverain
Sous la lune complice
Je le veux dans ta main
Plus léger qu’une abeille
Comme un coussin d’été
La flèche d’un hiver
Je le veux sans compter
Les ruines de nos routes
Et savourer à deux

L’instant qui s’éternise. »

***

« Voici le temps des bilans de l’usure

Aux feux croisés de nos forges intimes
Je veux l’amour absolu jusqu’au bout
Face à la verte et dernière beauté
Maintenant »

 

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BRUNO  RUIZ

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ARTISTE

Oeuvre ?

LANZA DEL VASTO...Extrait

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"...Ton cœur d’écailles explose en un vert jet.
Arbre de gloire, et ce plumet léger
Cache ton miel et l’huile de tes moelles.
Ta tête d’astre est un panier chargé.
Le fruit descend du centre de l’étoile…"

 

 

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LANZA DEL VASTO

 

 

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tassili-peinture-rupestre-palmiers-dattiers2

Peinture rupestre Tassili - Palmiers-Dattiers

MAHMOUD DARWICH...Extrait

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...

Sors donc de ton moi vers un autre toi,

de tes visions vers tes pas,

et élève ton pont

Vis, que la vie t’entraine à la vie.

 

 

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MAHMOUD DARWICH

 

 

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VIE 3

Calligraphie Hassan Massoudy

 

L'ENRACINEMENT...Extrait

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« Le passé détruit ne revient plus jamais. La destruction du passé est peut-être le plus grand crime. Aujourd'hui la conservation du peu qui en reste devrait être une idée fixe. La perte du passé, collective ou individuelle, est la plus grande tragédie humaine et nous avons jeté le nôtre comme un enfant déchire une rose. »

 

 

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SIMONE WEIL

 

 

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SALVADOR DALI,

Oeuvre Salvador Dali

LES MASSACRES DE JUILLET

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Pour la fête des hommes libres
ils ont massacré mes amis
peau brune sur les pavés gris
ô Paris comme tu es triste
triste et sévère pour ma race

Voici l’arbre sans racine
voici l’écorce frappée
la fleur fermée le fruit brûlé
et ton grand soleil humide
liberté

Fallait-il fuir l’injustice
la plaie ouverte dans le douar
le soleil et la faim d’Alger et de Tunis
pour la liberté de Rochechouart

O mon peuple trompé
frustré jeté dans l’ombre
mon peuple saccagé dans son tranquille espoir
violent naïf mon peuple d’hommes
qui perds le coeur la mer et qui trouves le noir

Il faut rester debout tandis qu’on te déchire
droit dans les néons puisque l’on t’avilit
ce goût de laurier-rose et ce sang qui sourit
c’est la liberté froide de Paris

Tu la ramèneras comme une pure abeille
elle fera le jour dans la chaux des maisons
elle écrira pour tous la paix sur les saisons
ô fraîche ô compagne joyeuse

Cet été la mort est notre salaire
notre pain notre dignité
camarades la mort et sous vos paupières
le matin juste de Juillet

Ils ont massacré mes amis
ils ont relevé leur Bastille
ils ont fusillé la flamme et le cri

Ô Paris comme tu es triste
Le sang cacté couvre la Seine
Paris de la Beauté de la justice de la peine
Comme tu es triste et sévère pour les exilés ! »

Alger, le 14 juillet 1953.

 

 

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JEAN SENAC

 

 

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PARIS 53

ECKHART TOLLE

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"La plus grande partie de la souffrance humaine est inutile. On se l'inflige à soi-même aussi longtemps que, à son insu, on laisse le mental prendre le contrôle de sa vie.
La souffrance que vous créez dans le présent est toujours une forme de non-acceptation, de résistance inconsciente à ce qui est. Sur le plan de la pensée, la résistance est une forme de jugement. Sur le plan émotionnel,, c'est une forme de négativité. L'intensité de la souffrance dépend du degré de résistance au moment présent, et celle-ci, en retour, dépend du degré d'identification au mental. Le mental cherche toujours à nier le moment présent et à s'en échapper. Autrement dit, plus on est identifiéà son mental, plus on souffre. On peut également l'énoncer ainsi : plus on est à même de respecter et d'accepter le moment présent, plus on est libéré de la douleur, de la souffrance et du mental."

 

 

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ECKHART TOLLE

 

 

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MENTAL

 

 

 

CHANSON DES JOIES...Extraits

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Car je veux écrire le plus jubilatoire des poèmes !
Un poème tout en musique – tout en virilité, tout en féminité, tout en puérilité !
Plénitude d’usages communs – foultitude d’arbres et de graines.

J’y veux la voix des animaux – la balance vivace des poissons !
Je veux qu’y tombent les gouttes de pluie musicalement !
Je veux qu’y brille le soleil que s’y meuve les vagues musicalement !

Sortie de ses cages la joie de mon esprit, filant comme une langue de foudre !
Posséder tel globe précis ou telle portion mesurée du temps ne me comblera pas,
Ce sont mille globes c’est l’ensemble complet du temps qu’il me faut !

...

Ce délice aussi de flâner par les collines et les prairies !
Feuilles et fleurs des humbles herbes communes, fraîcheur d’humidité des sous-bois,
Enivrant parfum de terre dans la prime aube, aux jeunes heures de l’après-midi.

...

 

Ah ! comme j’envie la sympathie élémentaire qu’émet à flots généreux et continus l’âme humaine et elle seule, vraiment oui comme je l’envie !

...

Je voudrais tellement revenir au lieu de ma naissance
Tellement entendre chanter les petits oiseaux à nouveau
Tellement errer flâner dans la grange la maison à travers les champs à nouveau,
Tellement à travers le verger tellement sur les vieux chemins encore une fois.

Quel plaisir d’avoir grandi dans les baies, au bord des lagunes, des ruisseaux, des rivages,
Je voudrais continuer d’être employé là-bas toute ma vie
Ah ! cette odeur de sel et d’iode des molières, les algues parfumées à marée basse,
Le métier de la pêche, le travail du pêcheur d’anguilles, du pêcheur de palourdes,
Je suis venu avec mon râteau et ma bêche, suis venu avec mon trident à anguilles,
La mer a reflué au large ? Dans ce cas je m’agrège au groupe de palourdiers sur l’estran,
Plaisante, m’active avec eux, ironise sur mon efficacité avec la vitalité du jeune homme,
Prends mon panier à anguilles mon trident avec moi, quand c’est l’hiver, pour m’aventurer sur la glace – d’une hachette découpant des trous à la surface,
Regardez comme je suis chaudement vêtu, aller retour en une après-midi, regardez comme je suis joyeux, et cette ribambelle de jeunes costauds qui m’accompagne,
Adultes ou encore adolescents, aucun ne donnerait sa place pour rien au monde,
Ça leur plaît tellement d’être avec moi jour et nuit, au travail sur la plage, au sommeil dans ma chambre.

 

...

 

Canoter sur les rivières, j’en rêve !
Descendre le Saint-Laurent, panorama grandiose, les vapeurs,
Les voiliers voiles claquantes, les Mille Îles, les trains de bois flottant qu’on rencontre avec leurs conducteurs aux longues perches-godilles recourbées,
Petit abri en bois, panache de fumée montant du feu où cuit le dîner.

...

Mais la joie la plus pure c’est ma vieillesse masculine qui me la donne !
Mes enfants, mes petits-enfants, mes cheveux blancs, ma barbe blanche,
Mon imposante stature, ma calme majesté, à la fin de cette longue perspective droite de la vie.

Mais la joie la plus mûre est celle de la féminité, du bonheur enfin atteint !
J’ai dépassé quatre-vingts ans, je suis l’aïeule la plus vénérable,
Clarté parfaite dans mon esprit – tout le monde, voyez, m’entoure d’attentions !
Quel est le secret de cette séduction plus forte que mes précédents charmes, quelle beauté s’épanouit en moi de parfum plus sucré que dans la fleur de ma jeunesse ?
D’oùémane, d’où procède cette mystérieuse grâce qui est la mienne ?

 

Et puis la joie de mon âme aussi en son égale tempérance, prenant identité de toutes les matières, les aimant toutes, observant et absorbant chacune en leurs particularités,
Cependant qu’elles me la retournent en écho, toute vibrante des actes de la vue, de l’ouïe, du toucher, de l’entendement, de la consécution, de la comparaison, de la mémoire, et autres facultés,
Elle la vie profonde en moi de mes sens, qui transcende les sens comme mon corps incarné,
Mon moi au-delà de la matière, ma vue au-delà de mes yeux matériels,
La preuve indiscutable à la minute même, mais bien sûr ! que ce ne sont pas mes yeux matériels qui voient,
Ni non plus mon corps matériel, mais bien entendu ! qui aime, qui marche, qui rit, qui crie, t en écho, toute vibrante des actes de la vue, de l’ouïe, du toucher, de l’entendement, de la consécution, de la comparaison, de la mémoire, et autres facultés,

Elle la vie profonde en moi de mes sens, qui transcende les sens comme mon corps incarné,
Mon moi au-delà de la matière, ma vue au-delà de mes yeux matériels,
La preuve indiscutable à la minute même, mais bien sûr ! que ce ne sont pas mes yeux matériels qui voient,
Ni non plus mon corps matériel, mais bien entendu ! qui aime, qui marche, qui rit, qui crie, qui embrasse, qui procrée.

...

 

 Oh ! l’espace, saisir sa réalité !

Qu’elle n’a pas de frontières, l’universelle plénitude,
S’unir d’un jaillissement avec le ciel, le soleil, la lune, les nuages fuyants.

 

...

 

Mon âme, mon âme suprême, écoute !
Connais-tu les joies de la méditation ?
Connais-tu le coeur solitaire mais joyeusement libre, sa tendresse dans la nuit ?
Connais-tu le plaisir de suivre un route orgueilleusement seul, même lorsque pèsent à l’esprit souffrances et déchirements ?
Connais-tu le plaisir angoissant des débats intimes, les rêveries grandioses fertiles en extases ?
La pensée de la Mort, des sphères du Temps et de l’Espace ?
Les prophéties d’amours idéales, d’essence plus pure, l’épouse divine, la douceur du camarade à l’inaltérable perfection ?
À toi toutes ces joies mon immortelle, on âme ! leur récompense te revient.

Aussi longtemps que je vivrai en maître de ma vie, non son esclave,
Aussi longtemps que j’affronterai la vie dans un esprit vainqueur,
Jamais de mauvaises brumes, jamais l’ennui, jamais les plaintes ni les critiques excoriantes,
Mais aux rudes lois de l’air, de l’eau, du sol cherchant critère incorruptible pour mon âme profonde
Je ne laisserai aucun gouvernement étranger me soumettre à son joug.


...

 

M’embarquer à la mer !
Je veux tellement quitter ce sol insupportable,
Tellement quitter l’usante monotonie des rues, des maisons, des trottoirs,
Tellement te quitter terre compactement immuable, oui monter à bord d’un vaisseau,
Lever l’ancre, mettre à la voile, à la voile !

Je veux que désormais la vie soit un grand chant de joies !
Je veux danser, battre des mains, exulter et crier, sauter, bondir en l’air, me rouler par terre, surtout flotter, flotter !
Car je serai marin du monde partant pour tous les ports
Car je serai bateau (avez-vous vu mes voiles, déployées au soleil et à l’air ?),
Navire vif cales gonflées d’une précieuse cargaison de paroles et de joies.

 

 

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WALT WHITMAN

 

 

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Photographie Thierry Raynaud

https://thierry-raynaud.com/

JOEL GRENIER ...Extrait

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Il posa sur la plume blanche d'un oiseau qui venait des rêves une goutte de rosée, ronde comme la larme d'un enfant. Il en apprit le nom et l'aima très fort ! Et les mots sont venus s'écrire dans le ciel au milieu de l'ondée. Quelques nuages sages en trouvaient les rimes.
Pourquoi a-t-il séché d'un revers de manche, l'émotion qui tombait sur sa page blanche ? Le verbe des nuages ne savait où aller.
Alors il fredonna un chant de la mer, un air de printemps que les oiseaux de retour traversèrent, des mots plein les plumes et les promesses en averses.
Un poème tout neuf se posa sur la page, le temps d'une césure, et s'envola tout là-haut là haut où passent les oiseaux qui laissent leurs plumes. La mer en versa une larme d'écume.

 

 

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JOËL GRENIER

 

 

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PLUME3,

JOEL VERNET...Extrait

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L'essentiel est très peu, vous n'imaginez pas. Moins épais que l'aile d'une libellule, que la lumière éclairant votre parole. Moins lourd qu'un murmure, la nuit, le long d'une rivière, murmure de l'eau entre les pierres. Murmure de la nuit dans la nuit. On a beau me raconter n'importe quoi, m'offrir en partage les idées les plus savantes, mon cœur ne croit qu'en une chose, invisible, impalpable, fuyante, insaisissable, qui nous laisse sans mot. Une chose dont je tairai le nom car il est trop grand, trop beau et, en cela, si naïf. Je tairai ce nom infini qui hurle à la folie dans mon sang. Il ressemble à ces êtres que l'on croise dans les vastes parcs des hôpitaux, assis ou déambulant, chantonnant ou silencieux comme des momies. Ils n'ont tracé aucune route pour leur vie. Ils recherchent un chemin à tâtons, dans les ténèbres. En cela, je leur ressemble. Je remonte à grand peine du fond d'un puits et seul me guide ce rond de lumière au-dessus de mon crâne, cette trappe d'azur, ce bleu grâce auquel j'espère et j'échappe.

 

 

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JOËL VERNET

 

 

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LA VIE BUISSONNIERE...Extrait

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« Quand je regagne la chambre, j’entends grincer le vieil escalier de l’enfance, celui qui me fit tout comprendre, sans ajouter le moindre mot, la moindre phrase, m’ouvrant d’un seul coup à la vie immense, celle qui naît ici, à partir du point le plus minuscule : une ruelle, un visage, une façade, un oubli, un souvenir, quelques lignes, une phrase, des voix, oui, surtout des voix dont ma vie fut d’écrire un chapitre façonné par le lointain et le proche, l’aventure de l’inconnu. Je ne saurai jamais tout ce que ces voix m’ont dit, murmuré, mais monte en moi leur inoubliable musique, une forme de secret dont le cœur, seul, peut toucher la vérité, comme l’aile d’un oiseau qui nous frôlerait le visage, s’envolant dans l’azur, emportant avec lui ce que l’on ne saura jamais dire. Je reste là, sur le seuil d’un jardin, muet dans la lumière du soir. »

 

 

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JOËL VERNET

 

 

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LES PAS DE L'EAU...Extrait

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Ecoute c'est l'oiseau le plus lointain du monde qui chante

Je n'ai jamais vu la haine de deux peupliers.
Je n'ai jamais vu un saule vendre son ombre à la terre.
Et gratuitement l'orme offre sa branche aux corbeaux;
Partout où frémit une feuille, s'épanouit aussi le bourgeon de l'ardeur
L'ivresse d'un pavot m'a baptisé déjà dans le vertige du devenir

Ιl ne nous appartient pas de percer le mystère de la rose.
Nous ne pouvons à la rigueur
Que nous baigner dans la magie de la fleur.
Dresser notre tente par-delà le savoir.
Ou tremper notre main dans le sortilège d'une feuille.
Et nous mettre ensuite à la table du banquet.
Et à l'aube, quand se lève le soleil, renaître à nouveau,
Donnant libre cours à nos exaltations.
Arrosons de fraîcheur la perception de l'espace,
De la couleur, de son et des fenêtres.
Et laissons filtrer le ciel entre les deux syllabes de l'Être.
Vidons et remplissons nos poumons du souffle de l'éternité.
Allégeons le dos frêle des hirondelles du fardeau du savoir.
Enlevons leur nom aux nuages,
Aux platanes, aux moustiques, à l'été.
Et empruntant les traces humides de la pluie,
Gravissons les hauteurs de l'amour.
Et ouvrons la porte à l'homme, à la lumière, à la plante, à l'insecte.

Et peut-être devons-nous poursuivre
L'appel de la Vérité
Entre l'immémoriale vision du lotus
Et l'actualité de notre siècle.

 

 

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SOHRÂB SEPEHRI

traduit du persan
par Daryush Shayegan

 

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SOHRAB

INTRANSITIVE

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Fille de collines, boumiane, chèvre sur les cailloux. C’est une pas jeune, pas vieille, une rétive, l’ourlet défait aux mûriers et aux rêves. C’est la sauvage qui parle aux arbres, brûle son ombre à midi, neige et fleurit dans le même geste. C’est la vigne au tournant des sols secs, la brindille de chemin, l’étincelle sur la meule, le sable dans la roue, l’adventive racine sur le haut du mur, qui surprend toujours. Quand je l’aperçois, je lance quelques mots, le temps qu’elle me voie déjà elle s’éloigne. Intransitive. Inconvenante aux terribles rigueurs, incroyante aux totales ferveurs, elle marche aux brûlots d’aubépines dans la force et la confiance de ses pas. Elle scrute le soleil et connaît l’étoile. Elle dit qu’aimer est sa seule raison.

 

 

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ILE ENIGER

http://insula.over-blog.net/ 

 

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JOEL VERNET...Extrait

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« J’aime ces aubes silencieuses, quand le monde paraît à l’arrêt, en sommeil, son vœu étant peut-être que nous le contemplions durant un bref instant. Le voir, en effet, sans le piller, est-ce cela notre humble tâche ? Il nous attend chaque jour, mais personne ne vient à lui, ne le contemple plus, alors il s’efface, emportant ses haillons, son absolue splendeur ».

 

 

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JOËL VERNET

 

 

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ANNA MARIA CARULINA CELLI

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Ne me lis pas au pied de la lettre
Ni à sa tête
Tu pourrais croire que je fus pétrie dans le noir
Que tu n'as rien pu faire
Ou que tu n'as rien fait
Quand je me dissolvais en larmes
Qu'âne bâtéà bras le corps
Je tirais des chariots de lourdes stèles et d'amphores
Emplies de vins frelatés
De cendres d'hosties et de poussière de morts
Depuis longtemps je sais que je n'ai pas pris ton visage
Seulement l'effroi
De l'enfant froissée
Grimpé comme un lierre sur mon image
Par lequel mes traits se sont pliés
Rentré comme secret dangereux
Au plus profond des yeux
Bien malin qui saura en déraciner le serpent
Bien sot qui croira en avoir déroulé le ruban
Je suis enroulée dans un fil barbelé
Etonnante endurance d'un être malmené
La main qui frappe sa victime en apnée
Cogne à la porte d'une maison vide
Si la queue du scorpion n'était aussi enragée
L'oeil aveugle de la bête se fendrait
Derrière l'arbre qui cache la forêt
La figure du souffre-douleur
Le scrute hébété
Comme on regarde quelqu'un qui meurt
Lui qui déjà est de l'autre côté
Du haut miroir brisé
Regarde-toi! lui murmure-t-il
Regarde tes débris, tes éclaboussures
Regarde ce trou en plein dans le mille
Ce caveau où peu à peu tu descends
Les phalanges brisées sous le gant
Les jambes coupées dans tes chaussures
Quand tu m'auras agonie d'injures et de parjures
Au bord de mon cratère, tu t'effondreras
Je vois et sais ce que tu ne vois et ne sais pas
Tu finiras dans l'une de ces amphores
Que je traîne derrière moi
Mon héritage mortuaire
Ne me lis pas au pied de la lettre
Ni à sa tête
Hier, tu m'as vu penchée
Sur les coutures du passé
Je me suis piqué le doigt avec l'aiguille
J'ai eu mal, tu l'as vu
Tu es resté sur ton trône froid
La lèvre marmoréenne
Mes eaux perlaient sur ton impénétrable peau
Dans ton foyer, on ne voit pas trembler de flammes
Mais tu sais comment sont les poètes
Avec leurs fleurs coupées aux cordes des lyres
Ne me lis pas au pied de la lettre
Ni à sa tête
Peut-être à sa lampe tempête
Dans l'obscurité
A son esprit qui s'est fait chair
Se déchirant dans les colères
Surtout au fruit caché de son gynécée
Aurais-tu besoin de me lire
Si tu m'avais écoutée?

 

 

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ANNA MARIA CARULINA CELLI

 

 

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ANNA

VOUS AVEZ VOLE MES RÊVES....GRETA THUNBERG