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LA LETTRE DU SIXIEME SENS

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Ma lettre portée par ellipse
a demandé aux mots
toutes voiles fermées
de prendre le poids de l’oiseau
en plein vol
de rendre rapport d’écriture
et de déraison
de mélodie d’extravagance
Même en me trompant de parcours
mêlant la longue syncope des arcs-en-ciel
aux phrases séquestrées des réverbères
je n’ai toujours eu qu’un seul galop
la phrase mutilée
l’ordre des vertébrés
Celui qui crie trop fort
n’entend pas l’orage déchiré de ta bouche
dans ma vie qui se défait et se refait
comme une chevelure
Celui qui ne crie pas assez
n’entend pas la voix du silence
c’est à mourir de rire!
les hommes n’ont plus de couilles
mais des légendes
des blessures miaulantes
J’ai remis vois-tu
mon vêtement de marginalité
Je vais encore dans le sens des miroirs
Le temps que j’habite n’a pas de portes.
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GOERGES CASTERA
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quatr

 

PARTIR

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Il prend son baluchon, un bonnet de vent et des mots en écharpe.

au fond de sa poche, une bille, un parfum, une ivresse
et la douceur fanée d’une joue de grand-mère.

 

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LUCIE PETIT

 

 

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PETIT2

 

 

 

LUCIE PETIT...Extrait

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Le linge abandonné sur le piano boude dans ses plis.
La partition boit son odeur fraîche d’eau et de savon.
Les notes, soudain réveillées, s’envolent,
se posent sur le fil tendu au jardin et donnent
une leçon de musique aux fourmis.

Dans ce tohu-bohu, le chat soupire, la mère console,
et le temps, inconscient, fuit comme un fou
emportant dans sa hâte un pétale de rose.

 

 

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LUCIE PETIT

 

 

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PIANO2

LUCIE PETIT...Extrait

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...


Parfois le soir on a le cœur à la brume

les roses sont couchées

l’absence ne sent rien

il y a trop de sable derrière les portes


on cherche dans les armoires des bras qui se referment

on ne trouve que des manches flottantes

c’est le froid qui pénètre jusque dans la musique qui pleure


alors on se blottit sous la couverture d’un livre

on part dans les paysages d’un autre

dans un autre voyage

ces mots tièdes essaiment germent dans les sillons anciens du bonheur

on se retrouve dans l’entêtement d’un regain un peu plus au Sud

 

 refuge

 

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LUCIE PETIT

 

 

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marcel rieder 3,

Oeuvre Marcel Rieder 

 

 

 

EMMANUEL DJOB - GEORGIA ON MY MIND

LETTRE AUX HOMMES VIEUX

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Port-au-Prince

1er décembre 1945

 

Je me fais grâce, messieurs de toutes vos formules patinées en prenant l’arme dangereuse de la plume, pour vous écrire tout ce que j’ai sur le cœur. Je le sais, messieurs, vous êtes de ces Compétences, de ces Expériences, de ces Excellences, qui reprennent volontiers le mot de Louis XIV : «  Que diront nos neveux… ? » Eh bien ! voilà, j’en suis un, je crois et je vous envoie cette lettre que le camelot criera et jettera au vent aigre du temps, vers tous, vers les Hommes Vieux comme vers les beaux  Jeunes Hommes. Certes, j’affirme que les hommes ne peuvent qu’être jeunes ou qu’être vieux sans moyen terme.

Je vous vois déjà décliner vos âges et certains même, comme de vieilles coquettes nous disent : «  Je suis encore bien conservé, dis… ? » Mais nous ne sommes pas des gigolos. Nous connaissons, nous sommes au regret, tous vos rhumatismes intellectuels, toutes vos maladies de cœur. Nous les voyons dans les effluves maladives de l’air que vous avez respiré, dans la marche inexorable des temps malgré vous tournés contre vous. Dans les chemins que vous avez suivi où vous demeurez plantés, infirmes et vermoulus, végétation de mal augure. Vous êtes certes des Excellences, des Compétences, nous le savons puisque vous êtes nés centenaires et nous ne sommes pas fâchés d’entendre dire que nous sommes des Impertinences, des Impudences, des Suffisances…Merci…

Non, mon trouble n’est pas à moi et j’ai le droit de le lier à celui des populations souffrantes du globe. Je vous vois déjà affirmer « simple effet de la guerre ». Non, je corrige, la guerre plutôt un simple effet, effet des gelées blanches et des lunes rousses de la Réaction contre les forces jeunes qui germinent.

Vous voulez le Monde Traditionnel ? Nous voulons le Monde Rationnel.

Vous affirmez la répétition de l’Histoire ? Nous affirmons l’évolution dialectique de l’Histoire.

Vous cherchez la vérité dans les vieux livres millénaires ? Nous la montrons par la Science appliquée à la Vie et aux Sociétés dans le grand livre ouvert de la réalité mondiale.

Ah ! oui messieurs nous sommes Non-Conformistes. Vos barbes tremblent devant les affirmations de la conscience moderne. Ce n’est plus l’affirmation d’une élite caste comme toutes les autres. La conscience moderne n’est plus une conscience d’élites mais une conscience de masses.

Vous affirmez, messieurs les Hommes Vieux, la particularité de la situation haïtienne, nous affirmons l’identité des situations humaines. Vous avez peur de notre Humanisme, et en Art par exemple quand nous révélons des beautés nouvelles, vous crachez sur ce que nous considérons comme les seuls Autels. Nous vous scandalisons n’est-ce pas ? Mais toutes les beautés nouvelles ont apparu au début comme des scandales. L’Art nouveau sera une des oriflammes de notre Non-Conformisme.

Vous voulez nous amadouer en renouvelant les Dogmes endormeurs. Ils sont tous coupables de Recel. Nous affirmons que l’essentiel de la méthode scientifique est acquis pour toujours. Pour la première fois les énergies spirituelles ne s’égareront  pas dans l’empirisme et dans la fantaisie.

Vous nous menacez des dangers cosmiques avec lesquels vous jonglez. Nous sommes armés aussi, car la seule arme du monde, c’est la vie dans les jeunes Hommes. A votre opposite, nous récusons les prophètes, mais nous voyons dans les lois matérielles du monde les signes qui marquent la fin des cycles historiques traditionnels.

Je sais qu’en  réponse vous nous lancerez  à gorge folle vos jappements réactionnaires,  après nous, après moi qui ai osé…Mais il me plaît d’entretenir cette correspondance. Je ne suis qu’un Homme Jeune qui souffre de la vieillesse du monde que vous entretenez et je suis agité par la certitude des déploiements futurs…

Au revoir, messieurs, je joins à ces troublantes vérités, tous les vœux que peut avoir à l’égard des Hommes Vieux.

 

                                                            Jacques La Colère

PS : A bientôt

                                                                       

La Ruche le 7 décembre 1945

 

 

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JACQUE STEPEHEN ALEXIS

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Stephen_Alexis 

 

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jacques stephen alexis2

Jacques Stephen Alexis

LA MAISON DE CLAUDINE...NAISSANCE DE COLETTE LE 28 JANVIER 1873

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"Quand je t'ai mise au monde, toi la dernière, Minet-Chéri, j'ai souffert trois jours et deux nuits. Trois jours, ça paraît long... Mais je n'ai jamais regretté ma peine : on dit que les enfants, portés comme toi si haut, et lents à descendre vers la lumière, sont toujours des enfants très chéris, parce qu'ils ont voulu se loger tout près du cœur de leur mère, et ne la quitter qu'à regret..."

 

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COLETTE

 

 

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colette (1,)

Colette

 

 

LA SORCIERE...Extrait

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« La Sorcière n’a d’amis que ses songes, ne cause qu’avec ses bêtes ou l’arbre de la forêt. Ils lui parlent ; nous savons de quoi. Ils réveillent en elle les choses que lui disait sa mère, sa grand-mère, choses antiques, qui pendant des siècles ont passé de femme en femme. C’est l’innocent souvenir des vieux esprits de la contrée, touchante religion de famille, qui, dans l’habitation commune et son bruyant pêle-mêle eut peu de force sans doute mais qui revient et hante la cabane solitaire.
Monde singulier, délicat, des fées, des lutins, fait pour une âme de femme. Dès que la grande création de la Légende des saints s’arrête et tarit, cette légende plus ancienne et bien autrement poétique vient partager avec eux, règne secrètement, doucement. Elle est le trésor de la femme, qui la choisie et la caresse. La fée est une femme aussi, le fantastique miroir où elle se regarde embellie. »
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JULES MICHELET
1862
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CONTRATTO D'AMORE / CONTRAT D'AMOUR

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Come da accordi ho smesso d’amarti
come da contratto a partire da oggi
non ti sognerò più
non penserò più a te sospirando alla luna
la luna a sua volta smetterà di ridermi in faccia
non tormenterò povere indifese margherite
strappando loro i morbidi petali bianchi
non camminerò solo per la città

temendo e sperando di incontrarti per caso

riandando ai luoghi dei nostri primi baci.
Come da accordo contrattuale
sarò gentile e pacato
sorriderò quando qualcuno mi parlerà di te
e non attenterò alla vita dei bastardi infami
che già ora hanno iniziato a corteggiarti.
Contrattualisticamente in accordo
con le leggi vigenti mi impegno
a smettere di scriverti poesie d’amore
o almeno diminuire
a scalare
che tutto in un colpo è pericoloso.
Smetterò poi di desiderare
il tuo corpo morbido e profumato.
Giuro infine che ti farò da amico
saggio e fedele che detta così
sembra un cane
ma vedrai funzionerà.

A te solo chiedo
di non credere a una parola
di ciò che hai appena letto

 

 

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Comme convenu j’ai cessé de t’aimer
comme stipulé dans le présent contrat à partir d’aujourd’hui
je ne rêverai plus à toi
je ne penserai plus à toi en soupirant à la lune
la lune à son tour cessera de me rire au nez
je ne tourmenterai pas de pauvres marguerites sans défense
en arrachant leurs doux pétales blancs
je ne marcherai pas tout seul dans la ville
craignant de te rencontrer par hasard et l’espérant
en revenant sur les lieux de nos premiers baisers.
Comme convenu dans ce contrat
je serai gentil et paisible
je sourirai quand quelqu’un me parlera de toi
et je n’attenterai pas à la vie des infâmes bâtards
qui ont d’ores et déjà commencéà te faire la cour.
Contractualistiquement en accord
avec les lois en vigueur je m’engage
à cesser de t’écrire de poésies d’amour
ou au moins à arrêter
par palier
car tout d’un coup c’est dangereux.
Je cesserai ensuite de désirer
ton corps doux et parfumé.
Je te jure enfin que je te servirai d’ami
sage et fidèle même si dit comme ça
on dirait un chien
mais tu verras ça marchera.

Je te demande seulement
de ne pas croire un mot
de ce que tu viens de lire.

 

 

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GUIDO CATALANO

https://www.terreaciel.net/ 

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Dorina Costras,

Oeuvre Dorina Costras 

 

LE GOÛT DU SEL - TITI ROBIN, NURIA ROVIRA SALAT, ATIKA TAOUALIT

NURIA ROVIRA SALAT - CARAMBA

ANNA MARIA CARULINA CELLI...Extrait

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Est-ce de mon enfant l'ennui
Dedans
Qui m'a laissée en proie aux fantaisies
Je cherche des histoires
Dans la nuit noire
Et même lorsque la lumière des jours
Écrase les images
À grands coups de tambour
Je vois le long des brèches
Aux contours d'une ombre qui s'oublie
Un visage accroché au mur
Une petite route sur un paysage
Des cœurs de pierre roulant au fond des torrents
Des signes mystérieux creusés dans les galets
La pâte feuilletée de la vie
Je marche la tête en l'air
Tandis que là-haut les nuages
Sur d'éphémères pages
Me font voir du pays
Suspendue aux épaves
Je marche les yeux au fil des trottoirs
Posés sur un bout de papier
Noyé dans une flaque
Qu'une main a noirci
De ses pensées secrètes
Et qui s'est envolé par quelque fenêtre ouverte
Je guette une expression
Une conversation qui me frôle l'oreille
J'emboite soudain le pas
À un passant qui ne m'est rien
D'autre qu'intriguant
Que l'ombre d'un instant
Je suis
Pour savoir ce qu'il fait
Qui il est
Pour le perdre de vue
Parce qu'il faut perdre
Tout un jour
Alors je m'habitue
J'imagine à travers ces fantômes
Des existences partagées
Des masques que je voudrais prendre
Je trébuche sur une marche
Me cogne contre une vitre
Par où je voulais entrer
Attirée par le pépiement d'un essaim ailé
Je joue à chat perché
Tombe dans les escaliers
C'est la douleur qui m'enlève
À mes rêves éveillés
Et malgré mes bosses et mes plaies
Je m'échappe à nouveau de la réalité
Pour revenir à mes danses
De bohème, de poèmes
Est-ce tant d'ennui dans l'enfance ?

 

 

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ANNA MARIA CARULINA CELLI

 

 

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Hiroko Otake2

 

Oeuvre Hiroko Otake

ALEXO XENIDIS...Extrait

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Tout se détraque,
Quelquefois il faut peu de temps, le bébé juste né devient
Bleu
Ce qui n'est pas une couleur du catalogue homologué
Il est en conséquence classé au rebut, arrosé d'eau de javel
Pour qu'aucun misérable ne vienne le voler
Quoi, j'abuse ? Regardez ces marchés où des parents viennent revendre
Leurs petits adoptés, chats caractériels, nous avons fait ce que
Nous avons pu mais il lui faudrait un jardin où s'ébattre et nous
Sommes en appartement
Tout se détraque, tout, dès la première seconde, Ô Maman,
Tu me pousses, tu voudrais t'en aller,
Toi et moi quelle brève rencontre
La vie est un parcours fait pour que se détraque tout, tout le monde,
Que ce qui est vivant ne le soit plus qu'à moitiéà un quart presque plus
Que tombent tes dents tes cheveux tes seins ton ventre
Tes illusions et tes amours que tombent ces rideaux qui te cachent
Combien tout le décor est rapiécé, combien déjà la pièce de théâtre
A déjàété jouée, que des acteurs poussifs ânonnent en bafouillant
La Femme, l'Amant, le Mari, le Placard,
Tout, tout toi se détraque depuis l’initiale, depuis le premier mot
Le premier sentiment, rouage après rouage, pivot après pivot,
Les engrenages sautent et tu revis dix fois les mêmes catastrophes,
Pignons usés, ressorts cassés, tout se détraque, le cœur en soubresauts
Autour le monde n'est pas mieux ses enfants bleus dans les poubelles
Historiques des morts de froid les consciences à l'abri, détraqué,
Détraqué, et si de temps en temps l'un ou l'autre s'arrache à cette mécanique
Et crie Au secours À moi Réunissons-nous Battons-nous
Il retombe
Vite, emporté par la vie qui détraque, casse, use, déglingue,
Rend l’amante frileuse et l'ami craintif, et la poésie rose
Pour rassurer, les fleurs les feuilles et les branches, fanées,
Le cœur qui ne bat plus que pour se battre encore contre l'obsolescence
Ne cherchez plus le sens
De la vie
Je l'ai trouvé je vous l'offre
Je ne sais pas si vous aimerez ce cadeau
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ALEXO XENIDIS
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Max Gasparini

Oeuvre Max Gasparini

JOHANN JOHANNSSON - FLIGHT FROM THE CITY FROM ORPHEE

GEORGES STEINER ... Extrait

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Dans l'esprit reposait le germe de mon corps.
L'esprit a introduit dans mon corps
Les yeux sensibles,
Afin qu'à travers eux je regarde la lumière des corps.
L'esprit a imprimé dans mon corps
Sensibilité et pensée,
Sentiment et vouloir,
Afin qu'à travers eux je perçoive les corps
Et agisse sur eux.
Dans l'esprit reposait le germe de mon corps.
Dans mon corps gît le germe de l'esprit.
Or, je veux incorporer dans mon esprit
Les yeux suprasensibles,
Afin qu'à travers eux je regarde la lumière des esprits.
Et je veux imprimer dans mon esprit
La sagesse, la force et l'amour,
Afin qu'à travers moi agissent les esprits
Et je deviendrai de leurs actes
L'instrument conscient de lui-même.
Dans mon corps gît le germe de l'esprit.
Dans les purs rayons de la lumière
Luit la divinité du monde.
Dans le pur amour pour tous les êtres
Luit le divin de mon âme.
Je repose dans la divinité du monde.
Je découvrirai être moi-même
Au sein de la divinité du monde.

 

 

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GEORGES STEINER

 

 

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ESPRIT CORPS

 

ISSUR DANIELOVITCH DEMSKY ALIAS KIRK DOUGLAS ...HOMMAGE

CHRISTIAN ARJONILLA...Extrait

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Étoiles et poussières auront voyagé
Pour que des mots effleurent les mains et les yeux
Tel éphémère mirage paraît la vie
Quand le poète est de ce monde il s'y confronte
Aux signes aux lois visibles et invisibles
Aux tyrannies du vertige et du provisoire

 

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CHRISTIAN ARJONILLA

 

 

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christian arjonilla,

Oeuvre Christian Arjonilla

 

 

 

 

GRAEME ALLRIGHT...HOMMAGE

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" Le poète est retourné pour de longues années dans le néant du père.

Ne l'appelez pas, vous tous qui l'aimez.

S'il vous semble que l'aile de l'hirondelle n'a plus de miroir sur terre, oubliez ce bonheur.

Celui qui panifiait la souffrance n'est pas visible dans sa léthargie rougeoyante.

Ah! beauté et vérité fassent que vous soyez présents nombreux aux salves de la délivrance! "

RENE CHAR

 

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Le temps est loin de nos 20 ans
Des coups de poings, des coups de sang
Mais qu'à cela n'tienne, c'est pas fini
On peut chanter quand le verre est bien rempli

Buvons encore une dernière fois
À l'amitié, l'amour, la joie
On a fêté nos retrouvailles
Ça me fait de la peine, mais il faut que je m'en aille

Et souviens-toi de cet été
La première fois qu'on s'est saoulé
Tu m'as ramenéà la maison
En chantant, on marchait à reculons

Buvons encore une dernière fois
À l'amitié, l'amour, la joie
On a fêté nos retrouvailles
Ça me fait de la peine, mais il faut que je m'en aille

Je suis parti changer d'étoile
Sur un navire, j'ai mis la voile
Pour n'être plus qu'un étranger
Ne sachant plus très bien où il allait

Buvons encore (buvons encore)
Une dernière fois (une dernière fois)
À l'amitié, l'amour, la joie
On a fêté nos retrouvailles
Ça me fait de la peine, mais il faut que je m'en aille

J't'ai raconté mon mariage
À la mairie d'un petit village
Je rigolais dans mon plastron
Quand le maire essayait de prononcer mon nom

Buvons encore (buvons encore)
Une dernière fois (une dernière fois)
À l'amitié, l'amour, la joie
On a fêté nos retrouvailles
Ça me fait de la peine, mais il faut que je m'en aille

Je n'ai pas écrit toutes ces années
Et toi aussi, t'es marié
T'as trois enfants à faire manger
Mais j'en ai cinq, si ça peut te consoler

Buvons encore (buvons encore)
Une dernière fois (une dernière fois)
À l'amitié, l'amour, la joie
On a fêté nos retrouvailles
Ça me fait de la peine, mais il faut que je m'en aille

Buvons encore une dernière fois
À l'amitié, l'amour, la joie
On a fêté nos retrouvailles
Ça me fait de la peine, mais il faut que je m'en aille
(encore)

Buvons encore une dernière fois
À l'amitié, l'amour, la joie
On a fêté nos retrouvailles
Ça me fait de la peine, mais il faut que je m'en aille
Ça me fait de la peine, mais il faut que je m'en aille

 

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GRAEME ALLRIGHT

 

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BERNARD PERROY...Extrait

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Chaque jour
je me tenais prêt,

je guettais l'heure où les eaux s'ouvriraient
aux mouvements de la lumière,

où les eaux mêleraient leurs courants
aux multiples lueurs célestes

nimbées d'or et de soie bleue

avant que la nuit ne vienne me submerger
par l'averse silencieuse de ses étoiles...

 

 

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BERNARD PERROY

 

 

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hiroko otake4,

Oeuvre Hiroko Otake

UN CHANT AUX PAS D'OISEAU

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Faut-il se dépouiller jusqu'à ce rien, cette racine nue,
Ce trait de l'aube où le soleil se lève ?
Mais ce sera de nuit,
Les eaux du fleuve n'auront pas fini de nous dérouter
Quand, soudain, quelques mots, à peine un souffle :
Nous nous reconnaîtrons de ce pays
Dont le nom est hissé au faîte du silence.

L'instant d'avant, tout était noir : l'ombre, l'oubli ;
Mais déjà se dessinaient de grands signes inconnus dans les paumes de l'attente ;
Le poème faisait provision de nocturnes lueurs, de bruissements d'ailes,
D'instants fragiles pour se donner.

Il était là, posé, au bord des lèvres du matin,
Sans bruit et sans éclat,
Incertain encore de la joie qui naîtrait.

Avec lui laissons-nous gagner par la confiance des forêts,
Par le feu des clairières !
Choisissons les rives de l'intranquillité !
N'ayons pas peur de descendre, de ne plus rien comprendre,
Ni de plonger sans retour dans les sillons de l'obscurité !

Il règne en soi un pays de fête, d’improbables ouvertures
Dès que nous laissons le vent aller où il veut,
S'engouffrer dans nos terres tourmentées,
Soigner nos peurs et nos douleurs,
Apprivoiser nos lisières étranges, réveiller nos émerveillements.

Pour que l'azur soulève nos rideaux,
Pour que le ciel se penche à la fenêtre,
Il faut nous reposer, traverser les digues de l'ennui,
Cesser de nous affairer :
Il arrive alors qu'au seuil de l'inconnu,
Les premiers mots d'un chant aux pas d'oiseau
Viennent se poser sur la margelle du jour.

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 JEAN LAVOUE

le 17 février 2020

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Kostis Moudátsos, Katerina Dramitinoú

 Oeuvre Kostis Moudátsos, Katerina Dramitinoú