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Channel: EMMILA GITANA
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ET TOI...

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Et toi, pendant que je dormais,
oùétais-tu parti ?
Quelle fable d'oiseau
détournais-tu de ma bouche ?
Pour quel poème
et pour quel avenir ?

Parce qu'il nous avait été donné
de ne connaître rien
que la disparition de toute réponse,
nantis du seul génie de la solitude,
nous courûmes en avant de nous
pour distribuer aux indigents
le souvenir immaculé de la tendresse.

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MIMI KINET

 

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ph

 

 

 

LE MARIN ABSENT...Extrait

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Et je remercie la douleur vive et quotidienne,
qui me donne des racines pour voir que tout est plénitude,
douceur et cercles lumineux,comme mes yeux, la rose, les soucis du jardin,
la terre, le soleil, la lune, les étoiles,
et enfin arriver du martyre à cette paix,
celle d'être debout devant la vérité des choses.

....

I dono gràcies al viu dolor quotidià,
que em dona rel per veure que tot és plenitud,
suavitat i lluminosos cercles,
com els meus ulls, la rosa, les calèndules,
la terra, el sol, la lluna, les estrelles,
i arribar del martiri a aquesta pau
d'estar dret davant coses vertaderes.

 

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BLAI BONET

 

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CO

 

 

 

 

 

 

CARACTERE ET CARACTERES

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La lâcheté (car le tissu du caractère, selon ce qu’il a été fait, selon surtout ce qu’on en fait, est plus ou moins serré) n’a rien à voir avec l’intelligence. Je dirai même que plus ses fils sont écartés, plus elle est évidente et plus ils sont brillants ; mais elle est lâche. Et plus elle est intelligente, plus elle laisse passer de choses par ses trous sans en avoir idée, comme un filet tout occupé du fil et du nœud de ses mailles, que la richesse de ses prises détourne de penser à ce qu’il peut avoir perdu, ou manqué tout au moins, qui pourrait bien être l’essentiel. Le courage, qu’on a coutume de mettre à l’opposé bien qu’il ne soit pas juste le contraire, le courage, tel qu’il est, ne vient pas de la tête mais du cœur, qui se disent d’ailleurs l’un et l’autre du même mot. Je prétends même que le vrai courage fait que souvent la tête suive le cœur, qu’elle abandonne tout à coup son intelligence et ses idées jusque dans la lumière péremptoire où elles baignent pour écouter plutôt confusément quelque chose de vague, par-dessous. S’appliquer difficilement à avancer dans cette demi-ténèbre, communier sans éclat avec elle, mais entièrement. Faire comprendre à quelqu’un combien il peut avoir tort, parfois tragiquement, d’avoir raison. Laisser parler l’analogie. J’espère n’avoir jamais permis à une image de me faire dire autre chose que ce qu’il y avait ; et je suis presque certain de n’avoir jamais laissé aucune image parler de moi, ou seulement de mon idée. Donc pas de symbolisme. Aucune parabole. Il existe un point délicat, mais certain, où les deux se rejoignent, ne font qu’un. La poésie commence là. Une authenticité où la sincérité n’a presque plus de part ; où elle n’entre, pour l’exprimer plus exactement, que dans la mesure où, sans se démentir ni se quitter, elle n’a plus guère à s’occuper d’elle-même que pour se reconnaître et se faire à la vérité apparue. Pas d’auteur. On ne devient poète que si l’on entre dans un domaine d’où l’on sait que ce qu’on peut dire a beaucoup moins d’importance que le lieu d’où cela parvient, et que toute la force d’une écriture est dans l’élan qu’elle a pour y retourner ; qu’il n’y a pas de talent dans l’autre sens, et que le plus haut génie est la fluidité de cette flamme, la transparence de cet écho, une fidélité suffisamment virile pour supporter la poussière et les embruns des maladresses inévitables. La perfection est là : une surprenante pureté d’obéissance de la rugueuse, de l’indomptable imperfection. Le disparate en contemplation d’une invisible unité. Des notes étouffées, mais qui rejoignent la musique en laissant tout à coup l’instrument derrière elles. Parce qu’il y avait un lieu. Et non point parce qu’il y aurait eu un moment. C’est une permanence, et tous les moments conviennent ou en tout cas sont nécessaires pour la rejoindre.

         La plupart des très grands poètes se sont avancés un peu plus loin qu’eux-mêmes avec les mots, et ils n’avaient pas tort puisque le verbe, en se rapprochant de sa source, avait soudain plus de force qu’eux-mêmes et les y entraînait. Ils arrivaient mourants devant la porte et lui demandaient le passage que leur génie, parfois a obtenu, ou que celui du verbe leur a donné. Toutefois ils sont morts dans l’hésitation et souvent dans la rage. Leur génie, trop adroit, ne leur rendait pas leur personne ; et alors comment faire ? Baudelaire, l’une des plus riches intelligences françaises, enfermé dans son aphasie ; Nerval, l’une des plus douces, entre les dents de la folie ; Rimbaud, l’une des plus aiguës, trafiquant d’armes en Abyssinie ; Lautréamont dans la fureur, scellé dans cet anonymat irrespirable où il cherche son souffle comme au fond d’une tour sans fenêtre. Qui encore ? Il est inconcevable qu’un ange, au bord de ce gouffre, ne les attendît point pour les porter sur l’autre bord, où le cœur si souvent était allé rejoindre les mots qui leur étaient venus, – au prix de quels déchirements, dans la musique de quels orchestres de douleur ? Il faudrait lire un peu plus pieusement les poètes ; c’est trop leur faire injure que de les réciter, de vanter leurs beautés ; il faudrait, sinon les suivre tout à fait, du moins se pencher un peu plus sur les chemins de leur courage. Et la France aujourd’hui, qui ne les lit plus du tout, est devenue un pays infect, desséché.

         L’irrationnel a ses raisons, qu’il est indispensable de connaître, de pressentir en tout cas fréquemment. Mais c’est un enfantillage de vouloir le mettre à la place de la raison comme l’ont prétendu faire les Surréalistes. L’irrationnel est un océan, le rationnel une île. C’était une architecture de pure logique qui aboutissait ainsi à la déification, logiquement abstraite de ce contraire, lui-même parfaitement abstrait. Car ce contraire n’existe pas. L’irrationnel est une donnée, dont l’étendue est immense, et la raison est un moyen, dont les possibilités sont assez réduites et méritent de gagner en élasticité, en souplesse, tout en se nuançant au contact des horizons qu’au départ elle ignore.

 

                                          La logique indolente des analogies

                                          Contourne la raison, l’assiège et la réduit

                                          Sans jamais assaillir ses tours de forteresse ;

                                          Et quand elle s’éloigne, c’est en la laissant

                                          Dans l’illusion d’une victoire heureuse et claire,

                                          Qui pourtant se défait dans son architecture

                                          Comme la majesté d’un soleil triomphal

                                          Recule devant l’ombre et lui cède la place.

                                          L’ombre, et non pas la nuit, telle une mince source

                                          Où monte une fraîcheur, disparaît sous la mousse,

                                          Et pourtant la nourrit. Ainsi va la pensée,

                                          Portant plus loin son onde en cercles concentriques.

 

         Il ne s’agit pas d’être juste. Il n’en est pas question. Il s’agit de n’être pas faux. Une pensée, si elle paraît juste, ne l’est jamais que par rapport à elle-même et devient un mensonge par rapport à tout ce qu’elle n’a pas embrassé. C’est ce baiser qui compte. Ce geste d’amour. Et c’est pourquoi, pour peu qu’un être vivant s’inquiète assez pour mesurer l’étage auquel nous vivons aujourd’hui, exactement comme elle l’était à l’origine du monde et maintenant que nous touchons à sa fin, la poésie devrait être le seul langage. Elle l’est effectivement et rien n’est plus facile à comprendre, puisqu’elle commence seulement à parler où tous les autres langages se taisent, et qu’elle a d’abord tout pensé, ou presque tout, avant que de se mettre à dire quoi que ce soit. Un coup de poing. Une caresse. L’imperceptible enjambement d’une imperceptible apparence. Un quelque chose d’un peu plus près, d’un peu plus ou un peu moins là peut-être qu’où l’on avait pris l’habitude de le croire, nous découvrant timidement un ici qui n’est pas le nôtre, mais véritablement le sien. Et sa chanson. Le seul langage, parce qu’en y mettant toutes les ressources et les vertus, l’énergie et la passion du verbe déployé, il repose sur le silence et conduit au silence : l’unique élément naturel et surnaturel de ce monde contre lequel le monde se soit furieusement acharné, soit implacablement mobilisé de toutes parts, déchaîné, enchaîné : le seul point d’unanimité sur lequel l’activité terrestre ait jamais pu parvenir à approcher d’aussi près la perfection du miracle, portant le relatif jusqu’aux portes de l’absolu à force de multiplier et de redémultiplier ses entreprises de destruction. Le silence, qui est le lait de la beauté et l’unique berceau de l’amour, la patrie de la sainteté. – Combien vous vous êtes gâté le goût de vivre, si toutefois vous en avez encore le courage, vous pouvez aisément le mesurer à l’état de vos relations actuelles avec le moindre silence qui risquerait de vous laisser en face de vous-même. La plupart des contemporains ne peut même plus le supporter. N’importe quoi, pourvu qu’on ne rencontre pas l’instant où surviendrait cette image devant nous. L’horreur. La fuite. La lâcheté. Une fureur de ne pas vivre, mais de bouger. Une terreur panique, lancinante, multiforme, mais de quoi ? De ce rien, vide ou plein, qui n’a d’autre réalité que sa seule et muette présence, rien que sa tranquille simplicitéà la fois grande ouverte et inanalysable. Nous, les forçats de la complexité ! Ce grain de ciel, il n’y a pas assez de fenêtres pour s’en défaire au plus vite, pas assez de poubelles pour le jeter.

 

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ARMEL GUERNE

 

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nathalie magrez;;;;;;;

Photographie Nathalie Magrez

 

 

 

 

JEAN JOUBERT

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(...)

N'y aurait-il alors que cette voix profonde
perçue jadis dans la forêt d'enfance
et le jardin d'amour et la rivière
et la seule maison vive dans la mémoire
où les femmes tissaient les mots de la légende :
voix venue de temps immémoriaux,
passant de bouche en bouche
et qui, dans le brouillard, nommaient les dieux,
car tout alors baignait dans l'absolue beauté
de leur présence.
Et ils couraient dans les moissons,
mangeaient le pain,
dormaient sur notre paille,
tendres et familiers.
C'est en musique désormais que leurs voix
et la voix des femmes se prolongent
et s'efforcent vers nous,
vers l'espérance de nos coeurs.
Et c'est alors qu'il faut saisir,
aimer, bercer cette parole
dans la naissance du poème.

 

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JEAN JOUBERT

 

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jeux-interdits

Film " Jeux Interdits "

 

 

 

UNE VIE BOULEVERSEE...Extrait

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Je voudrais n'écrire
que des mots insérés
dans un grand silence

Comme cette estampe
avec une branche fleurie
dans un angle inférieur

Quelques coups de pinceaux
délicats
et tout autour
un grand espace

Non pas un vide
disons plutôt
un espace inspiré

Si j'écris un jour
et qu'écrirai-je au juste
je voudrais tracer ainsi
quelques mots au pinceau
sur un grand fond de silence

 

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ETTY  HILLESUM

 

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achille-lauge

Oeuvre Achille Laugé

 

LE CHEMIN SANS CHEMIN

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 Nous croissons comme les arbres ;
Nous croissons non pas à un seul endroit
Mais partout ;

 

Non pas dans une direction,
Mais tout autant vers le haut,
Vers le dehors que vers le dedans
Et vers le bas.

Notre force opère à la fois dans le tronc,
Dans les branches et dans les racines.

Il ne nous appartient plus
De faire quelque chose séparément,
Ni d'être quelque chose de séparé.

 



 

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FRIEDRICH NIETZSCHE
 
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NN
 
 
 
 
 

 

 

 

 

LE FOR INTERIEUR...Extrait

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Et moi, de l'arbre, je tiens l'ancrage
en terre ancienne, fanges, pierriers,
argiles, limons et craies,
strates d'humus odorant.

Mes racines forcent schistes et calcaires :
doigts puissants poussant loin leur prise
et leur appui, suscant la vie
à l'oeuvre au noir du magma.
Fécondes ténèbres, obscur travail souterrain,
gestation.

Je dure, et je m'accrois.


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COLETTE NYS-MAZURE

 

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ooo

 

 

 

 

 

LAISSE ICI TON BAGAGE D'ESPOIR

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Laisse ici ton bagage d’espoirs,
De peurs secrètes, de ténèbres,
Tes oripeaux d’enfance, tes ferveurs,
Et tous les morts qui t’accompagnent
De leurs paisibles voix aimées.
Tu dois poursuivre seul,
Lourd de tes mots, de tes silences,
Sans autre recours que ton dénuement,
Pour mesurer ta vie
A l’abandon des êtres et des rêves,
Pour que ton âme s’illumine
De ce qu’elle a quitté.

Ce qui est écrit sur la pierre
Ne t’apprend rien que tu ne saches.
Méfie-toi de ces mots qui voudraient
Te parler de toi. Ils sont leurres.
Ce qu’ils cherchent à dire
Demeure en deçà des paroles.
Fouille en toi plus profond,
Jusqu’à cette lueur qui tremble
En ce miroir embué de ténèbres
Où ton visage dort encore.
Ne désespère pas, tout est si proche,
Ta lumière ici fait silence.

Toutes les routes sont promises
A qui les rêve sans les voir.
L’une s’ouvre à tous les voyages,
L’autre avec toi s’enfonce au coeur du temps,
La troisième fait don d’une enfance
A celui qui n’en avait plus,
Une autre encore à l’errance t’incite
Vers une terre en friche où naisse enfin
L’espoir sous la parole et toute paix
Dans le regard des hommes.
Tu t’inventes, les yeux fermés,
Le seul chemin qui ne mène qu’à toi.

Ce que le monde te raconte,
Préserve-le comme un secret
Scellé sous l’écorce de la chair.
Au fond de tes yeux veille encore
L’innocence du premier regard.
Chaque syllabe en toi fait don
De sa lumière au jour qui la suscite
Et, d’un souffle, renait pour mourir
D’une autre vie, d’elle-même jaillie.
L’été, la nuit, tout t’habite à jamais,
La neige, le galet, l’oiseau perdu
Et cette flaque où le ciel nu respire.

 

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PIERRE GABRIEL

 

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L'AIR DU POEME

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L’air du poème
la voix prise dans le feu
me voici sans mot

 

me voici trace
là– où ne demeure que la foudre -
de toi séparée avant le commencement
avons-nous partagé la lumière
quelle éclaircie tourmente nos braises ?
sommes-nous gouttes d’eau échappées de l’orage
ou poussières dans la tornade du temps ?
sur le linteau de la nuit
nous sommes cueillis d’ivresse
au bas de nos pensées
se saisissent les rêves
le soudain accompli du nuage
où se revêtent les choses sans nom
affranchies de l’enfance
seuls nous sommes seuls
et mêmes et étrangers
et tes mots sur mes lèvres
s’écorchent jusqu’au livide
le soleil s’invite à la fenêtre des nuages
et le ciel
et la berge
et la marche
et le seuil du chemin
ressemblent aux mots des poèmes

 

il y a les mots
les ombres des mots
les lumières
les lueurs des mots
les cris
les chuchotements
les mots tendrement ouverts
les mots envolés des lèvres
comme des ailes pliées
comme des fenêtres ouvertes
comme des rivières où naissent les âmes
les mots tombent comme des fruits mûrs
comme des feuilles
comme l’herbe rouge et bleue
plus tard
quand les feuilles noircissent
la peau des rêves
le soir descend des étoiles
une autre langue parle
les mots du chemin et de la forêt
dans toutes les langues
marchent sur l’invisible
c’est ta main dans la mienne pleine de paroles
de terres nouvelles d’eaux souterraines
et la terre te fait signe depuis la lune
fragment de ciel
et d’invisible
le poème absolu
s’ouvre du désir premier des lèvres
trouée de rêve où seules chantent les mains.

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NICOLE BARRIERE

 

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E

Oeuvre E.  Marque

 

 

 

 

 

NICOLE BARRIERE

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 Descendre dans la langue de l'ange
s'insoumettre à la nuit de l'époque
s'envoler vers les cerfs de lumière
être du signe des bergers
traverser d'amour
la gorge blanche des solitudes.

Arbrisseau qui boit la pureté matinale
Reprends le fruit d’autrefois
La pluie amène des résurrections


Éloigne l’épars et le sacré
Oublie l’éclair
Et sur les sentiers de foudre,
Nomme le feuillage.


Enchaîné, le cœur chante deuil
Seuls meurent les livres
Solitaires,
Feux arbres gravés de doute


Requérir l’inexprimable
Accéder au feu
Endurer l’irrésistible refus
Transgresser son sursis


La rose en son déploiement
Souffle des nuits
Éclos de nous


Hors la mort
Nous chanterons comme les oiseaux
La clairière des abandons


Matière sèche du bonheur
Le mot inaltérable
Remet son innocence à l’abîme


Nus fascinants entre infinis
Jouir de la liberté du soleil
Entre oppression et Mal


Garde la chaude écriture du soleil
Entre les murailles de terre
Lignes engouffrées du chagrin des fleurs
La marge courte de ta clarté en chemin
Nos cahiers d’émeute percutent les lignes
Inquiétent le regard
Offrent l’insouciance :
Rêver et attendre la sève inconnue de l’espoir.


Etre enchainé d’attente
Rayonner hors la chair
Lire haletante les défis de la phrase


Flancs déchirés de l’improbable
Nous pleurons les amants
Dans le torrent des rêves


Offre la trace à cet oiseau de nuit
Invente-lui un ciel accompli
Gel immortel à la fenêtre où il bat


Arbrisseau qui boit la pureté matinale
Reprends le fruit d’autrefois
La pluie amène ses résurrections


Éloigne l’épars et le sacré
Oublie l’éclair
Et sur les sentiers de foudre,
Nomme le feuillage.


Enchaîné, le cœur chante deuil
Seuls meurent les livres
Solitaires,
Feux gravés de doute

 

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NICOLE BARRIERE

 

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VVV

 

 

 

 

 

 

ETOILE DE BOIS

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 A l'orée de la grande forêt couverte d'oiseaux
La petite fille attendait, des dentelles de fleurs
Mêlées à ses cheveux par la malice du vent
Elle attendait l'arrivée de l'autobus des fées
Celui de huit heures et quart, ombres des chênes
Lierre espiègle en embuscade, souches soucieuses
Il avait du retard, lumière verte par-dessus le bois
Lumière des arbres tordant leur écorce, feuilles
Il apparut enfin sur ce chemin léché de mousses
S'arrêta près d'elle, emmitouflé de musiques
Pétillant de lucioles acrobates, joyeusement épuisé
Elle monta parmi cette troupe farceuse
Les branches autour tricotaient une écharpe de brises
L'insolite véhicule redémarra, toussant des formules bizarres
Une crème de fougère déroulait son tapis sur le talus
Monté par une kyrielle de crapauds ébahis
Les fées semaient leur magie alentours
Nobles chênes, frênes poètes charmant des merles
Troncs crépitant des tribus de capricornes, songe du mulot
Arrêt devant l'école, la petite fille descendit, pouf
Sourires et rêveries, rose robe de pétales, grâce
Et dans son cartable, la petite étoile de bois.  



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SYDNEY SIMONNEAU



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fee

 

 

 

 

D'OU VIENT-ELLE ?

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Mais d'où-vient-elle en grand secret

Mais où naît-elle la désirée

oui c'est de l'onde de l'eau du vent

la voie profonde qui nie le temps

intemporelle c'est elle l'aile

lissant le chant

 

Quelle est sa cible quel est son but

Les coeurs sensibles en sont férus

Car elle balade en liberté

De cantonades en murmuré

Intemporelle c'est elle l'aile

pour s'envoler

 

Mystérieuse ou triste ou gaie

la cajoleuse et sa pagaie

rame vers l'âme et dit bonjour

je suis la larme du chant d'amour

Intemporelle c'est elle l'aile

du bel atour

 

Salut Princesse O chantourlée

Dans la grand-messe d'humanité

tu te faufiles en organdi

tissée d'un fil de paradis

intemporelle c'est toi cette aile

toi mélodie

 

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PHILIPPE FORCIOLI

http://sitephilippeforcioli.free.fr/moilesmots.htm

 

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LA DESI

 

 

 

 

 

 

RESIDENCE SUR LA TERRE ...Extrait

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Les jours ne peuvent être écartés ni ajoutés, ils sont

abeille

qui ont flambé de douceur ou qui ont durci

leur aiguillon : la joute se poursuit

et les voyages vont et viennent du miel à la douleur.

Non, on ne dénoue pas le filet des années : point de filet.

D’un fleuve, elles ne tombent pas goutte après goutte,

point de fleuve.

Le sommeil ne divise pas la vie en deux moitiés,

l’action non plus, ni le silence ou la vertu :

la vie aura été comme une pierre, unique mouvement,

unique flèche, active ou lente, un métal qui

monta et descendit en brûlant dans tes os.

 

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PABLO NERUDA

 

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neruda

 

 

 

 

MAISONS BLEUES

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 Je connais des maisons dont le silence est le fruit. Ce sont des maisons couleur d’octobre. Leur présence a longuement mûri comme pierres au soleil. Leurs murs se sont déployés sous les saisons. Leurs ardoises bleues se sont offertes aux pluies d’encre et aux écritures lichens. Leurs cheminées ont lentement fumé le ciel. Leur crépi s’est ridé. Et leurs portes savent ce que s’ouvrir veut dire.

Hameaux oubliés
Quel mot vous réveillera
Dans notre mémoire ?

(...)

Je connais des maisons vieilles, dont les regards bleus butent sur des falaises nouvelles.
(…)
Ces maisons usées se blottissent les unes contre les autres, frissonnent. Résistent. Parfois, l’une d’entre elles s’endort et ne se réveille plus, accrochée à des « je me souviens » en lambeaux.
Dans les entrailles de ces falaises, quelqu’un qu’on ne voit jamais rit d’un rire de béton…

Plus rien d’inutile
Aucune place au hasard
Est-ce un nouveau monde ?

 

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PATRICK JOQUEL

 

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Oeuvre Suzi Philippe

 http://fr.upside-art.com/artists/001337-suzi-philippe

 

 

 

 

LES AMANTS DU FRAGILE...Extrait

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 Ce qui a valeur d'étincelle

Je l'engrange en moi-même

 

Comme un poème à m'éblouir

Une femme en amande dans ma rivière

 

Ne me demandez pas le sens de mes caresses

Ni le tremblant du verbe aimer

 

L'amande est bien plus que le fruit

Et l'étincelle dépasse de ma poche

 

Même déchiré

Le poème est toujours trop grand

 

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MARC BARON

 

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marc

 

 

 

 

LETTRE DE PAUL - EPÎTRE AUX CORINTHIENS

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Quand je parlerai les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas l'amour, je ne suis qu’un airain qui raisonne ou une cymbale qui retentit. Et quand j'aurai le don des prophéties, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j'aurai même toute la foi jusqu'à transporter les montagnes, si je n'ai pas l'amour, je ne suis rien.

 

L'amour est patient, 

Il est plein de bonté.

L'amour n'est point envieux

L'amour ne se vante point,

Il ne s'enfle pas d’orgueil.

Il ne fait rien de malhonnête,

Il ne cherche point son intérêt,

Il ne s'irrite point,

Il ne soupçonne point le mal.

Il ne se réjouit point de l'injustice, mais il se réjouit de la vérité.

Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout.

L’amour ne périt jamais.

 

Les prophéties prendront fin, les langues cesseront, la connaissance disparaîtra. Car nous connaissons en partie et nous prophétisons en partie, mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaîtra.

Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Lorsque je suis devenu adulte, j'ai fait disparaître ce qui était de l'enfant. Aujourd'hui nous voyons au moyen d'un miroir, d'une manière obscure, mais alors nous verrons face à face; aujourd'hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j'ai été connu. Maintenant ces trois choses demeurent : la foi, l'espérance et l'amour. Mais la plus grande de ces choses c'est l'amour.

 

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SAINT-PAUL

 

 

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Oeuvre Elena Kotliarker

 

 

PASSANT DE LA LUMIERE...Extrait

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Le passereau est un passer-moineau, un petit oiseau de l’ordre de ceux qui passent et traversent, fuselés, la vie précaire.

 

Le passereau est éphémère, il est passe-fleur, passiflore, passionné comme l’anémone qui vibre en plein vent d’étincelles.

 

Ses poumons sont d’oiseau éphémère, les bronchioles se ramifient dans le tissu pulmonaire, le traversent et se prolongent par des sacs aériens qui sont tissus d’or et de songes dans le souffle des nuages.

 

Le passereau passe le souffle dans le syrinx de son chant comme message d’un ciel si proche et comme essor de passage.

 

Volatilia, matière volatile évaporée dans la fibre du monde, il vole dans l’obscurité de la nuit comme dans la clarté du jour.

 

Il taille dans les ailes et les airs jusqu’à trouver la forme juste d’un anniversaire de feuilles.

 

Il est le souffle de la nuit qui se heurte contre la paroi des fleurs.

 

Il tourne tout autour de la table des morts et, en veillée funéraire, s’inscruste dans le vitrail.

 

Son oeil de verre rouge irise la couleur.

 

Sur la neige ne demeure que l’étroite empreinte de sa fine patte de passereau posée sur le mouron des tombes.

 

Il passe oiseau éphémère comme la précarité de l’amour.

 


Pour moi, le passereau est bleu, mais je ne sais pas trop sa couleur. Il est bleu comme l’oiseau d’enfance et souffre douleur d’amour.

Pour moi, le passereau est rouge, mais je ne sais pas sa couleur, ensanglanté des stigmates de pluie, il traverse les larmes.

Pour moi le passereau est gris, car je sais trop bien sa couleur. Il passe en glissade légère les ailes étendues, discret, il passe dans la vie précaire.

Et dans les plantes aromatiques, la myrrhe d’un étrange berceau, il passe et renaît, passereau, oiseau de cendre et de lumière.

 

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BEATRICE BONHOMME

 

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OISEAU2

 

 

 

 

 

 

HENRY BATAILLE

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« Je t'ai rêvée en la naïveté des choses,

  • Et j'ai parlé de toi aux plus vieilles d'entre elles,
    À des champs, à des blés, aux arbres, à des roses.
    Elles n'en seront pas pourtant plus éternelles,
    Mais d'elles ou de moi celui qui doit survivre
    En gardera quelque douceur pour ses vieux jours...
    Je m'en vais les quitter, puisque voici les givres.
    Tu ne les connaîtras jamais... les temps sont courts...
    Mais vous ne pouvez pas vous être indifférentes,
    Simplement parce que je vous ai très aimées...
    Ô les toutes petites et si vieilles plantes !
    Moi qui ne me les suis jamais imaginées
    Hors de leur sol natal, ce m'est un grand chagrin
    De savoir qu'elles mourront sans t'avoir connue...
    Elles ont des airs si résignés, si sereins,
    Et si tristes de ce que tu n'es pas venue!...
    Que mon cœur soit pour toi le grand champ paternel,
    Où si tu n'es pas née au moins tu dois mourir.
    Que je te plante en moi, germe de toute rose,
    Pour oublier que tu vécus ailleurs qu'en moi.
    Et tu passeras moins qu'ont passé bien des choses »
     
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    HENRY BATAILLE
     
     
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    achille-theodore-cesbron

    Oeuvre Achille Théodore Cesbron


     
     
     
     
     
     
     

 

CARNETS DE MARCHE...Extrait

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 Ivresses ivresse des montagnes prises dans les cimes du ciel ivresse des nuages
colporteurs
de lumière majestueuse beauté du vent le temps glisse crête du silence dense
d’éternité
ivresse moirée de l’épervier qui plane solitudes tremblées jusqu’àépuisement
de l’horizon
le grand vaisseau de la montagne fuit
Stèles dressées tout au long du sentier avant-coureur de rêve
murets de pierre ancrés à flanc de ravines ivresse d’Ariane le toit de lauzes
court
bel équarrissement de dalles dans les cistes équilibre aérien de lignes et de
formes
Franchiras-tu l’enceinte sacrée fouleras-tu silhouette fragile l’aire de terre
battue ? Une première porte une autre béant noir au-delà de l’enclos oseras-tu
t’avancer ? Tu restes droite sur le seuil tu tournes autour de l’antique demeure
tu t’élances éprise d’insolite inquiétude en un vol insensé transport infini de
ton être cerf-volant effacé dans la mort douce.

 


Je suis arbre. Arbre-sensation. Mon corps s’enracine. Mes pieds cherchent
appui dans la terre humide et s’enfoncent par-delà les premières couches
encore visibles au-dessus du sol. Mes doigts se mêlent aux doigts du chêne,
filaments et souches, tressages de végétaux, lianes et branchages invisibles à
l’oeil égaré dans le vide. Je m’enroule à la sombre intimité végétale. Je m’infiltre.
Chemin faisant, je creuse canaux et rigoles nécessaires à ma vie souterraine.
Je bois à grands traits l’eau qui gonfle le tronc dont je sens toute la puissance
au-dessus de moi. Des ruissellements ténus irriguent les membranes ligneuses
et les porosités, alimentent la sève. Je me coule dans l’arbre, me fonds à son
corps de silence et de vent. Je m’enivre à son parfum de girolle et de cèpe.
Je savoure la mousse de son suc. Je suis la source nourricière qui humecte
ses lèvres-feuilles. Et je m’élance. Je monte, silencieuse et sûre, le long de
ses veines herbues. Je me dédouble et danse dans l’air du soir. Une lumière
dorée filtre entre la ramure. Je suis oiseau et nid. Je me love entre les branches
les plus douces dans des courbes tracées par le temps. Je suis nid et oiseau.
J’écoute le chant de ceux qui gîtent dans la même ramée. Je me fais silence
pour entendre essaimer le vent.

 

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ANGELE PAOLI

http://terreaciel.free.fr/poetes/paoli.htm

 

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alcudina 2

 

 

 

 

 

 

 

LES AMANTS DU FRAGILE...Extrait

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(...)

En pleine nuit tu demandes ta route

Et l'on te montre les étoiles

 

Lève la tête

Pense à l'enfant qui grimpait dans les arbres

Pour savoir si le ciel se rapprochait de lui

 

Le vrai chemin s'ouvre aux sommets

A la parole fleurissante

Au regard qui augmente l'espace

 

Tu as du souffle maintenant

Tu as trouvé ta lampe

Tu vas gravir le monde et contempler

 

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MARC BARON

 

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CHEMIN Claudine Castaing-vergnol 1

Photographie Claudine Castaing Vergnol