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Channel: EMMILA GITANA
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RUCHES...Extrait

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S'il vous plaît
Refermez la chambre un moment
Que la folie du monde se taise
Que la vie soit plus belle que la vie
Que les anges vacillent dans la mouvance du désir
Que le baiser de la jeune mariée donne au ciel
Une aurore de santal et de sel
Que dure sur la mer immense
Eternelle
La traversée des innocences

Que la noce des arbres en pollens
Donne aux insectes
La déraison des sentiments
Un chemin de terre de pommes et de miel
Dans ces rues de marbre

Villages et lumières
Enroulés autour des collines
Printemps de Toscane

S'il vous plaît
Refermez la chambre un moment

 

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PATRICK CHEMIN

 

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Vladimir Makeyev,,

Oeuvre Vladimir Makeyev

 

 

PEAU DE LUMIERE

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La peau de lumière vêtant ce monde est sans épaisseur

et moi je vois la nuit profonde de tous les corps

identique sous le voile varié et la lumière de moi-même

c’est cette nuit que même le masque solaire ne peut plus me cacher.

Je suis le voyant de la nuit

l’auditeur du silence

car le silence aussi s’habille d’une peau sonore

et chaque sens a sa nuit comme moi-même

je suis ma nuit

je suis le penseur du non-être et sa splendeur

je suis le père de la mort.

Elle en est la mère elle que j’évoque

du parfait miroir de la nuit

je suis l’homme à l’envers

ma parole est un trou dans le silence.

Je connais la désillusion

je détruis ce que je deviens

je tue ce que j’aime.

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RENE DAUMAL

 

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DAUMAL

MON PAYS MON NAUFRAGE

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À Yann Orveillon,
« Voleur de feu » considérable.

 

le pays d’où je viens n’est d’aucune mémoire
et la mer en novembre y monte jusqu’aux bois
les maîtres de naufrages attendent sur les dunes
qu’un bateau étranger se perde dans les Passes

le pays d’où je viens a la couleur des lampes
que les enfants conduisent aux limites du sable
on y marche toujours au milieu des légendes
la trace des hommes s’y perd dans une Ville d’hiver

le pays d’où je viens a la douleur des landes
on y porte parfois des épaves insensées
Il y a des bêtes blanches à la lisière des eaux
et des forêts de feu près des océans morts

le pays d’où je viens a la blessure des rames
on y voit quelques fois des traces de passages
qui mènent à des marées mortes depuis longtemps
souvent les chalutiers battent pavillon noir

le pays d’où je viens est plein d’hommes de guerre
des maisons de ciment que l’on dit allemandes
tombent depuis toujours dans les océans gris
une femme m’y attend et toujours m’y conduit

en face de Saint-Yves lors de la messe en mer
des prêtres sur les vagues jettent des pains de sang
tandis que des enfants en uniformes noirs
crèvent le long des plages des bans de méduses blanches

le pays d’où je viens efface les visages
une femme épuisée s’y retient de mourir
les nuits de l’équinoxe viennent des enfants seuls
plus vieux d’avoir vécu au fond des océans

le pays d’où je viens n’a jamais existé
un vieil enfant de sable y pousse vers le large
un bateau en ciment qui ne partira pas
le pays d’où je viens s’endort en chien de fusil

le pays d’où je viens est de mémoire allemande
un Casino Mauresque y brûle sous les eaux
une femme s’y promène au bras d’un étranger
le pays d’où je viens n’a jamais existé…

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TRISTAN CABRAL

 

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phil charpentier,,2

Oeuvre Philippe Charpentier

 

 

 

 

PABLO NERUDA

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Tu es au crépuscule un nuage dans mon ciel,
ta forme, ta couleur sont comme je les veux.
Tu es mienne, tu es mienne, ma femme à la lèvre douce
et mon songe infini s’établit dans ta vie.
La lampe de mon coeur met du rose à tes pieds
et mon vin d’amertume est plus doux sur tes lèvres,
moissonneuse de ma chanson crépusculaire,
tellement mienne dans mes songes solitaires
Tu es mienne, tu es mienne, et je le crie dans la brise
du soir, et le deuil de ma voix s’en va avec le vent.
Au profond de mes yeux tu chasses, ton butin
stagne comme les eaux de ton regard de nuit.
Tu es prise au filet de ma musique, amour,
aux mailles de mon chant larges comme le ciel.
Sur les bords de tes yeux de deuil mon âme est née.
Et le pays du songe avec ces yeux commence.

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PABLO NERUDA

 

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Vladimir Makeev 8

Oeuvre Vladimir Makeev

NERUDA

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En mi cielo al crepúsculo eres como una nube
y tu color y forma son como yo los quiero.
Eres mía, eres mía, mujer de labios dulces,
y viven en tu vida mis infinitos sueños.

La lámpara de mi alma te sonrosa los pies,
el agrio vino mío es más dulce en tus labios:
oh segadora de mi canción de atardecer,
cómo te sienten mía mis sueños solitarios!

Eres mía, eres mía, voy gritando en la brisa
de la tarde, y el viento arrastra mi voz viuda.
Cazadora del fondo de mis ojos, tu robo
estanca como el agua tu mirada nocturna.

En la red de mi música estás presa, amor mío,
y mis redes de música son anchas como el cielo.
Mi alma nace a la orilla de tus ojos de luto.
En tus ojos de luto comienza el país del sueño

 

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PABLO NERUDA

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Vladimir Makeev (13)

Oeuvre Vladimir Makeev

 

J0EL GRENIER

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Et soudain, la lumière s'allume qui jaillit de la nuit, on ne sait pas pourquoi. Et les mots s'alignent comme des portes dans les couloirs de l'errance. Il suffit d'en pousser une, toutes sont ouvertes, pour trouver le miroir où l'on se reconnait et souffler sur la glace la chaleur d'un coeur pour ouvrir une page vierge, feuille de buée.
Et le bout de l'index qui montre un chemin, dessine en tremblant une majuscule qui commence le voyage vers l'ailleurs.
Des gouttes d'eau en minuscule découlent, souvent éphémères. Elles cherchent la route des océans où elles se noieront dans les vagues de l'oubli.
Le dernier qui sortira éteindra la lumière !

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JOEL GRENIER

 

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coucher

 

 

LES SEPT PRENOMS DU VENT...Extrait

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 Chevauchez vagues chevauchez crêtes illuminées
                Sable et sel et craie et soleil
     Grande banque de larmes et ses branches de  sel
Chevauchez vagues roulez jusqu’aux horizons blêmes
               Cendres et sel et plaie et silence
Inlassable murmure immense émulsion des âmes en ténèbres
Braise bleue des vaisseaux enfoncés et des planches à croire
    Roulez vagues roulez vos épaules comme les hanches salées
             Braise et lune et craie et souffrance
Eclairez blanches les déchirures sournoise des ronces de rochers
  Les lumières assassines des naufrageurs aux dents d’ombre
Poussez la charrette hurlante des vents du nord des tempêtes
Roulez vagues hurlez sous le harnais du souffle d’épouvante
               Brume et amble et soie et soleil
Ombres cachées couchées au fond du froid au fond des ongles
     Jusqu’à l’aveugle folie des abimes où dorment celles
Qui ont exaucé les rêves de conquêtes les espoirs magellans
Celles aussi qui ont enfoncé le titanic et les barques de pêches
      Hurlez vagues hurlez entre leurs seins de sel éblouissez
                Sable et sel et craie et soleil
     Grand champ d’iris au jusant reposé parmi les algues
        Laissez-vous caresser par ce sable que vous saoulez
Avouez ce sel qui blanchit vos doigts écumants car voici
L’instant d’écrire aux rochers votre testament de craie
     Acceptez le soleil entre les plis creux de vos robes
Et chevauchez roulez hurlez éblouissez l’aube du temps
                    Soleil et craie et sel et sable
      Un monde retourné se défait entre les mains mouillées
      Comme une caresse à l’envers qui semble lasse et nue
Face à l’immense pulsation dont on ne sait rien d’autre
     Que ce qui bat sous la peau jusqu’au fond du silence
Jusqu’au sang chevauché interminable le jour la nuit le jour
                       Semble et pleine et salie et sable
La plage au matin délaissée les longs doigts bleus posés
Comme les vagues épuisées sur les épaules des sirènes
      Et le cœur est si las au bout des nuits de joues salées
Au bout des rêves hurlés roulés trop grands pour une vie
               Brune et tendre et sel et dormante
     Plus de montagnes pour lever les roses de l’horizon
  Plus qu’une longe posée sur le sol comme on se donne
Un cheval entre les bras quand sonne le cœur monte la houle
               Bleue et craie et tremble et brûlante
    Plus rien qu’un bouquet d’eau entre les doigts les cils
Et la soif d’y renaitre bientôt au jusant les aisselles en pluie
                       Soleil et crêtes et cris et tempêtes
              Comme on se laisse manger les paupières la nuit.

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ALAIN DUAULT

 

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duault

Photographie Emmila

ERIC CLAPTON - BB KING -Crossroads 2010 - Live

ARCHIPEL DE HAUTS KSOUR

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Sur la dune soyeuse
Où l’insecte a laissé une infime graphie,
L’aube avec l’ombre, au bord du monde, est connivence :
Glyphe diffus, toujours
Bleui de crépuscule, amplifié de nimbes
D’ambre pâle et d’or blond ... Le jour se fait regard,
Sur l’horizon lavé de brume imperceptible,
Dans l’azur nouveau né ... Parmi les tamaris
Grêles et purs, la tourterelle,
Cendrée de nuit, ne songe à s’affliger,
Captive du silence ... Un fleuve au loin se grave
Dans les gorges ; le ciel m’épelle une vallée
Choyée de fèves et de roses ;
Et la bonté de l’orient
Sur la face du monde avère toutes choses,
Au rêve migrateur compose un texte sûr ...

 

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TOUSSAINT MEDINE SHANGÔ

  " Des silences du soir "

http://www.toussaint-medine-shango.com/poemes_epars/4

 

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thami benkirane

Photographie Thami Benkirane

http://benkiranet.aminus3.com/

 

 

ELLE, PAR BONHEUR ET TOUJOURS NUE

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Pourvu que Pierre la regarde encore et encore et la fasse fleurir nuit après nuit, Marthe consent àêtre nue devant lui et prise, surprise, dessinée

            nue sur le lit juste après l’amour, voluptueuse encore, indolente, une main caressant le sein où le plaisir longuement s’étire,

            nue à demi enfilant ses bas et tournant la rouge jarretière, la jambe prête aux

pires écarts,

            nue aux bas noirs sous la lampe et plus que nue, la tête prise dans l’écume des

chemises, et livrées aux rougeurs,

            nue à la baignade, nymphe penchée sur le miroir d’eau,

            nue au tub se lavant, accroupie, à genoux, cassée,

            nue dans son bain longue sous l’eau verte, rêveuse,

            nue debout à sa toilette, en escarpins à talons hauts,

ou courbée,

s’essuyant une jambe, se coupant les ongles des pieds, nue et cambrée,

brûlant tout l’or du jour dans ses courbes

 

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GUY GOFFETTE

 

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Pierre Bonnard Marthe nue sur son lit,

Oeuvre Pierre Bonnard

GUY GOFFETTE

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Mais que cherchais-tu donc qui ne fût pas

le vent debout, ni le ressac d’enfance

dans les soirs gris, ni le redoublement

du vertige d’aimer

         

une autre terre que celle-ci, un autre

ciel, un autre temps ? Que cherchais-tu

sur la route que tu n’aies pas trouvé déjà

dans l’herbe familière

    

et déjà reperdu, bague de rosée ou signe

qu’un homme allant à son pas t’a laissé

sur la vitre avant de disparaître,

ouvrant les arbres

un puits où la lumière se nourrit de tes yeux.

 

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GUY GOFFETTE

 

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MEMOIRE

 

 

L'AUTRE COTE DU MONDE...Extraits

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« Orgasme ? orchestre ? organdi  ? Oriflamme ? Or pur de l’être, visité d’une immense sensation de lumière (…), et resplendissant – entre la plus grande unité d’être et la merveilleuse dispersion du lâcher prise, de la caresse de l’algue au cri des étoiles… »

.....

 

Tout ce qui a couleur de votre émoi, parcourant la terre, les mers et les infinis respirables qui nous sont donnés, traversant le jour et les nuits, portera à mes lèvres vos mots de lune, de souvenir et de solitude bleuis ; et ce murmure rendra à mes heures leur part d’éblouissement. »

 

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OLYMPIA ALBERTI

 

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olympia

 

 

PROPOS SUR LA NATURE...Extrait

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«... Ressentir d’une chose qu’elle est belle, comme nous le faisons sans que rien ne
nous y prépare ou encore moins oblige, c’est éprouver qu’elle éclaire plus loin qu’elle-même; c’est éprouver, à la fin des fins, qu’elle ouvre à n’en plus finir.
Par elle, je suis conduit vers la lumière qui a porté depuis des siècles tant de noms divins,
dont aucun n’est jamais parvenu à ne pas la voiler en partie

Par elle, je suis entraîné, comme par des sirènes non captieuses, dans un espace qui pourrait être de plus en plus ouvert ; comme il arrive qu’une main vous capture, vous entraîne, en
silence, horsdes plus sombres labyrinthes

Par elle pourrait commencer la réparation du plus haut ciel. A même la terre qui ne s’ouvrirait plus seulement à coups de bêches pour des tombes.

Paroles à la limite de l’ouïe, à personne attribuables, reçues dans
la conque de l’oreille comme la rosée par une feuille ...

....

 

...légère, frêle, presque invisible, apparemment sans force, exposée,
abandonnée, livrée, obéissante elle se lie à la chose lourde,
immobile; et une fleur s’ouvre au versant des montagnes. Cela est.
Cela persistecontre le bruit, la sottise, tenace parmi le sang et la
malédiction, dans la vie impossible à assumer, à vivre; ainsi,
l’esprit circule en dépit de tout, et nécessairement dérisoire, non
payé, non probant. Ainsi faut-il poursuivre, disséminer, risquer des
mots, leur donner juste le poids voulu, ne jamais cesser jusqu’à la
fin contre, toujours contre soi et le monde, avant d’en arriver à
dépasser l’opposition, justement à travers les mots qui passent la
limite, le mur, qui traversent, franchissent, ouvrent, et finalement
parfois triomphent en parfum, en couleur un instant, seulement un
instant...»

 

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PHILIPPE JACCOTTET

 

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Jean-Paul Neglot-Tolgen

Jean-Paul Neglot Tolguen

ENTRE LA LETTRE ET L'ESPRIT...EXTRAIT

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écrire c'est pouvoir s'exiler en toute liberté
j'écris pour ceux-là qui ne me liront jamais
des générations entières poussent ma plume
j'écris pour m'écouter pour me regarder penser
pour ne plus être l'étranger en ma demeure
pour exorciser les anges noirs de ma solitude
et apprivoiser la bête qui rugit dans ma tête
j'écris pour domestiquer le mystère des mots
sonder mon essence signifier mon existence
pour mettre le langage à poil et l'endoscoper
pour décrypter le code symphonique des mots
et vêtir ma substance d'images transparentes
j'écris pour me suivre à la trace me dépister
pour semer des petits cailloux de mémoire
pour me faire plaisir en buvant à mes eaux
j'écris pour être en amont de ce qui m'avale
pour faire vibrer la voix de ma vie intérieure
pour m'affranchir du quotidien mat et plat
j'écris pour volatiliser mon vertige de vivre
pour jouir de ma conscience d'être en vie
pour séduire petit à petit ma soeur la mort
écrire c'est armer les mots jusqu'aux dents
j'écris pour que mon cri refasse le big bang
j'écris pour entrouvrir la porte de l'éternité
j'écris pour donner une forme à mon néant
toute écriture est le testament de l'humanité
le socle de la démocratie c'est l'alphabet
l'alphabétisation de la planète tout entière
est le premier combat de toute démocratie
la démocratie deviendra une vraie réalité
quand tout le monde pourra lire et écrire
quand à la place des fusils et des canons
on donnera à tous les humains des crayons

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RAOUL DUGUAY

 

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ECRIRE

 

 

 

 

SOLEIL D'INSOUMISSION...Extrait

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Que pourrais-je vous donner de plus grand que mon gouffre ?
Etre lucide
C’est perdre connaissance
Etre libre
C’est perdre l’équilibre
Etre vengeur
C’est terrasser la vengeance
Etre intact
C’est terrasser l’évidence
Etre aux abois
C’est passer au-delà
Invincible est la détresse
De celui qui voit

...

Quand vous dites
Qu’il faut marcher avec ceux qui construisent le printemps
Pour les aider à ne pas être seuls
Et pour ne pas être seul soi-même
Dans sa tour de pierre
Dévoré de lierre
Je vous donne raison
Et quand vous dites
Qu’on n’a de raison d’être
Que pour les autres êtres
Vous avez raison vous avez raison

Et quand vous dites
Qu’il faut chanter le monde pour le transformer
Et pour l’expliquer et pour le sauver
Et pour vivre non seulement dans sa bulle de savon
Mais dans la haine de l’injustice
Et pour un but incarné comme un champ de blé
Vous avez raison vous avez raison

Mais je sais
Qu’une étreinte fraternelle sans patrie ni parti
Est plus forte que toutes les doctrines des docteurs
Mais je sais
Que pour libérer l’homme des haltères de misère
Il ne suffit pas de briser les idoles
Pour en mettre d’autres à leur place publique
Mais qu’il faut piocher et piocher sans fin jusqu’au fond de l’abcès
Et boire ce calice jusqu’à la lie

On ne libère pas l’homme de son rein flottant
Par une gaine élastique aux arêtes barbelées
On ne libère pas l’homme de son corset de fer
En le plongeant dans un vivier de baleines
On ne libère pas l’homme de ses maudits États
En le condamnant à vie par un modèle d’État

La vérité n’est pas un marteau que l’on serre dans sa main
Fût-ce une main de géant plein de bonne volonté
Mais la vérité c’est ce par quoi nous sommes façonnés
Mais la vérité c’est ce par quoi nous sommes éclairés
Quand par la nuit sans suite les mots jaillissent de nos lèvres
Pour apaiser les hommes suspendus à leur vide

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PAUL VALET

 

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PAUL

 

 

LE FOU D'ELSA...Extrait

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Il y a des choses que je ne dis à Personne Alors
Elles ne font de mal à personne Mais
Le malheur c'est
Que moi
Le malheur le malheur c'est
Que moi ces choses je les sais

Il y a des choses qui me rongent La nuit
Par exemple des choses comme
Comment dire comment des choses comme des songes
Et le malheur c'est que ce ne sont pas du tout des songes

Il y a des choses qui me sont tout à fait
Mais tout à fait insupportables même si
Je n'en dis rien même si je n'en
Dis rien comprenez comprenez moi bien

Alors ça vous parfois ça vous étouffe
Regardez regardez moi bien
Regardez ma bouche
Qui s'ouvre et ferme et ne dit rien

Penser seulement d'autre chose
Songer à voix haute et de moi
Mots sortent de quoi je m'étonne
Qui ne font de mal à personne

Au lieu de quoi j'ai peur de moi
De cette chose en moi qui parle

Je sais bien qu'il ne le faut pas
Mais que voulez-vous que j'y fasse
Ma bouche s'ouvre et l'âme est là
Qui palpite oiseau sur ma lèvre

Ô tout ce que je ne dis pas
Ce que je ne dis à personne
Le malheur c'est que cela sonne
Et cogne obstinément en moi
Le malheur c'est que c'est en moi
Même si n'en sait rien personne
Non laissez moi non laissez moi
Parfois je me le dis parfois
Il vaut mieux parler que se taire

Et puis je sens se dessécher
Ces mots de moi dans ma salive
C'est là le malheur pas le mien
Le malheur qui nous est commun
Épouvantes des autres hommes
Et qui donc t'eut donné la main
Étant donné ce que nous sommes

Pour peu pour peu que tu l'aies dit
Cela qui ne peut prendre forme
Cela qui t'habite et prend forme
Tout au moins qui est sur le point
Qu'écrase ton poing
Et les gens Que voulez-vous dire
Tu te sens comme tu te sens
Bête en face des gens Qu'étais-je
Qu'étais-je à dire Ah oui peut-être
Qu'il fait beau qu'il va pleuvoir qu'il faut qu'on aille
Où donc Même cela c'est trop
Et je les garde dans les dents
Ces mots de peur qu'ils signifient

Ne me regardez pas dedans
Qu'il fait beau cela vous suffit
Je peux bien dire qu'il fait beau
Même s'il pleut sur mon visage
Croire au soleil quand tombe l'eau
Les mots dans moi meurent si fort
Qui si fortement me meurtrissent
Les mots que je ne forme pas
Est-ce leur mort en moi qui mord

Le malheur c'est savoir de quoi
Je ne parle pas à la fois
Et de quoi cependant je parle

C'est en nous qu'il nous faut nous taire

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LOUIS ARAGON

 

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christian arjonilla

Oeuvre Christian Arjonilla

 

 

 

 

JASMINE - KEITH JARRET & CHARLIE HADEN

GARCIA LORCA...Extrait

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Je prononce ton nom

Au coeur des nuits obscures

Lorsque viennent les astres

Boire à l'eau de la lune

Et que dorment les feuilles

Des secrètes ramures.

Je me sens tout sonore

De passion, de musique,

Folle horloge qui chante

Les heures de jadis.

Je prononce ton nom

En cette nuit obscure

Et je l'entends sonner

Plus lointain que jamais,

Plus lointain que toutes les étoiles,

Et plus plaintif que le bruit de la pluie.

Pourrai-je un jour t'aimer

Comme je fis naguère?

Mon coeur, où est la faute?

Si le brouillard s'éclaire,

Aurai-je une nouvelle

Passion, tranquille et pure?

Ah, si mes doigts pouvaient

Vous effeuiller, ô lune!

 

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FEDERICO GARCIA LORCA

 

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flamenco

 

LE POLLEN DES JOURS....Extrait

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Au pays des mots les jardiniers plantent des arbres

Et cueillent aux branches les lettres pour créer des livres

Ce sont les fruits des mots qui nourrissent les hommes

Tandis que certains cultivent au gré des saisons le bois

Comme on sème au jardin les graines des nouveaux arbres

Le bûcheron des mots s'enfonce dans les forêts sombres

Du haut pays à la recherche des mélèzes des sapins et des hêtres

Dont les branches caressent en douceur les nuages d'argent

Ils bruissent et tremblent et pleurent de toutes leurs feuilles

La scie crisse meurtrissant de blessures l'écorce du tronc

Pour que le poète puisse en recueillir la résine du sens

Dans la chevelure des arbres s'élève un concert d'oiseaux

Sous les coups de sa hache les accrus des troncs s'envolent

Les elfes et les fées en sucent la sève au milieu des renards

Leurs graines de poésie se propagent comme pollen au vent

Et se déposent en bourgeons dans la mousse des coeurs

J'en garde quelques graines comme une poignée d'étoiles

Pour la femme que j'aime et quelques amis de plain-chant

Elles font de notre table un banquet de fête où l'on entonne

A chaude voix que la poésie vous garde le coeur vivant.

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JACQUES VIALLEBESSET

 

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JACQUES

 

 

 

 

 

 

 

L'ARPEGGIATA - Tarantella Napoletana