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DYALI

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pour L.S. Senghor

le pont de lianes s’il s’écroule
c’est sur cent mille oursins d’étoiles
à croire qu’il n’en fallait pas une seule de moins
pour harceler nos pas de bœuf-porteur
et éclairer nos nuits
il m’en souvient
et dans l’écho déjà lointain
ce feulement en nous de félins très anciens

Alors la solitude aura beau se lever
d’entre les vieilles malédictions
et prendre pied aux plages de la mémoire
parmi les bancs de sable qui surnagent
et la divagation déchiquetée des îles
je n’aurai garde d’oublier la parole
du dyali

dyali
par la dune et l’élime
convoyeur de la sève et de la tendresse verte
inventeur du peuple et de son bourgeon
son guetteur d’alizés
maître de sa parole
tu dis dyali
et Dyali je redis
le diseur d’essentiel
le toujours à redire
et voilà comme aux jours de jadis
l’honneur infatigable

Voilà la face au Temps
un nouveau passage à découvrir
une nouvelle brèche à ouvrir
dans l’opaque dans le noir dans le dur
et voilà une nouvelle gerbe de constellations à repérer
pour la faim pour la soif des oiseaux oubliés
de nouvelles haltes de nouvelles sources

et voilà
Voilà
Dyali

la patience paysanne des semences à forcer
et l’entêtement d’une conjuration de racines

à fond de terre
à fond de cœur
à l’arraché du soleil
blason

 

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AIME CESAIRE

 

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Tomasz-Alen-Kopera

Oeuvre Tomasz Alen Kopera

 

 

 

 

A HURLER

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Salut oiseaux qui fendez et dispersez le cercle des hérons
et la génuflexion de leur tête de résignation
dans une gaine de mousse blanche

Salut oiseaux qui ouvrez à coups de bec le ventre vrai du marais
et la poitrine de chef du couchant

Salut cri rauque
torche de résine
où se brouillent les pistes
des poux de pluie et les souris blanches

Fou à hurler je vous salue de mes hurlements plus blancs que la mort

Mon temps viendra que je salue
grand large
simple
où chaque mot chaque geste éclairera
sur ton visage de chèvre blonde
broutant dans la cuve affolante de ma main
et là là
bonne sangsue
là l’origine des temps
là la fin des temps

et la majesté droite de l’oeil originel.

 

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AIME CESAIRE

 

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mattias picard

Oeuvre Mattias Picard

ÂGE,VOYAGES ET PAYSAGES

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Rien ne ressemble plus à l’inspiration
Que l’ivresse d’une matinée de printemps,
Que le désir d’une femme.
Ne plus être soi, être chacun.
Poser ses pieds sur terre avec agilité.
Savourer l’air qu’on respire.
Je chante ce soir non ce que nous devons combattre
Mais ce que nous devons défendre.
Les plaisirs de la vie.
Le vin qu’on boit avec ses camarades.
L’amour.
Le feu en hiver.
La rivière fraîche en été.
La viande et le pain de chaque repas.
Le refrain que l’on chante en marchant sur la route.
Le lit où l’on dort.
Le sommeil, sans réveils en sursaut, sans angoisse du lendemain.
Le loisir.
La liberté de changer de ciel.
Le sentiment de la dignité et beaucoup d’autres choses
dont on ose refuser la possession aux hommes.

J’aime et je chante le printemps fleuri
J’aime et je chante l’été avec ses fruits
J’aime et je chante la joie de vivre
J’aime et je chante le printemps
J’aime et je chante l’été, saison dans laquelle je suis né.

 

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ROBET DESNOS

 

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CATHERINE CARBONNEL2

Oeuvre Catherine Carbonnel

 

 

LEILA ZHOUR

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Je suis éprise d'une libertéétrangère

venue d'ivresses anciennes

Elle m'apporte le poivre de plaines sorcières 

où tout ce qui pousse est fleur de brûlure

J'ai croisé sa route et l'ai suivie

 

Des choix s'offrent toujours

baisers de feu 

à chaque tentation pour n'en ignorer aucune

 

Les bras couverts d'un duvet de rapace 

Mon ventre couvert d'écailles 

à l'ouest de mon âme je m'étire

où le regard échappe à l'horizon

 

Je suis éprise de ce qui n'est à personne

pauvreté folle - de l'or entre mes mains

J'en fais des trésors pour aimer

 

Je suis éprise de ce qui n'a ni prix ni maître

mon cœur m'échappe 

toujours plus proche du vide

à chaque pas plus libre

 

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LEÏLA ZHOUR

 

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GUY DENNIG

Oeuvre Guy Denning

 

 

HORS JEU...Extrait

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C'est une absence qui nous accompagne
un vide
qui nous approfondit

c'est l'ombre
qui a pouvoir d'éclairement
et mûrit le silence à la lueur des sèves

c'est un aria inapaisé
la voix troublante dans sa nudité
l'accord irrésolu

qui portent l'invisible chant
au cœur
de notre incomplétude désirante.

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GILLES BAUDRY

 

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ARC EN CIEL NUAGE2

LECON DE CHOSES

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La pensée brève et le cœur en chemin s’exercent à voir, à entendre, à toucher… Nos pas s’étonnent des bavardages du gravier, des bourgeons découverts à l’ombre d’un rosier, des notes volatiles qui fusent du buisson, d’un silence sans cesse àéclore dont les profonds gisements sous-tendent notre marche, tandis que ton nom berce les fibres de nos êtres, les recouvre de sa tendresse, aime en nous ce qui ne peut comprendre,

ce qui ne se dispose qu’à goûter…

 

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BERNARD PERROY

 

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Joanna Kossak,

Photographie Joanna Kossak

ROKIA TRAORE - GUENDE - MALI

POEME A CRIER...Extrait III

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...

Tu vas
ainsi à tous pareille
tu vas ainsi que vont les hommes
franchissant lentement
ce qu’ils espèrent eaux calmes
et n’est qu’entraves
et pièges.

Arbres parmi les arbres puissants
ils recherchent
l’étreinte
ils nouent leurs questions
à d’autres questions.
Ils ne sont parfois qu’une toute petite voix d’enfance
toujours étonnée
 toujours apeurée.

Le poète se trompe !
Il n’y a pas de source
dans les regards
ni d’anges
si ce n’est de pierre.

Il n’y a pour toi
que ce jeu infernal
d’ombres et de lumière
il n’y a que toi
qui cherches
et te déchires,
ennemie de toi plus que les autres.

...

.

 

AGNES SCHNELL

 

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GUY DENNING 3,

Oeuvre Guy Denning

 

 

 

LES SOUFFLES

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Ecoute plus souvent
Les Choses que les Etres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Ecoute dans le Vent Le Buisson en sanglots :
C’est le Souffle des ancêtres.

Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :
Ils sont dans l’Ombre qui s’éclaire
Et dans l’ombre qui s’épaissit.
Les Morts ne sont pas sous la Terre :
Ils sont dans l’Arbre qui frémit,
Ils sont dans le Bois qui gémit,
Ils sont dans l’Eau qui coule,
Ils sont dans l’Eau qui dort,
Ils sont dans la Case, ils sont dans la Foule :
Les Morts ne sont pas morts.

Ecoute plus souvent
Les Choses que les Etres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Ecoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots :
C’est le Souffle des Ancêtres morts,
Qui ne sont pas partis
Qui ne sont pas sous la Terre
Qui ne sont pas morts.

 
Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :
Ils sont dans le Sein de la Femme,
Ils sont dans l’Enfant qui vagit
Et dans le Tison qui s’enflamme.
Les Morts ne sont pas sous la Terre :
Ils sont dans le Feu qui s’éteint,
Ils sont dans les Herbes qui pleurent,
Ils sont dans le Rocher qui geint,
Ils sont dans la Forêt, ils sont dans la Demeure,
Les Morts ne sont pas morts.

 
Ecoute plus souvent
Les Choses que les Etres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Ecoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots,
C’est le Souffle des Ancêtres.

 
Il redit chaque jour le Pacte,
Le grand Pacte qui lie,
Qui lie à la Loi notre Sort,
Aux Actes des Souffles plus forts
Le Sort de nos Morts qui ne sont pas morts,
Le lourd Pacte qui nous lie à la Vie.
La lourde Loi qui nous lie aux Actes
Des Souffles qui se meurent
Dans le lit et sur les rives du Fleuve,
Des Souffles qui se meuvent
Dans le Rocher qui geint et dans l’Herbe qui pleure.
Des Souffles qui demeurent
Dans l’Ombre qui s’éclaire et s’épaissit,
Dans l’Arbre qui frémit, dans le Bois qui gémit
Et dans l’Eau qui coule et dans l’Eau qui dort,
Des Souffles plus forts qui ont pris
Le Souffle des Morts qui ne sont pas morts,
Des Morts qui ne sont pas partis,
Des Morts qui ne sont plus sous la Terre.


Ecoute plus souvent
Les Choses que les Etres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Ecoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots,
C’est le Souffle des Ancêtres.

 

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BIRAGO DIOP

 

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parc_odzala-kokoua,

 Photographie Michael Viljoen

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HORS SAISON

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 Je n'écris plus que dans les herbes en attente d'hiver, sur l'écorce grenue des arbres, contre le ronronnement des chats, dans le souvenir piquant de flocons de neige. Je dis A Dieu aujourd'hui, sans doute n'en serai-je pas capable le moment venu. L'inconséquence de l'espèce me fatigue, j'y suis étrangère. Comment en est-on arrivé là, ces papiers gras, ces souillures, ces mensonges, cette cacophonie ou chacun tire à hue et à dia pour quelques sales miettes d'illusions. Hors saison. Je n'écris plus qu'avec la voix des ruisseaux, le silence des terres, la trajectoire des oiseaux, les heures libérées des horloges. Où s'est perdu l'espérance du premier cri, le crédit d'enfance, le miroir des lacs de montagne, ce qui faisait la joie possible ? Où est passé la vie, les belles et bonnes choses lentes ? Hors saison. Je quitte les tocsins, le ravage des pouvoirs, les paroles douteuses, les gouffres d'eaux croupies. Les cartes s'abattent, elles volent loin des châteaux de sable, des jeux truqués, des foires ou meurent les pantins. Hors saison. J'écris de la bonté lointaine des étoiles, des pluies sur les reins des maisons, des anciennes graines, du linge qui danse dans le vent, de la caresse des laines au dos des bêtes, d'une vieille main penchée vers l'amour. Hors saison. Je dis A Dieu aujourd'hui, sans doute n'en serai-je pas capable le moment venu.

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ILE ENIGER

 

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hiver3,

 

 

LE DOUTE

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Ceux qui nous ont quitté
En partant, ont laissé
Un fugitif instant
La porte entrebâillée...

Détournant le regard
Impossible de voir
S'il existe une lueur
Au seuil de cette demeure

Juste un peu de lumière
Justifiant nos prières
Où bien l'immensité
D'une vaine obscurité...

Et si elle était réelle
Cette clarté vraiment
De quel brasier ardent
Serait-elle l'étincelle ?

Un bûcher ou nos âmes
Viennent se consumer,
Etoiles immolées
Dans une ultime flamme

Ou la douce promesse
D'une nouvelle clarté,
La première caresse
D'une main d’éternité ?

 

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© FRANCIS PANIGADA

 

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FRANCIS

ARPEGES SUR LES AILES DE MES ANS...Extrait

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Promesse
De mes veines,
Mon ami l’oiseau,
Je te construirai une cage
Sans porte ni barreaux
Où, librement, tu chanteras
Tes chaudes mélodies !
Je t’offrirai de vastes champs fleuris
Arrosés de douces flambées de soleil
Qu’aucune serre de vautour n’effraye
Et tu passeras,
Libre, fier et fort,
Sous l’arc-en-ciel multicolore,
Pour danser, jusqu’à l’aurore,
Sur les rythmes de mes veines-lyres
Qui t’apprendront à rire
De tous les tyrans et leurs sbires !

 

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MOKHTAR EL AMRAOUI

 

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Jamil Naqsh3,

Oeuvre Jamil Naqsh

TOUJOURS

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Toujours le vent

Et puis la terre

Le firmament

Et puis la mer

 

Toujours la clé

De l'horizon

Pour s'exiler

De sa prison

 

Toujours la transe

Des profondeurs

Dans le silence

De nos pudeurs

 

Toujours l'écorce

Qui se craquelle

Sous trop de force

Emotionnelle

 

Toujours la flamme

Et puis la cendre

Toujours la larme

Et les méandres

 

Toujours le doute

Qui nous désoeuvre

Toujours la route

Et  ses épreuves

 

Toujours la somme

De nos questions

Toujours des tonnes

D'aspirations

 

Toujours ce voeu

De plénitude

Pour n'avoir que

La solitude

 

Toujours à soi

Au sein des autres

Toujours la voix

Des bons apôtres

 

Toujours un christ

Portant sa croix

Les élitistes

Et les mafias

 

Toujours la loi

Et le pouvoir

Toujours l'emploi

D'actions barbares

 

Toujours l'histoire

Qui se répète

Toujours la tare

D'être trop bête

 

Toujours l'instinct

De l'animal

Sans plus rien

De bien ou mal

 

Toujours ouïr

Et regarder

Toujours sentir

Et puis toucher

 

Toujours l'étoile

Dans les iris

Toujours le poil

Qui se hérisse

 

Toujours nos cris

Et nos morsures

Nos corps meurtris

De nos griffures

 

Toujours l'offrande

De notre glaise

Toujours la viande

Toujours la baise

 

Toujours le ventre

Et puis les reins

Toujours notre antre

Brûlant d'entrain

 

Toujours la fièvre

Avec l'ivresse

Toujours les lèvres

Et les caresses

 

Toujours ta fleur

Et son velours

Toujours le coeur

Toujours l'amour

 

Toujours l'essor

Des émois fous

Toujours la mort

Qui finit tout

 

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SIMON DEMURU-ANTONA

" Poèmes de la morte saison" Editions Parti des Oiseaux

www.partidesoiseaux.com

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Tomasz-Alen-Kopera

Oeuvre Tomasz Alen Kopera

 

 

 

 

POEME A CRIER...Extrait IV

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...


Déchirure les barbelés intimes
déchirure la flamme
que même l’eau avive
déchirure la peau affolée
et la faim
comme un gouffre
déchirures nos mots
que nous glissons
sous l’aile des oiseaux.

Un jour peut-être
la nausée ne sera qu’oubli
un peu de brume entachée
que l’on rejette d’un souffle.

Alors se dévoileront
toutes les fractures
et les contraintes
 qui trop longuement
s’opposèrent.
Tu pourras révéler
ta longue quête
d’un lieu durable,
un lieu humain
à ta mesure

Un lieu ?
Là-bas sur la route…
derrière le miroir peut-être
où rien ne peut mentir
un lieu, enfin !

Car ainsi vont les hommes
d’un pas vers un autre pas
jusqu’à l’enlisement
jusqu’à l’épuisement
toujours à la recherche
de la terre promise.

...

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AGNES SCHNELL

 

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AGNES,

 

 

LA MAISON DU POETE...Extrait

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Aujourd'hui, décès de Jean Joubert

 

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Écoute !

Entre dans la maison,
assieds-toi,
ferme les yeux,
écoute !

Je te dirai
l'éloquence du poisson rouge,
la grâce du crapaud,
la bonté du moustique,
la souplesse de l'escargot,
la politesse du serpent,
l'élégance de l'araignée.

Écoute !
Je te donnerai
la clef de ces splendeurs secrètes
longtemps cachées sous une pierre
que nous aurons enfin levée.

 

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JEAN JOUBERT

 

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hobbithouse

 

 

CORPS DESARME A LA MERCI DES ARBRES...Extrait

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...

La tête de métal détachée de son corps de glaise,
de cette pesanteur de glaise,
de sa matrice barbelée sous le soleil des miradors,
gravite désormais dans l'espace liquide.

Elle dit le visage inconnu des astres,
les pluies de fer, la respiration des planètes.
Mais que dit-elle de notre amour,
du tremblement des mains qui se rejoignent,
de l'ombre entre nos corps, de l'aube sur ta bouche
lorsque parfois la nuit des âmes se dénoue ?
Mais que dit-elle de notre mort ?

Chaque nuit, sur la maison de verre,
vole cette balbutiante poussière d 'homme
entre notre sommeil et le fracas des étoiles.

 

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JEAN JOUBERT

 

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werner-hornung2

Oeuvre Werner Hornung

 

 

 

 

A LA RECHERCHE DU RAT TROMPETTE...Extrait

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Aujourd'hui, décès du poète Jean Joubert

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Les bergers ne devaient pas être loin, et, comme la lumière commençait à baisser, ils finiraient bien par revenir.
Nous nous sommes donc assis sur l'herbe, mon père a allumé sa pipe, et, d'un air bienheureux, il a fait quelques ronds de fumée. Moi, je mâchais un brin d'herbe, et je regardais le soleil s'enfoncer derrière les crêtes en décochant dans le ciel quelques jolis rayons dorés. L'ombre peu à peu gagnait les pâtures, où crissaient les grillons.
Mon père avait tiré l'anthologie de son sac, et après l'avoir feuilletée un instant, il m'a dit :
- Ecoute ! j'ai choisi quelque chose de Baudelaire : "Harmonie du soir", qui me paraît tout à fait approprié.
Et il s'est mis à lire :
"Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !"

Ce poème, je l'ai souvent relu par la suite, je l'ai même étudié au lycée, et je le connais par coeur. Il m'arrive de me le réciter, en silence, et toujours, pour moi, il évoque cette halte dans la montagne, où nous attendions la nuit.
- Ca te plaît ? a demandé mon père
- Oui, beaucoup. Je n'ai pas tout compris, mais on dirait que les mots se mettent à chanter.
- Très juste ! C'est cela surtout la poésie : les mots qui chantent.

 

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JEAN JOUBERT

 

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serge fiorio,,2

Oeuvre Serge Fiorio

http://www.sergefiorio.canalblog.com

 

 

INCERTAIN DESTIN

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à Jacou...

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J'ai appris... j'ai enfin compris
Que tout ce qui fleurit
a la sève et le rêve de l'infini
Je crois sans l'ombre d'un doute méthodique
Qu'on ne peut lutter contre le réchauffement climatique
Sans replacer le fini dans l'infini
Sans se situer par rapport à un absolu
Par delà le moins long et le plus long terme
L'écologie c'est l'école de la vie
Le plus court chemin entre moi et autrui
Que je ne peux échanger sans changer d'avis
Et dont je ne peux me vanter sans m'inventer un nouveau récit :
Selon lequel je ne puis être maître et possesseur de la nature
Sans renoncer àêtre maître et possesseur de la nature
Que le ver de terre comporte autant d'infinité... que tout l'univers...
Que tout s'articule et se désarticule à partir de la plus petite particule...
Que le moins signifiant pour ma conscience
A autant d'importance que le plus signifiant pour la science
L'infini est dans le fini, avec un parfum d'éternité...
Et nul ne peut vivre sa vie, sans adopter cet avis
Dans l’œil de la fourmi, on peut déjà apercevoir une larme d'infinité
Que l'on peut sécher mais non faire cesser
Tout s'écroule si elle cesse de couler
Et nous rappeler qu'il n'y a pas plus triste que la joie
Si on cesse d'avoir la Foi
Selon laquelle, il n'y a pas de jour sans lendemain
Ni de lendemain qui ne tienne entre nos mains
Ce n'est pas lui, c'est moi qui chante
Qu'il n'y a pas de temps sans secret
Ni d'espace sans sacré !

 

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PERSONNE

 

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L'ENCRE ET LA LAMPE...Extrait

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L'ami Gil s'en est allé ...Il fut un des premiers à encourager l'existence de ce blog...Que la terre te soit légère Gil...
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Je laisse derrière moi quelques traînées 
de poussière de papillon
Moi 
à peine cognéà la lampe de la vie humaine
belle et triste à la fois

moi 
contre la vitre froide des adultes
si loin de mon pays natal envolé

quelques amis sauront lire dans ma poussière
le mystère des nombres écrit en braille sur la nuit

je laisse ma signature sur vos tempes
mes ailes consumées sous la porte
la tapisserie de vos visages près du puits

Je laisse ma transparence dans l’air
quelqu’un la ramassera plus tard
L’encre et la lampe seront mes témoins
.
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GIL PRESSNITZER
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LES MURMURES

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Nous les murmurants nous sommes murmures
murmures de notre sang mêlé et qui tressaille
abandon au fleuve des jours et leurs fils de laine douce
et puis cette sensation d’être seuls et vivants
entre nous


La mort sommeille à nos côtés
et nous ne la réveillons pas
nous murmurons
trop à faire
àépeler tous nos noms
et les répandre en poudre magique autour de nous
bivouaquer avec l’amour sorti du sac
rosées des longues nuits
ce qui était vain est devenu pain
la voix rauque écharpe de soie
murmures du front bas des cieux faisant escorte et sentinelle
les mains se nouent
paix sur nous
les choses inutiles sont versées
nous les regardons flotter comme papillons perdus
au temps ôté, au temps compté


Les murmures de tous les enfants qui sont en nous
bercent jusqu’aux nuages
apaisent nos tremblements
bientôt nous serons nous aussi murmures
nous les murmurants
si imbriqués qu’un seul souffle
passera à la surface de la terre
face aux grands vents se cachant
pour nous laisser place
urgence supérieure de notre paix
l’herbe pousse tendrement entre nous
nous murmurons
et le monde résonne

 

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GIL PRESSNITZER

 

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Hilal Karahan,

Oeuvre Hilal Karahan