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Channel: EMMILA GITANA
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L'ÂME DES MAREES...Extrait

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Silence

duvet de cygne blanc

déposé par magie

sur le Sophora

arbre au miel

cocon de ta douleur

Solitude apprivoisée

Etouffer le sel des larmes

Respirer les murmures de la nuit

Fuir la cacophonie infernale

de toutes ces sirènes d'alarmes hurlantes

de tous ces morts jetés en pâture aux chacals et aux

hyènes ricanantes et goulues

 

 

Silence

hydromel caressant

de ses bras enlaçant les spasmes

de ton coeur

dénudé

 

 

Il te cajole te berce te console

t'offre les couleurs de l'arc-en-ciel

où les flammes crépitent

un beau soir d'automne

 

 

Silence habité des amants

Prélude célébréà l'orée des nuits

Tu te faisais sirène

te lovais en cette alcôve chaude

Ton âme fut tant caressée

-- sortilège damné --

ses corolles déployées

Ô cruel réceptacle du venin

Silence

que tu réclamais

loin de l'Agora

Silence

qui t'enveloppe et te laisse là

pelotonnée asphyxiée

vite ensevelie sous la vague tentaculaire

qui déjà

 

t'engloutit

 

 

Silence

prince des Ténèbres

glas orchestré des oraisons funèbres

Ce Silence

-- Ô ce Silence assourdissant --

te séduit

te protège

te captive

pour mieux t'emprisonner

dans les rets resserrés interminables

 

de l'attente

 

 

 .

 

 FRANCOISE RUBAN

allerauxessentiels.over-blog.com

 

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parkes-

Oeuvre Michaël Parkes

 

 

LE COEUR RIANT...Extrait

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Ta vie est ta vie
Ne te laisses pas abattre par une soumission moite
Sois à l’affût
Il y a des issues
Il y a de la lumière quelque part
Il y en a peut-être peu
Mais elle bat les ténèbres
Sois à l’affût
Les dieux t’offriront des chances
Reconnais-les
Saisis-les
Tu ne peux battre la mort
Mais tu peux l’abattre dans la vie
Et le plus souvent tu sauras le faire
Le plus il y aura de lumière.
Ta vie, c’est ta vie.
Sache-le tant qu’il est temps
Tu es merveilleux
Les dieux attendent cette lumière en toi.

 

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CHARLES BUKOWSKI

 

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LUTTE

 

 

AIMER A REINVENTER LA RAISON

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Je prendrai de l’énergie cinétique des vents et des océans tout ce qu’ils ont d’électrique et j’en ferai des rafales d’éclairs qui allumeront les hauts quinquets ancestraux pour éclairer la profondeur des cieux afin d’y graver ton prénom. Adviendra l’orage qui éclatera l’espace et brisera les temps, submergeant de ta voix les antiques prophéties. J’ordonnerai aux fleurs qu’elles se nomment par la spontanéité des hasards sans saison comme raison. Je troquerai mes colères pour un lit de tournesol et sous le plaid de jasmin s’écrira notre amour en caractères de flammes dans une prose adulatrice, ainsi, nous amasserons les feux charnels dans la ferveur des nuits enjolivées de griseries en délires. Tu humeras mon souffle comme un autel fumant de véhémentes douceurs et tu sentiras mon amour pour toi doux comme l’aurore blanche mais tenace à faire fondre les neiges en ramiers blancs. Tu les verras survoler des astres inconnus pour t’apporter les nectars célestes aux rires enivrants d'où naîtront des oracles nouveaux et tu verras les voluptés s'allumer du sublime en flambeau modifiant la destinée des dieux. Je ferai de mes imperfections des talents avec tout le génie imaginable et j’humecterai de ta larme de joie les flèches des Vénus et Éros, tous deux à genoux comme des divinités mineures devant ta grâce aux soleils dansants.

La lumière réfléchit dans la source de tes yeux
Limpides et profonds
Comme un miroir d’eau en ses ondes, capiteux
A toi, le rêve se confond
Ton regard filtre de la grâce du désir impérieux
Les larmes de mes rayons
L’amour se secoue, se fortifie et en moi il fait foi
Par tes lèvres, j’y crois.

 

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DJAFFAR BENMESBAH

 

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salvador dali2

Oeuvre Salvador Dali

ALAIN JEGOU...Extraits

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Ne pas se laisser surprendre, grignoter, bouffer par la pétoche.

Jamais.

Fi du doute de soi et de la désespérance à surmonter.

Toujours braque et buté.

Toujours poursuivre sans pleurnicher ni s’appesantir sur son sort,

ni spolier d’un ou deux degrés le cap qu’on s’est fixé.

Plus sûr d’étaler l’adversité bout à la lame qu’en fuite ou à la chole.

Quoi qu’il arrive, toujours poursuivre et sans se retourner sur quelque souvenance de bien être terrien

qui ferait ployer la ténacité, s’étioler les forces rageuses et le furieux désir de s’en tirer.

 

...

 

Gagner d’autres espaces illisibles

entre les champs de herses et de couchant

entre les étoiles fatales et de mémoire sanguinolente

Gagner d’autres accents qui déchirent les chairs

cette flamme-fièvre en plein cœur fichée

hurlant avec elle l’ombre évasion des nuages

Gagner à d’autres galbes

ce cri dégoulinant du silence

le soir fuyant et mal en chaque peau le noir

Gagner d’autres sanglots

Gagner d’autres néants

 

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ALAIN JEGOU

 

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Guy-Denning-

 Oeuvre Guy Denning

LA OU LEUR CHAIR S'EST USEE...Extrait

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" Cette tendresse qui vient aux arbres
au printemps feuillages qui se nimbent
au gris de l’averse sous la caresse
abrupte des soleils rasants
ce flux de sang aux joues des jeunes gens
l’onde qui nie le temps
au sourire des vieillards
ces traces sur le sable avant l’envol
dont nous déchiffrons l’appel
qui en voit la beauté
sinon nous "

 

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JEAN LE BOËL

 

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JEGOU

JOEL GRENIER...Extrait

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Un jour, il partira au bord des rives roses, le corps à moitié nu pour se vêtir de vent. Avec une envie folle de chasser les nuages de quelques traits lancés au hasard des mots.
S'il lui faut prier pour défaire la mer de ces tâches rouges qui racontent le sang de tous les opprimés, il le fera, je crois, le doute agenouillé sur un mauvais prie-dieu.
Mais les vagues retireront sa plainte en dénonçant les hommes et leurs idoles.
Alors, le corps à moitié nu pour se vêtir d'oubli, il entrera dans l'eau pour vivre dans la paix des profondeurs.

 

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JOEL GRENIER

 

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marin

 

 

 

POUSSIERE D'OUBLI

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Ce que j'ai vu, je l'ai écrit

comme la pluie sur les vitres

et les larmes des roses, et tout

ce que j'ai oublié demeure



là, dans ce grand sac de voyelles

posés contre le pied de la table

où le temps passe entre ma vie

et moi sans blesser personne

 

Quand plus rien ne chante au dehors

je puise dans le sac et sème

sur la page un peu de poussière

d'oubli et le jour paraît comme

un musicien qui tend son chapeau

 

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GUY GOFFETTE

 

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GUY

Oeuvre ?

 

 

 

GUY GOFFETTE...Extrait

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         J'ai cru longtemps comme toi qu'il suffisait de toucher
         le bois d'une table pour marcher avec la forêt,

         de caresser le galbe d'une statue pour donner
         un corps tout neuf à l'amour, de croquer

         un fruit vert pour que s'ouvre à nouveau
         le jardin de l'enfance et que la mer appareille

         qui était blanche comme tout ce qui endure
         sans parler le feu des longs désirs.

                                                                 J'ignorais

         que là où l'enfant peut entrer de plain-pied
         un mur se dresse que le temps a bâti

         avec nos cœurs aveugles, avides, nos belles
         promesses, nos serments de papier,

         et c'est celui-là même où nos rêves se brisent
         que tu défais, poète, pierre après pierre,

         avec des mots de rien, des mots de peu
         que les pluies ont lavés, les silences taillés

         comme un diamant dans la lumière des jours.

 

 

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GUY GOFFETTE

 

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rezvani2,

Oeuvre Serge Rezvani

 

 

PETITS RIENS POUR JOURS ABSOLUS...Extrait

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  J'ai dit toutes les paroles que je savais, toutes.
         J'ai prononcé ton nom pour moi et pour

         ce que nous avons été ensemble, ce grand corps
         balancé entre la mer promise et la terre d'habitude

         à chercher une route vivante et qui parle pour nous.
         Mais nous avons épuisé l'eau du désert avant même

         que le soleil nous touche les lèvres, et cet hiver
         qui n'en finissait pas de tendre ses pièges

         entre nos bras, nous l'avons assez poursuivi
         pour savoir qu'il séparait nos traces

         et nous perdait dans la neige des jours.
         À présent, face à face, nous attendons la nuit.

         Je dis des mots qui ne passent pas par ma gorge
         et toi, tu redemandes un café très fort

         pour changer la couleur des larmes.

        
            ...               



          Ce que je voulais toujours avec toi, c'est partir
                        et que la terre recommence

          sous un autre jour, avec une herbe encore nubile,
                         un soleil qui n'appuie pas trop
   
          sur le cœur et puis du bleu tout autour comme
                          un chagrin qui se serait lavé

          les yeux dans un reste d'enfance, et que le temps
                          s'arrête comme quand tout

          allait de soi, tout, quand partir n'était encore
                          qu'une autre façon de rester

          comme l'eau dans la rivière, les mots dans le poème
                          et moi, toujours en partance

          entre l'encre et les étoiles, à rebrousser sans fin
                          le chemin de tes larmes.

 

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GUY GOFFETTE

 

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GOFFETTE

DES VOIX DANS L'OBSCUR...Extrait

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        Humanitéun drôle de mot Humanitésac de misérables créatures jetées entre ciel et terre frères
           sœurs de poussière humanité visages éblouissants désirs tendresses meurtres argile modelée
           brisée molécules jointes disjointes qui vous fabriquent du Je du Tu du Nous à n'en plus finir
           humanitéà foison j'y macère avec vous je voudrais sortir goûter une larme de solitude une
           larmichette qui aurait goût de miel saveur d'oubli ou goût de joie très bleue mais j'ai la bouche

           pleine de vos de nos cris je ne sais même plus si j'ai un cri à moi
 
           est-ce que quelque chose est à moi ici dans ce cachot dévasté du XXI° siècle
           est-ce que j'existe moi qui mâche les mots chaque nuit les miens les vôtres et suis
           sommée de veiller jusqu'au matin
 
           il y a toujours un mur on ne sait pas de quoi il est fait rien ne sert de tendre la main devant soi
           comme un aveugle en espérant toucher sa rugosité ou son lissé trompeur parfois il semble
           s'éloigner la respiration s'amplifie la cage thoracique gagne  quelques centimètres
           un verre de vin une goutte d'eau de vie parachèvent le mouvement le ciel reprend couleur
           l'air apporte des embruns inespérés une odeur d'iode coule dans les veines on se permet de
           rire comme ceux qui toisent l'horizon avec assurance ceux qui parlent couramment
           le "libre-arbitre" réfutent le poids des pierres dans leur jardin ont-ils jamais aperçu le mur
 
           le mur s'édifie quand il veut où il veut s'immisce à l'intérieur subitement sous la peau il occupe
           la chair avec ses moellons d'angoisse ses cailloux-caillots ses os poussiéreux ses morts
           décomposés ses cris rentrés ses silences délétères ses fondations toujours plus profondes
           toujours plus envahissantes
 
           se peut-il qu'il soit illimité...
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FRANCOISE ASCAL
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guy denning2a

Oeuvre Guy Denning

RESPIRER

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Au plus creux point de toi,
          dans la plus vaste, dans la plus compacte solitude.
          ni feu, ni lieu, la maison vide sous le toit
          béant. Où la pierre de l'être a basculé, où se dénude
          le temps. Passé fossile. Paroi lisse du futur,
          et le présent vertigineux. Un pas. Un saut. Courage.
          C'est qu'il en faut du cœur au ventre. Qu'il est dur
          d'aller ainsi. Viens, reprends souffle. Pâturages
          de la jeunesse, verts espaces, horizons
          perdus. perdue aussi cette douceur de vivre.
          Au plus noir point de toi. dans le tison
          du jour. Tu as jeté tes armes et tes livres.
          Avance, avance, ne t'attarde pas
          à ramasser les morceaux de ta vie.
          Un pas. Un saut. un pas. Encore un pas.
          Très peu de temps te reste. La pente gravie,
          tu te trouves déjà sur le dernier versant.
          Au plus haut point de toi, devins toi-même
          avec ce que tu es, chair, lymphe, sang,
          muscles et nerfs. Si peu de chose. Dans l'extrême
          pauvreté de ton existence mise à feu,
          mise à nu, mise à sac. Tu vas renaître,
          pour la quantième fois? Si tu veux,
          si tu le peux – et tu le peux – reprends ton être
          où tu l'avais laissé. Avance. Avance.
          Le jour tient à un cheveu.

 

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LILIANE WOUTERS

 

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Joan Sicignano,

Oeuvre Joan Sicignano

TOOTS THIELEMANS & FRED HERSCH - NE ME QUITTE PAS

LETTRE D' ALBERT EINSTEIN A SA FILLE LIESERL

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Einstein a découvert en fin de vie que l’amour était la base de tout – Lettre à sa fille Lieserl. » Un texte récemment rendu public, qui se passe de tout commentaire

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 Je pense, lorsque j'ai proposé la théorie de la relativité, très peu m'ont compris.
Ce que je vais te révéler maintenant va provoquer l'incompréhension et les préjugés du monde.
Je te demande donc de conserver cette lettre aussi longtemps que nécessaire, d'attendre des années, des dizaines d'années jusqu'à ce que la société soit suffisamment avancée pour accepter ce que j'explique ci-dessous.
Il a une force extrêmement puissante pour laquelle, jusqu'à présent, la science n'a pas trouvé une explication officielle.
C'est une force qui comprend et régit toutes les autres.
Elle est derrière tout phénomène qui opère dans l'univers.
Cette force universelle est l'Amour.
Lorsque les scientifiques étaient à la recherche d'une théorie unifiée de l'univers, ils ont oublié la plus invisible et la plus puissante des forces.

L'Amour est Lumière, il éclaire ceux qui le donnent et le reçoivent.
L'Amour est gravité, il fait que des personnes sont attirées vers d'autres.
L'Amour est puissance, il démultiplie ce que nous avons de meilleur et permet que l'humanité ne s'éteigne pas dans son égoïsme aveugle.
L'Amour révèle et se révèle
par l'Amour, nous vivons et nous mourons.
L'Amour est Dieu, et Dieu est Amour.
Cette force explique tout et donne son sens premier à la vie.
Il s'agit de la variable que nous avons ignorée pendant trop longtemps, peut-être parce que l'Amour nous fait peur, puisque c'est la seule énergie de l'Univers que l'homme n'a pas appris à gérer par sa volonté.
L'Amour est la force la plus puissante qui existe, car il n'a pas de limites.
Après l'échec de l'humanité dans l'utilisation et le contrôle des autres forces de l'univers, qui se sont retournées contre nous, il est urgent que nous nous nourrissions d'un autre type d'énergie.

Si nous voulons que notre espèce survive,
si nous voulons trouver un sens à la vie,
si nous voulons sauver le monde et chaque être sensible qui l'habite, l'Amour est la seule réponse.
Peut être nous ne sommes pas encore prêts à fabriquer une bombe d'Amour, une machine assez puissante pour détruire toute la haine, l'égoïsme et la cupidité qui dévastent la planète.
Cependant chaque individu porte à l'intérieur de lui un petit mais puissant générateur d'Amour dont l'énergie attend d'être libérée.
Lorsque nous aurons appris à donner et à recevoir cette Énergie universelle, nous pourrons affirmer que l'Amour conquiert tout et est capable de tout transcender, car l'Amour est la quintessence de la vie.

Je regrette vivement de ne pas avoir pu exprimer ce qui, dans mon coeur, a palpité silencieusement pour toi toute ma vie.
Il est peut-être trop tard pour demander pardon, mais comme le temps est relatif, j'ai besoin de te dire que je t'aime et de te remercier car, grâce à toi, j'ai trouvé l'Ultime réponse.

 

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ALBERT EINSTEIN

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amour

 

DONNE-MOI LA FLÛTE ET CHANTE

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Donne-moi la flûte et chante
Car le chant est le secret de l’existence
Et le murmure de la flûte survivra
Bien au delà de l’existence
As-tu comme moi fait de la forêt ta demeure et déserté les palais

Suivi les rivières et escaladé les rochers
T’es-tu purifié de parfum et imprégné de lumière
As-tu bu le nectar de l’aube dans des coupes sans corps

Donne-moi la flûte et chante
Car le chant est le secret de l’existence
Et le murmure de la flûte survivra
Quand aura péri l’existence
T’es-tu comme moi posé le soir dans les bras de la vigne,

caressé par des grappes en or,
T’es-tu couché sur l’herbe drapé du ciel de nuit
Oubliant le passé et ignorant le futur

Donne-moi la flûte et chante
Car le chant est l’essence des roses
Et le sanglot de la flûte survivra
Quand aura disparu, la flamme de l’existence
Donne-moi la flûte et chante
Et oublie mal et remède
Car les êtres ne sont que des lignes écrites avec de l’eau.

 

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KHALIL GIBRAN

 

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QUE PESE UN MOT ?

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Que pèse un mot
Contre l’abîme d’un cri révulsé,
Traqué sous un déluge de fer ?
Que pèse un mot
Contre l’hallali des balles sifflantes,
La chape de malheur d’un ciel bourdonnant ?
Que pèse un mot
Contre le crime et le sang,
Les yeux cavés des innocents ?
Que pèse un mot
Dans la balance de l’oubli
Quand la terre a reverdi
Sur les corps à peine refroidis ?
Que pèse un mot
Quand Dieu ne fait plus le poids,
Quand Dieu lui-même a perdu la foi ?

 

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JACQUES ROLLAND

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guy denning 7,

Oeuvre Guy Denning

 

 

MON ENFANT

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Mon enfant
Mon petit tout
Mon garçon mon fils
Je t’en prie,
Par tout
Ce qui survit et renaît
Ne grandis pas,
Reste tout neuf
Tout bleu tout jour au-dedans,
N’émousse ni ton regard
Ni ton âme
Ni ne taris
Le petit ruisseau de ta chanson.
Mon petit
Mon abeille
Mon brin de soleil
Cours à vau-l’eau
Sur les routes du ciel,
Danse, danse
Mon arbrisseau
Mon roseau sur le vent,
Ose encore et toujours ton rire
A la face du ciel
Et laisse tomber je t’en prie
Ce qui se trame
Et chuchote
Dans la cour des grands.
 

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JACQUES ROLLAND

 

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Willy Ronis

Photographie Willy Ronis

"AZAZEL" - HAUTE SOLITUDE...Extrait

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« ... La vie est un mythe. Mon âme et moi, nous fîmes nos bagages et cherchâmes dans le quartier un gîte qui n'aurait été qu'un gîte. Le pain est simple, l'amour est simple, la mort est simple. Pourquoi les pauvres hommes ont-ils voulu la vie si compliquée ? Pourquoi la bourrent-ils à l'envi de leurs fantaisies ? Que de fatigues, et que de déchets ! ...Ils nous convient dans leurs théâtres pour écouter des dialogues de vendeurs aux soutiens-gorge, ou dans leurs parlements pour entendre des harangues de tambours de village, ou dans leurs salons pour admirer la Vénus Teinturière. Vivre ! Docteur, je voudrais vivre ! Pourquoi les hommes ne sont-ils pas comme les feuilles d'un arbre, toutes propres, silencieuses et discrètes ? Faut-il des âmes d'élite ? Oui, bien, il en faut. Et des cerveaux de princes et des sensibilités de grands hommes. Oui, mais il ne faut pas que celles-là. Paris doit avoir avant tout des habitants et non pas des génies à chaque étage, comme des dentistes ou des tailleurs à façon. Je ne suis qu'un homme qui veille dans son phare, une abeille qui porte sur son dos son miel noir, un passant parmi les passants. J'aime la vie, comme les courtilières aiment leur chemin, et les tuiles leur coude à coude aux tempes des maisons. Je voudrais faire mon devoir d'homme parmi des spectacles réels, "dans de la banalité riche". Je voudrais qu'il n'y eut qu'un phare tous les mille mètres sur cette route qui nous mène à la mort. Des génies, mais des hommes. Non, je ne suis pas théologien, ni un fasciste, ni un rouge, ni un mauve, ni un syndiqué, ni un des plus brillants romanciers de ce temps, ni l'auteur dramatique le plus en vue, ni le commis voyageur le plus actif de la Pensée Française, ni quelqu'un des pontifes les plus adorables des Lettres, ni un charmant causeur, ni un ornement des salons. Je ne suis qu'une lampe de chair et d'ombre. Je sens pourtant ce qui est bien et ce qui est faux. J'ai attaché mon existence au corbillard des pauvres. Et j'aime mieux mordre dans le saucisson de la mère Bourdognon que de me prendre au sérieux. Tous ces génies me font peur. Si au moins ils avaient apporté des joies, s'ils avaient créé quelque chose ? Car enfin, il y a eu Rabelais, Balzac, Pascal, Baudelaire, Stendhal, Musset, le père Hugo, ce grand prêteur dont ils taisaient tous le nom. Il y a eu Rimbaud, Mallarmé, Verlaine et Debussy. Même, il y a eu Bizet et Fragonard. Et tous ceux qui les précèdent. Alors, qu'on ne secoue pas les braves gens dans leur lit parce que le jeune Pèteprouf a accouché d'un pouâme, d'une piécette, d'une musiquette, d'une historiette ou d'une peinture lurette. Sinon, nous allons appeler les artilleurs à leurs pièces à notre tour, nous autres qui avons cent ans et plus de coins de Paris, et de bouquins, et d'application. Nous aussi, nous avons une Révolution qui menace derrière nos fagots. Mais une révolution obscure, digne, toute en veilles fantastiques, en velléités de bonne tête. Un coup de tête de Poésie, une déclaration d'amour plus artiste à la matière. Une autorisation donnée aux hommes de se risquer entièrement, corps et âme, dans l'aventure ! Il faudrait une Révolution du courage contre la facilité, de la méditation contre le bagout, de l'art vrai contre l'art à portée de tous. Et de mon cañon de silence et de lassitude, je les vois venir, ceux qui la feront, au nom de l'honneur de sentir. »

 

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LEON-PAUL FARGUE

 

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Van_Gogh Paris

Oeuvre Vincent Van Gogh - Toits de Paris

 

 

 

LE THEATRE ET SON DOUBLE, PREFACE

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« Jamais, quand c'est la vie elle-même qui s'en va, on n'a autant parlé de civilisation et de culture. Et il y a un étrange parallélisme entre cet effondrement généralisé de la vie qui est à la base de la démoralisation actuelle et le souci d'une culture qui n'a jamais coïncidé avec la vie, et qui est faite pour régenter la vie. Avant d'en revenir à la culture, je considère que le monde a faim, et qu'il ne se soucie pas de la culture ; et que c'est artificiellement que l'on veut ramener vers la culture des pensées qui ne sont tournées que vers la faim. Le plus urgent ne me paraît pas tant de défendre une culture dont l’existence n’a jamais sauvé un homme du souci de mieux vivre et d’avoir faim, que d’extraire de ce que l’on appelle la culture, des idées dont la force vivante est identique à celle de la faim. »

 

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ANTONIN ARTAUD

 

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guy denning2a

Oeuvre Guy Denning

 

 

CHANTS DE L'AUTRE RIVE...Extrait

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        Heure bénie parmi les heures, celle où la clameur du
            large consent au silence son royaume,
        Celle où l'enfant cède à contrecœur au fil du sommeil, 
        Où l'on n'entend plus qu'un grillon solitaire et le
            grincement indécis d'une persienne mi-close.
 
        Dans le bassin de marbre blanc, l'eau retrouve son
           calme et plus rien n'effraie les créatures du fond.
 
        C'est l'heure de toutes les solitudes!
 
        Celles conquises de haute lutte dans la verdure
inattendue d'un pays de soif,
        Celles qu'on enfouit telle gemme improbable dans
            la blessure encore vive d'une chair immémoriale,
        Et celles qu'on croyait à jamais perdues et qu'on retrouve
            soudain au beau milieu d'une foule qui gronde.
 
         Ô grandes solitudes de ces temps d'une autre race!
      
         Ce fut un cri.
         Un seul et unique cri sorti du cœur d'un olivier millénaire,
             remportant dans l'onde de son souffle inédit tout un
             ordre de choses finies.
 
         Oui, grande fut la méprise
         Et immense sera le tribut.
 
        Combien de temps, encore, l'outrage?
        Combien de fois, encore, faudra-t-il mourir?
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MOËZ MAJED
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mo_z

LES IMPARDONNABLES...Extrait

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En poésie, comme dans les rapports entre les personnes, tout meurt dès qu’affleure la technique. Ma véritable éducation de l’esprit n’eut jamais d’autre fin, depuis l’aube du monde, que la mort de la technique, de ce triste savoir-vivre que les adultes fournissent un jour à l’enfant, lui à qui tout réussit avec le plus grand naturel. À cet artisanat du vivre, chaque homme est arraché sur le seuil de son innocence – comme jadis les princes, attirés loin de la maison paternelle par les fleurs jaspées ou par la biche aux abois. C’est un voyage nécessaire, qui devra cependant conduire bien au-delà de la rose ou du cerf, au fond des gouffres et des terreurs, là où le savoir-vivre, dans un contact réel et métaphorique avec les quatre éléments, commencera de fondre comme cire.

Et pourtant j’aime le temps où je vis car c’est le temps où tout s’évanouit et que c’est peut-être, justement pour cela, le vrai temps du conte. Certes, je ne fais pas allusion ici à l’ère des tapis volants, des miroirs magiques, détruits par l’homme pour toujours dans l’acte même de les construire, mais à l’ère de la beauté en fuite, de la grâce et du mystère sur le point de disparaître, comme les apparitions et les arcanes du conte : tout ce à quoi certains hommes ne renonceront jamais, portés par une passion encore plus profonde quand cette présence semble vouée à la perte, à l’oubli. Tout ce vers quoi l’on part pour le retrouver, fût-ce au péril de sa propre vie, comme la rose de la Belle en plein hiver. Tout ce qui chaque fois se dissimule sous une carapace de plus en plus impénétrable, au fond de labyrinthes où s’exaspère l’effroi.

 

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CRISTINA CAMPO

Traduction de l'italien par Gérard Macé,

Francine de Martinoir et Jean-Baptiste Para

 

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Oleg Tchoubakov,2

Oeuvre Oleg Tchoubakov