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Channel: EMMILA GITANA
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JE ME SUIS HABITUE

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Je me suis habituéà cette terreur lente,
À la défaite acceptée, au profit de la mort.
Dans ma voix se dessinent des îles,
Mais les amis ne savent pas que je converse avec les morts.
Heureux d'une journée, d'une rencontre au bord des routes
Avec le cantonnier, ou, appuyé sur un bâton,
Avec quelqu'un qui est déjà plus qu'un berger...
La chair a une odeur de soufre.
Mon poids s'est augmenté de ma fatigue et de sagesse.
Il y a des portes dans les aires naufragés
Et nous marchons, serrant au poignet
Cette paresse, cette présence, une habitude,
Cette vie qui cache la nôtre et que nous n'avons pas connue.

 

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JEAN MALRIEU

 

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MALRIEU

BORNES ETROITE A NOS IMAGES...Extrait

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Chasuble du matin
l'azur
– et la sève du ciel
s'étoile en fusées d'hirondelles
Une jaune rumeur d'abeilles et d'amour
auréole les noces des poiriers
Grise en son nid de cloches
quelle heure à voix cassée
décline son identité

...

 

Automne des visages
où ce qui fut regard
n'est plus qu'une eau troublée

Aux deux bouts de la nuit
bien au-delà des rosées d'hortensias
et des épis de dauphinelles
les crépuscules se répondent
dans le reflet fumeux des vitres

Nous allons
sous l'ombrage du Temps
vers des puits sans paroles

 

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FRANCIS BOURQUIN

 

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mahmoud al- Kurd

Photographie Mahmoud Al Kurd

http://www.mahmoudalkurd.com

 

 

 

 

LA MISE AU MONDE....Extrait

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Elle a un fruit d’Andalousie
de grains sombres de sang
chaque caillot de martyr
est dans sa pulpe entre nos dents
chaque vengeance dans le plomb
mûr pour l’éclatement
Ô chant profond ! Et nous ne savions pas
en cet été s’il y a trente étés
quand la première fois ton cri nous révélait :
se pouvait-il qu’un jour fut déchirée
cette étoffe de source de soie et de joie
qui découvrait le monde avec le jeune corps ?

Trente années trente années et nous ne savions pas
qu’il déchirait déjà Lorca et Guernica
Grimau pêle-mêle os pierres de nos remords.
Près de vous quand le jour viendra
oserons-nous aimer vous goûter vieux témoins ?

Ô jardins ô jasmins fruits et l’eau jaillissant
pour deux bouches au creux d’une main.

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Claudine CHONEZ

(1906-1995)

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contra_vosotros_asesinos_de-palomas2

Oeuvre Roberto Matta

" Contra vosotros asesinos de palomas 1950 " en hommage à Federico Garcia Lorca

VOIX..

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Voix aimées, idéales, de nos morts
et de ceux qui, pour nous, sont perdus à jamais.
Parfois elles reviennent dans nos rêves.
Parfois elles se lovent dans nos pensées.
El leur écho ramène pour un moment —
telle une musique lointaine qui se perd dans la nuit —
cette poésie première qui effleura notre vie.

...

Autant que possible

Si dans ta vie tu ne peux faire
selon tes désirs, tâche au moins ceci:
autant que possible, ne la prostitue pas
la traînant chez les gens,
parmi l'agitation des gestes et des paroles.
Ne la dégrade pas à force de la promener,
la faire briller et l'exposer
à l'imbécillité quotidienne
des fréquentations et des cercles
jusqu'à en faire une étrangère importune.

...

Je m'en suis allé

J'ai ignoré toute entrave. Je m'en suis allé.
Je suis parti vers la nuit illuminée
aux jouissances moitié réelles,
moitié issues de mon imagination.
Et j'ai bu des vins forts, tels
que n'en boivent que ceux
qui ne craignent pas la volupté.

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CONSTANTIN CAVAFIS
Traduit par François Sommaripas

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cava

L'ARIDE DES JOURS...Extrait

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Bouche ouverte
au silence inépuisable
Seul fracas: les montagnes dévalant leur à-pic.
J'avoue ma chair périssable,
et ma langue déglutit
le passé dénommé.
De mon corps au paysage, toujours
l'espace désertique des mots
Il pleut à travers mes os.

 

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JEAN-CLAUDE IZZO

 

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serge3,

Oeuvre Serge Fiorio

sergefiorio.canalblog.com

 

LES PORTES BOUGENT...Extrait

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 Il y a eu cet orage de tropique

parmis les flamboyants du plaisir

la vitre battant sur des chevelures immenses

la pluie cisaillée d'étoiles

la lumière avalée à plein ventre

à plein gosier à plein sang.

 

Il y a eu cette heure

d'anthracite et d'argent sous les tentures

des baisers de couteaux des rires de poudre

les niveaux de sang reversés l'un dans l'autre

 

Il y a eu

le pays sans cloison le regard sans clôture

clouant la nuque stupéfaite.

Et cette eau tendre aux nervures du corps

la fièvre du rideau calmée

la housse de nuit

sur nous bénis.

 

 .

 

CLAUDINE CHONEZ

 

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guy denning8

Oeuvre Guy Denning

 

 

 

L'EAU DE LA SOURCE

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C’est l’automne. Le vent s’empale aux crocs des arbres laissant tomber leurs feuilles comme on enterre un os. La terre les dévore pour réchauffer sa chair. Déjà, les oiseaux ont crevé les yeux des tournesols et des épis de maïs. Les fruits gèlent sur les branches avant le vin d’hiver. Les épinettes gonflent leurs gobelets de résine. Les insectes frileux rejoignent l’invisible. Les criquets sèchent dans les plinthes et retournent au silence. La pluie d’octobre éveille les enfants de poussière. Je me perds partout mais ne retrouve que des mots. Je regagne le rêve comme le fauve sa tanière. J’écris des mots de feu en prévision du froid. J’entends mes pas dans la pièce où je fus. Pourtant, surveillant mes arrières, c’est devant que je marche. Le corps du présent garde les pas de l’enfance, les bras du souvenir, l’épaule des années. Je ne sais pas pourquoi certains mots que j’écris ont des souvenirs que je n’ai pas, des désirs que j’ignore, des images qui me sont inconnues. Ce qui n’a pas été féconde ce qui est. Ce qui sera maintient le corps du vivant. Ce qui porte la vie unit l’homme et la femme.
Oùétions-nous avant la vie ? Où serons-nous après ? Les gens ne se regardent plus que par écrans interposés. Je veux l’eau de la source, pas celle de la mer qui n’offre pas à boire. Je veux la terre du jardin, pas celle du désert qui ne fait pas de pain. L’amour n’est pas fait pour les peureux. De la vigne à la veine, le sang n’a pas de fin. Au coin des lèvres, deux ou trois mots retiennent le sourire, les larmes au coin des yeux. J’en tricote le fil en gouttelettes d’encre. Le plus banal cache toujours quelque chose. Ce n’est pas un décor qu’il nous faut habiter, mais le creuset de l’être. Écrire est une façon de vivre. À chacun son aventure. À chacun ses odeurs, son rythme, ses paroles. J’ai des frères parmi les végétaux, une jumelle à l’espoir. C’est au lichen, la neige, à la pluie, aux lucioles qui s’agitent que je dis les mots. C’est à l’homme que je traduis la pierre, la cardamine, la sauge. Mieux qu’une jarre de grès, la main du potier. Mieux qu’un robinet de cuivre, le bois du coudrier. Mieux que le vent, l’humble poussière du pollen. Mieux qu’un miserere, la prière des bêtes. Mieux qu’une chapelle ardente ou l’air climatisé, l’orgasme de la terre sous les caresses de l’eau. Mieux que le pain qu’on déballe pour les moineaux de gare, les bourgeons gonflés de sève et la terre à légumes. Par la force des mots, je tiens encore debout.
C’est chez les «honnêtes gens» que le fascisme ordinaire s’installe le plus facilement. Ils sont prêts à tout accepter pour avoir un salaire, tuer la vie, payer la mort. Enchaînés au travail, ils suent au lieu de pleurer et leurs rires sont faux. Leurs noms se perdent dans le nombre. La majorité silencieuse est à la droite de Dieu, l’économie son bras armé. C’est chez les marginaux que j’ai rencontré le plus de bonté, les hors normes, les rejetés, les artistes, ceux qu’on nomme des «losers». Ceux qui savent attendre arrivent toujours en retard. Les impatients se perdent sur la route. Seuls les amoureux se retrouvent partout. Sans la faim, les fruits ne sont que des objets. Sans la soif, la source prendrait froid, mais les oiseaux viennent boire. Il y a tant d’échecs àêtre plus qu’un homme, si peu d’efforts pour être bon. On met du vide sur le temps et du sang sur le sol. On met des chiffres sur la plaie. On met le rêve entre parenthèses, l’amour dans un étau. On compte le réel sur du papier monnaie. Heureusement, des voyelles faseillent au milieu d’une phrase. Des consonnes sonnent l’heure et le secret caché. Il faut savoir plier le mot chaise pour s’y tenir assis, redresser le mot arbre pour atteindre les branches. Ce matin, je m’éloigne du village. Je grimpe la montagne aux hanches lourdes. Je convoque les vents au carrefour du monde. J’invoque l’aubépine. Je provoque à l’amour. Quand je manque de mots, j’en appelle aux oiseaux, aux grenouilles, aux criquets, aux frissonnements du vent. La feuille morte qui tombe fait partie de la vie.
Faute d’identité, les mots me servent de visage. Chaque phrase est une empreinte digitale. Tant de vies invisibles traversent le papier et tant d’anges grelottent quand l’homme les ignore. La poésie est cette fleur absente des bouquets, celle qui pousse en nous dans le terreau du cœur.

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JEAN-MARC LA FRENIERE

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JEAN-MARC

 

SI NOUS ALLIONS VERS LES PLAGES....Extrait

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 Ne te retourne pas
Le souvenir est devant toi

Car ce printemps est advenu
Comme d'une étoile écorchée

Dans la grande allée du royaume
À jamais perdu retrouvé

               Douceur des larmes dans la chair
Enfance aiguë

 

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HELENE CADOU

 

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scandola,

SOUDAIN TRAVERSE UN JARDIN

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Soudain traverse un jardin
Au bord de tes lèvres. Eden
Mon coeur te plaque sous le porche

Adossée au froid bleu des fresques
Tu es là. Délice
Le tremblé d’un rose la pierre d’iris

T’ai arraché pull jupe et bikini
Ai mangé d’emblée le blé
De ton sexe d’or, et ma bouche

L’a pénétréà moins
Que ce ne soit ton corps
Qui ait fondu dans ma bohème. Ma main.

Je ne sais plus qui est le monde
Dans ce moment-là
Mais le jardin fut de chair un verger

Et de l’esprit qui rit
Sous le porche ton cri chant
Le plus beau que j’entendis

Sous le dôme du kiosque
Dans les tresses de saules
Dans les pleurs naturels

Ton cri nous délivra
Outremer noir de bougie
Sont des couleurs de toi

Lorsque je ferme les paupières
Que se reflète sur leur tain
Ton corps en transe dans mon âme

 

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MARTINE CROS

 

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martine cros2,

 

Oeuvre Martine Cros

https://bleumouvantdelanuit.wordpress.com/2016/10/18/soudain-traverse-un-jardin/

 

 

 

 

BARBARA FURTUNA - SOTTU A LU PONTE -

PHILIPPE SOUPAULT...Extrait

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Rien que cette lumière que sèment tes mains
Rien que cette flamme et tes yeux
Ces champs cette moisson sur ta peau
Rien que cette chaleur de ta voix
Rien que cet incendie
Rien que toi

Car tu es l’eau qui rêve
Et qui persévère
L’eau qui creuse et qui éclaire
L’eau douce comme l’air
L’eau qui chante
Celle de tes larmes et de ta joie

Solitaire que les chansons poursuivent
Heureux du ciel et de la terre
Forte et secrète vivante
Ressuscitée
Voici enfin ton heur

 

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PHILIPPE SOUPAULT

 

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THIERRY RAYNAUD

Photographie Thierry Raynaud

thierry-raynaud.com

AUTOMNE MALADE

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Automne malade et adoré
Tu mourras quand l'ouragan soufflera dans les roseraies
Quand il aura neigé
Dans les vergers
Pauvre automne
Meurs en blancheur et en richesse
De neige et de fruits mûrs

Au fond du ciel
Des éperviers planent
Sur les nixes nicettes aux cheveux verts et naines
Qui n'ont jamais aimé
Aux lisières lointaines
Les cerfs ont bramé

Et que j'aime ô saison que j'aime tes rumeurs
Les fruits tombant sans qu'on les cueille
Le vent et la forêt qui pleurent
Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille

Les feuilles
Qu'on foule
Un train
Qui roule
La vie
S'écoule.

 

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GUILLAUME APOLLINAIRE

 

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FREDE & vous2

Photographie Frede & Vous

L'IDENTITE OBSCURE...Extrait

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....

alors on s'enfonce, on traverse

des étendues où le seul futur est le cœur qui bat

comme cet appel auquel on voudrait répondre

et c'est pourquoi on avance, même si à chaque pas

rien ne bouge que le corps obstiné qui poursuit

l'ombre qu'il n'a pas, on aimerait pouvoir

s'arrêter, regarder simplement l'aube qui vient,

poser la main sur la pierre froide et saluer

la lumière, dire les premiers mots, écouter

le crissement du sable, le bruissement de l'eau,

la rumeur des choses qui commencent mais le jour

est déjà le soir, on n'a rien pu saisir, on reste

vacant à regarder ses mains dans l'éclat des lampes

ou sur la vitre l'attente du visage noir,

on se perd, on se retrouve, il y a des silences

remplis de voix, des matins tombés comme des soirs,

plus on avance et moins on sait, on cherche demain

entre des mots qui disent hier, ce qu'on a gagné

on l'a perdu, comparéà ce qu'on a été

on n'est rien, disait-il, mais un rien qui insiste,

on guette entre les signes du corps l'imperceptible

grignotement tandis que sur la fenêtre brille

une sorte de splendeur, on voudrait y entrer,

être le courant et à la fois se voir couler,

on cherche, les choses semblent n'avoir pas bougé

mais quand on veut les prendre, les toucher, simplement,

c'est comme si elles reculaient, s'effaçaient

ne laissant sur les doigts qu'un peu de poussière à peine,

quelque chose qui peut-être ressemble à l'oubli,

alors c'est dans cet oubli qu'on s'avance,

au moment où on croit ne plus rien tenir, c'est là,

un éblouissement minuscule, on est perdu...

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 JACQUES ANCET

 

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ancet2

JOËL GRENIER...Extrait

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Sur la route de plus tard, assise en tailleur de rêves, elle comptait sur les feuilles les projets du printemps. Un, deux , trois, soleil d'automne, les arbres s'en souviennent qui se parent de feu.
Je l'aime un peu, beaucoup et même à la folie des hivers qui se rapprochent pour se tenir chaud quand les corps s’effeuillent dans un roman d'amour.
Entre ses doigts, la vie est un sacré herbier...

 

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JOËL GRENIER

 

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automne

 

 

 

 

LES EMIGRANTS...

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 Merci Gérard Cléry  et Guy Allix ...

...  

lissant leur vie aux fenêtres des trains

ils voient blêmir ces paysages

où nul arbre ne brûle

 

 

terre affamée de caresses et du vent

pour eux déroule tes bandages

 

 

ils vont leur renommée voyage

ils n'amasseront pas

rivés

à la souffrance plane

 

 

 

 

de temps en temps toisonnent

par le gué d'un bocage

ces gibets de tendresse qui

ne les balancent guère

 

 

ils vont sachant fort peu plier genoux

parmi la courbe hospitalière

 

 

en habit de fatigue

et de paternité ils vont

méchamment dispersés

 

 

petite écume de leur vie

regarde-les passant qui soliloquent

 

 

sur leurs cahiers de doléances

rugit la rime à l'univers

 

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GERARD CLERY

" Empreintes/fragments "

sur le site de Guy Allix

http://anthosuballix.canalblog.com/

 

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emigrants2

Oeuvre Jacob Lawrence

 

 

 

 

 

 

TACITE...Extrait

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Où en sommes-nous dans l'amnésie et dans l'oubli ?

Dans l'oubli du temps, dans l'oubli de l'être ?

Dans la fraternité et la terreur toujours complices ?

Que pouvons-nous dire de la culture de mort,

des commémorations sous surveillance ?

Et que se cache-t-il derrière les superstitions,

les ruminations, les inhibitions, les désolations, les occultations, les convulsions ;

derrière les représentations lisses et festives du monde,

sinon une incapacitéà penser et à surmonter le nihilisme ?

Sombre histoire, histoire des arrière-mondes.

Seul le décor se modifie.

Mais la vision peut figurer l'instant du monde.

Et puis, le cœur bat toujours.

Le cœur traverse les deux côtés du ciel. 

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PASCAL BOULANGER

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tham48,

Photographie Thami Benkirane

benkiranet.aminus3.com

 

LOUISA PAULIN

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Quelqu’un d’un doigt léger m’a touchée à l’épaule.
Je me suis retournée mais il s’était enfui :
Peut-être es-tu celui que je n’espérais plus
Et dont le souvenir confus
Trouble encore quelquefois le miroir de mes songes ?
Ou bien
L’ange gardien de mon âme d’enfant
Alors que résonnait aux jardins du Printemps
Le doux éclat de nos deux rires ?
Je froissais quelquefois tes ailes dans nos jeux,
Blanches ailes au reflet bleu
Comme l’enfantine journée.
Viens-tu comme autrefois, poser mes pieds lassés
Sur la divine échelle où palpitaient les anges ?
Nous la sentions vibrer d’amour pur sous nos doigts,
Mais c’était le temps d’autrefois…
Ou bien
Es-tu tout simplement
Celle que chaque jour j’attends,
La patiente Silencieuse,
Avec le fil aiguisé de ta faux
Dissimulé derrière ton épaule ? …
Es-ce donc en ce soir d’automne
Et dans sa fragile beauté
Qu’il faut partir pour l’incertain voyage ?
Ô Mère du sommeil, prends moi donc par la main,
Ne faisons pas de bruit et ne troublons personne,
Partons comme s’envole une feuille en automne.

 

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LOUISA PAULIN

https://brunoruiz.wordpress.com/2016/10/21/decouvrir-la-poesie-de-louisa-paulin

 

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louisa

L'EMPREINTE

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Je suis d’un autre clan

Et d’une autre fratrie

 

Je suis l’homme à genoux

Et la femme aux abois

 

La louve suffocante

Au ventre du sous-bois

Quand sonne l’hallali

Sur l’autel des jours

 

Je suis d’un autre monde

Et d’une autre patrie

 

Je suis la voie tremblée

Qui dépèce le soir

La main fraîche du vent

Au front du désespoir

 

Et l’hospice espéré

Au versant de l’amour

 

Je suis d’un autre siècle

Et d’une autre mémoire

 

Je suis ce ciel ouvert

Rompu dans ton regard

 

Je suis celui qui sait

Et celle qui s’égare

 

Je suis le dissident

L’aveugle

L’exilé

Qui sur le dos des villes

Sabrent l’immensité

 

Je suis de tous les camps

De toutes les fratries

 

Je suis de chaque monde

Et de chaque patrie

 

Je suis de tous les siècles

Et sur chaque mémoire

 

L’empreinte de la vie

L’empreinte de l’espoir

 

 

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SYLVIE MEHEUT

http://meheutsylvie.over-blog.com/

 

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Francis Picabia 5,

Oeuvre Francis Picabia

 

DINARD

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Si tout se vitrifiait

En un sursaut mauresque

Cézembre

La contrescarpe

Les villas pittoresques

Le casino ramier

Et ses chausses d’opale

L’hôtel incandescent

Le Printania

Les voiles

Les arêtes du vent

 
 
Si tout se confondait

Panoramiquement

Sous l’arceau simplifié

Du temps qui se repose

Emargeant tendrement

Le bréviaire des roses

Et le parapet fou

Où veillent les amants

 
 
Si tout se mausolait

Océaniquement

Sous la croupe ivoirine

D’un sanglot exemplaire

Il me viendrait tes mots

Encorneillant la mer

Sous l’aplasie perlière

D’un  brûlot  frémissant

 
 
Si tout me revenait

Imperceptiblement

Sur les reins tuméfiés

D’un sentier famélique

L'îlot

La contrescarpe

Les  villas excentriques

Tricotant sur la mer

Des césures de jais

 
 
Il fleurirait des cales

Des palmes volubiles

Et sur le marchepied

De nos vies fleurantines

Des rotondes de mai

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SYLVIE MEHEUT

 

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baie du Prieuré Dinard2

 

 

LE SANG LE SOIR ...Extrait

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Parfois on se dit
Qu’il faut du courage
Même si on ne sait plus au juste pourquoi

La peine n’a plus que le temps
De cet adagio lancinant de Barber
De ces notes arrachées au silence

Et on ferme les yeux
On essaie de tourner la page
De tenter d’oublier qui venait t’enchanter
Et qui donnait le sens

Parfois on se dit
Qu’il faut du courage
Même si on ne sait plus au juste pour qui
Même si on ne sait pas ce que cela veut dire
Du courage sans plus d’amour

 

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GUY ALLIX

http://guyallixpoesie.canalblog.com/pages/poemes-de-guy-allix/27534453.html

 

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